17 millions de vies

Par Mark Dybul

dans Opinions le 21 septembre 2015

Il n’y pas si longtemps, le sida, la tuberculose et le paludisme semblaient impossibles à endiguer. Dans de nombreux pays, l’épidémie de sida a ravagé toute une génération, laissant derrière elle d’innombrables orphelins et des communautés anéanties. Le paludisme a tué de jeunes enfants et des femmes enceintes incapables de se protéger des moustiques ou d’avoir accès aux médicaments appropriés. La tuberculose, quant à elle, a injustement frappé les plus démunis, comme elle le fait depuis des millénaires.

Les partenaires dans le secteur de la santé internationale ont donc décidé d’unir leurs forces pour riposter à ces maladies. La collaboration, la mise en commun de nos ressources et de nos compétences, et la participation des personnes touchées par les maladies, de la société civile, du secteur privé et des autorités publiques, nous ont permis d’accomplir des progrès qui ont largement dépassé nos espérances.

Aujourd’hui, le Fonds mondial publie un rapport sur ses résultats qui montre que les investissements réalisés par son intermédiaire dans le domaine de la santé ont permis de sauver 17 millions de vies, ouvrant ainsi de nouvelles perspectives et renforçant la justice sociale pour les familles et les communautés de par le monde. Mieux encore, le rapport indique que les avancées scientifiques et les solutions innovantes accélèrent les progrès à un rythme toujours plus soutenu, nous plaçant ainsi sur la voie des 22 millions de vies sauvées d’ici la fin de l’année prochaine.

Néanmoins, il est encore trop tôt pour se réjouir. Nous n’en sommes qu’à mi-chemin et il nous faut encore relever des défis considérables dans le domaine de la santé internationale. Ainsi, en Afrique australe, les adolescentes contractent le VIH à un rythme dramatique. La co-infection tuberculose/VIH gagne du terrain, tout comme la tuberculose multirésistante. Les acquis obtenus dans le combat contre le paludisme pourraient être perdus si nous n’intensifions pas les programmes de prévention et de traitement.

Nous devons nous concentrer sur plusieurs domaines-clés, notamment en portant une attention particulière aux adolescentes et aux femmes, en assurant la promotion des droits de l’Homme et en mettant en place de systèmes résistants et pérennes pour la santé.

De nombreuses autres vies sont encore en danger. Il nous faut entretenir cette dynamique, faire preuve d’ambition et accélérer nos efforts pour venir à bout des trois épidémies. N’oublions pas le magnifique élan d’humanité qui nous a permis d’arriver là où nous en sommes aujourd’hui. La plus belle récompense de cet exploit collectif ne réside pas dans ce nombre incroyable, 17 millions, mais dans ce que chaque vie sauvée offre à un être cher, une famille, un ami, une communauté ou un pays tout entier.

Une vie arrachée au sida, c’est une mère qui peut élever sa fille et lui apprendre à se protéger du virus. Une vie débarrassée de la tuberculose, c’est un père qui peut reprendre le travail et gagner sa vie pour subvenir aux besoins de sa famille. Une vie à l’abri du paludisme, c’est une fillette qui fêtera son cinquième anniversaire et bien d’autres encore, avant de devenir médecin ou, pourquoi pas, la prochaine présidente du Libéria.

Les réalisations du partenariat du Fonds mondial sont le fruit de notre détermination à bâtir un monde meilleur et plus juste grâce aux contributions des gouvernements, de la société civile, du secteur privé et des personnes touchées par le VIH, la tuberculose et le paludisme. Les personnes dont la vie a été épargnée le doivent plus particulièrement aux partenaires sur le terrain, qui ont la dure tâche de prévenir et de traiter ces maladies, et de prendre en charge ceux qui en sont les victimes.

Les dirigeants de la planète se réuniront la semaine prochaine pour formuler les Objectifs de développement durable, qui serviront d’assise pour améliorer la vie de milliards de personnes. Dans ce contexte, les réussites enregistrées dans le domaine de la santé internationale peuvent montrer la voie vers ce qu’il est possible d’accomplir lorsque les communautés se rassemblent autour d’objectifs communs, à l’image d’un monde libéré du fardeau du VIH, de la tuberculose et du paludisme.