Dr. Michel Kazatchkine - Directeur Exécutif
Michel Kazatchkine a terminé ses études médicales à la Faculté de Médecine Necker-Enfants malades à Paris. Il s’est ensuite formé en immunologie à l’Institut Pasteur et au cours de quatre années post-doctorales au St Mary’s hospital à Londres et à l’Université de Harvard.
L’implication de Michel Kazatchkine dans le sida a débuté en 1983 lorsqu’il fut amené à traiter un couple de français rapatrié sanitaire d’Afrique souffrant d’une fièvre prolongée inexpliquée et d’un déficit immunitaire sévère. En 1985, il ouvrait une consultation spécialisée dans un service qui traite maintenant plus de 1600 personnes infectées par le VIH. Trois ans plus tard, il ouvrait la première consultation du soir à Paris qui permet aux personnes séropositives de venir à l’hôpital en dehors de leurs heures de travail et maintenir ainsi au mieux la confidentialité. Pendant les dix années qui ont suivi, Michel Kazatchkine a poursuivi une carrière internationale de médecin, d’enseignant et de chercheur.
Le Dr Kazatchkine a ainsi été l’auteur ou le co-auteur de plus de 600 articles scientifiques portant principalement sur l’auto-immunité, le traitement du sida, l’immuno-intervention thérapeutique et la pathogenèse de l’infection par le VIH. Il a publié dans des revues telles que Lancet, New England Journal of Medicine, Nature Medicine et d’autres journaux scientifiques de premier plan.
De 1998 à 2005, Michel Kazatchkine a dirigé l’Agence Nationale de recherches sur le sida (ANRS), le deuxième programme de recherche sur le sida, par son importance, dans le monde, doté d’un budget de 65 millions de dollars US. Durant cette période, l’ANRS a re-orienté ses priorités vers l’Afrique et le monde en développement, et acquis un rôle pionnier dans de nombreux domaines tels que le traitement anti-rétroviral dans le contexte des pays pauvres, la prévention de la transmission du virus de la mère à l’enfant, le suivi de cohortes et l’évaluation de programmes. Son expérience des programmes internationaux a porté sur l’Afrique, l’Asie du Sud et du Sud est, l’Amérique Latine et l’Europe de l’Est, plus particulièrement au Brésil, au Burkina Faso, au Cameroun, au Cambodge, en Côte d’Ivoire, au Sénégal et au Vietnam. Pendant la même période, il était Chef du Département d’Immunologie et du Service d’Immunologie clinique de l’hôpital Georges Pompidou à Paris. Ses responsabilités incluaient la direction et l’animation d’équipes de près de 250 personnes et la gestion de plus de 150 projets de recherche.
Tout au long de sa carrière, le Dr Kazatchkkine s’est engagé au côté d’ ONG nationales et internationales qui oeuvrent dans le domaine de la santé et du développement. Il est membre de Médecins du Monde depuis de nombreuses années et membre fondateur de Nova Dona, une ONG qui soutient les usagers de drogues, à Paris, dans l’accès à la prévention et aux soins.
Comptant parmi les principaux acteurs de l’effort international en vue d’un accès large à la prévention, au traitement et aux soins dans le monde en développement, Michel Kazatchkine a toujours été soucieux de respecter les plus hautes exigences éthiques et scientifiques. Dans son action à l’ANRS, il a particulièrement favorisé le dialogue avec la société civile et imposé que l’élaboration, la réalisation et l’évaluation des programmes dans les pays en développement s’effectuent sous la responsabilité d’un investigateur principal local. Entre 2002 et 2005, Michel Kazatchkine a été le premier Président du Conseil scientifique (« Technical Review Panel » ) du Fonds mondial de lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme. Pendant cette période (Rounds 1-4), il a développé des processus rigoureux et transparents d’évaluation des programmes soumis au Fonds, qui ont permis l’approbation de projets représentant 8,1 milliards de dollars d’engagement dans 128 pays. De 2005 à 2006, Michel Kazatchkine aura été le Vice-Président du Conseil d’Administration du Fonds Mondial.
Il est, par ailleurs, depuis 2004, le Président du Comité Stratégique et technique sur le VIH/sida de l’Organisation Mondiale de la Santé et membre du Comité Scientifique et Technique de l’OMS sur la tuberculose, à l’origine d’un large spectre de recommandations stratégiques et programmatiques dans le domaine de la santé publique et des trois grandes pandémies infectieuses. Le Dr Kazatchkine s’efforce particulièrement d’élaborer des liens institutionnels et stratégiques pour améliorer la prise en charge des personnes co-infectées par le VIH et la tuberculose.
En Février 2005, le Dr. Kazatchkine a été nommé Ambassadeur de France chargé de la lutte contre le VIH/sida et les maladies transmissibles. Ce poste interministériel implique d’établir des liens étroits entre les ministères des Affaires étrangères, de la Santé et le ministère délégué à la Coopération, au Développement et à la Francophonie. Dans ces nouvelles fonctions, Michel Kazatchkine porte un fort plaidoyer en faveur des Objectifs du Développement du Millénaire ; il aura contribué à l’initiative française de création d’une Facilité Internationale d’achat de médicaments. Dans son rôle de diplomate, il travaille à soutenir les engagements politiques et financiers des Etats en faveur de la lutte contre les pandémies, ce qui l’aura amené à établir et entretenir des relations étroites avec un grand nombre d’institutions nationales et internationales et acteurs de cette réponse aux maladies, en particulier la Présidence de la République, les ministres et cabinets ministériels concernés en France, les Organisations Onusiennes, ONUSIDA, OMS, Banque Mondiale, UNICEF, PNUD ; la Commission Européenne ; les principaux donateurs bilatéraux, les gouvernements du Canada, de la Grande Bretagne, de l’Italie, de la Norvège, des Pays Bas, de la Suède, et le programme présidentiel américain PEPFAR ; le Secteur Privé, les grandes Fondations privées, les organisations non-gouvernementales et les communautés des personnes affectées. Il a participé à de nombreux sommets régionaux et internationaux, en particulier la récente Assemblée Générale des Nations Unies en mai 2006. Il aura été le point focal français dans le domaine des maladies infectieuses dans la préparation du sommet du G8 de Saint Pétersbourg de juillet 2006.
Tout en reconnaissant les défis considérables qui s’opposent à l’accès aux soins du sida, de la tuberculose et du paludisme, le Dr Kazatchkine considère que les progrès accomplis dans les dernières années, en particulier grâce aux financements du Fonds Mondial, ouvrent des potentialités importantes : « Il est dans nos possibilités de limiter la propagation épidémique en Asie et en Europe de l’Est avant que celle ci n’atteigne les proportions qu’elle a atteint en Afrique », a-t-il déclaré récemment. « Nous pouvons traiter le sida dans les pays en développement et faire en sorte qu’il y devienne une maladie chronique contrôlée comme c’est le cas dans les pays riches. Nous avons les moyens de contrôler le paludisme et la tuberculose dont le fardeau est si souvent porté par les mêmes pays que celui du sida. Les défis sont énormes, mais les difficultés résident dans les moyens et les ressources, plus que dans le manque de connaissances ». Le Dr Kazatchkine met également l’accent sur l’importance des partenariats : « Personne n’y arrivera seul. L’effort doit être global, c’est pourquoi je plaide en faveur d’une meilleure collaboration entre les donateurs, les agences techniques, les responsables des programmes et ceux qui les réalisent sur le terrain » dit-il.
Avant d’occuper ses fonctions de Directeur Exécutif du Fonds mondial, le Dr Kazatchkine continuait de traiter des malades dans le Département d’Immunologie de l’hôpital Pompidou à Paris. Il était également professeur de Médecine (immunologie) à l’Université René Descartes à Paris.





