Fighting HIV/AIDS
Published in August 2006
in Côte d'Ivoire

 

Première Partie :

Je suis le docteur Yssouf Ouattara, je suis le chef de projet. En effet, la crise de Côte d’Ivoire à provoqué un véritable cataclysme dans le pays. On a noté d’importants déplacements des populations, des guerres, les départs de fonctionnaires… donc toutes les facteurs joints à une grande insécurité de l’avenir. On fait éclater des cadres culturels habituels. Il était important de pouvoir cibler les groupes vulnérables au fait de leur fragilité, ou au contraire de leurs supposé puissance… parce qu’il y’ a des gens qui sont vulnérables, qui pensent qu’ils sont puissants ... je prends l’exemple des militaires qui se disent qu’ils sont puissants, qu’ils n’ont pas besoin d’utiliser les préservatifs pour aller avec une femme- ils sont vulnérables au VIH !

Q. Combien de personnes sont concernés par ce projet ?

Tous les 2 ans de projet, le nombre des personnes touchés- ça fait 253,810…c’est vraiment beaucoup ! En effet le projet couvrait 60% de territoire Ivoirien, on avait 18,461 activités de proximité et puis 131 activités de masse. Il faut comprendre aussi que sur tous les activités de sensibilisation de masse, ce n’est pas seulement les militaires qui participent, parce qu’autours des casernes il y’a d’autres populations qui sont là, lorsqu’on fait les activités ces populations aussi arrivent pour participer.

Q. Pourriez vous nous décrire de quel façon vous avez assuré la réussite de ce projet avec le militaire, et quel impact ce travail a t-il eu sur la population ?

Le projet a commencé du 1 avril 2004 au 31 décembre 2005. Il y’a eu 119 casernes militaires qui ont été touche… On les a donne les notions de base au termes d’infections sexuellement transmissibles, on les a formé sur les pratiques qui peuvent éviter la contamination, et puis on les a distribuer gratuitement les condoms. Leurs chefs étaient impliqués dans ces activités là…parce qu’on a impliqué les chefs militaires sur tout…c’est ce qui a été vraiment la réussite du projet ; l’implication des chefs militaires. Ça a été vraiment un effet positif. Au début ils étaient réticents, parce qu’ils ne nous connais pas très bien .Vous voyez- toute étranger qui arrive est considéré comme un potentiel ennemi, et ils sont en situation de guerre. Donc, les militaires, ils ont en tête d’occuper le territoire, de gagner des combats, et du court des individus arrivent et ils disent ‘Parlons de VIH/SIDA !’. Vous voyez, c’était un peu bizarre au début, et puis on était le premières sur le terrain c’était une situation vraiment très difficile… Les agents recrutés ont étés vraiment courageux…puis on vas on discute avec eux, et on essaie de leur expliquer les projets pour avoir leur adhésion. Cela ne se pas fait de façon facile, parce que CARE même a essayé dans un premier temps de se fait connaître dans la région, par des activités de plaidoyer, à gauche, à droite, par distribution …donc, on était vraiment connu dans la région, et ça facilitait beaucoup les affaires. Donc, en approchant les chefs militaires on leur à expliqué le projet et recueillir leurs avis sur les propositions qu’ils peuvent faire, de tel sorte qu’ils se sentent impliqués dans la mise en œuvre de ce projet. Quand ils ont eu confiance, ils se sont sentis impliqués et ils ont même fait des propositions qu’on a pris en compte… c’est ça qui a permis à leur convaincre…parce que les phrases qu’ils disaient, les conseils qu’ils donnaient, on faisait passer ces conseils-là au niveau de peer educators qui les utilisais pour sensibiliser leurs camarades.

Quelle leçon avez-vous apprise lors de la conduite de ce projet ?

C’est un projet qui se déroulait en situation de crise politique...Donc, nous avons appris que la lutte contre le VIH SIDA en situation d’urgence doit être adaptée au contexte de la crise, dans laquelle elle se déroule. En ciblant le militaire, c’était pour nous de l’importance de toucher une population très importante…la population qui décidait…qui avait le pouvoir. Donc, si eux ils sont impliqués dans le projet c’est plus facile de toucher la reste de la population,… .Etant donné que eux ils avaient le pouvoir d’achat, la population n’avait plus d’argent, le commerce était fermé, ils avaient des armes, ils décidaient tous… si eux ils étaient impliqués, le reste était plus facile ; et c’est pourquoi on a réussi. Jusqu à ce jour avec la deuxième phase de financement qu’on a, on continue d’avoir un bon rapport, et une sollicite.

Deuxième Partie

Q. Pensez vous que ce projet est entraîné un changement de comportement parmi les militaires ?

Le changement de comportement qu’on a constaté c’est que par exemple lorsque nos véhicules passent par les (…), automatiquement on nous demande, ‘Donne nous les préservatifs ! Donne nous les préservatifs !’ Donc déjà là, à ce niveau on constante qu’ils demandent les condoms, ça c’est un point vraiment important. Deuxièmement, on s’est rendu compte qu’ils ont commencé à créer les groupes de lutte contre le SIDA, au sein de leurs organisations, dans les casernes. Même le groupe de militaires avec lequel nous travaillons ici, l’Armée de Forces Nouvelles (AFN)…ils ont créé aussi une comité de lutte contre le SIDA à leur sein. Donc tout cela montre que de façon générale, collective, ils changent de comportement, ils sont beaucoup plus entraîné maintenant dans la lutte contre le SIDA ; ils s’organisent pour lutter contre le SIDA. De la façon individuelle ils demandent de plus en plus à avoir les préservatifs pour leur propre utilisation.

Quel impact, ce changement du comportement, a eu sur la population ?

Le changement des choses au niveau de militaires, quand la population voir ça, elle aussi elle est encouragée. Donc, c’est pourquoi nous avons beaucoup ciblé notre intervention sur les militaires dans un premier temps, pour pouvoir toucher …pour que la population peut avoir (….)… au niveau de la population générale nos cibles, qui sont les jeunes du 15 à 25 ans, qui constituent la fringue de la population la plus touchée en Côte d’Ivoire, on a fait une évaluation sur le niveau d’utilisation des condoms et on a constaté une légère augmentation par rapport à des chiffres qui existaient avant.

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