Il y a dix ans, le 28 janvier, le Fonds mondial voyait le jour en réaction aux effets dévastateurs du sida, de la tuberculose et du paludisme. Pendant ces dix années, les subventions du Fonds mondial ont permis à des millions de personnes de se faire soigner et de bénéficier de services de prévention. La communauté internationale, alors proche du désespoir, nourrit aujourd’hui l’espoir sincère que, ensemble, nous puissions vaincre ces pandémies.
Presque partout, les taux de transmission du VIH sont en recul, y compris dans les pays les plus touchés. Si des traitements sont disponibles, on constate également une baisse des taux de mortalité. Globalement, la prévalence de la tuberculose diminue, tout comme la mortalité parmi les patients atteints de la maladie mais séronégatifs au VIH. Enfin, nous sommes proches d’un accès universel aux moustiquaires imprégnées d’insecticide en Afrique dans le cadre de la prévention du paludisme.
Le Fonds mondial est au cœur de ce revirement en fournissant près d’un quart de l’ensemble des crédits alloués à l’échelle internationale à la lutte contre le sida, les deux tiers de ceux destinés au paludisme et plus des quatre cinquièmes des financements ciblant la tuberculose.
L’ampleur des progrès réalisés n’empêche toutefois pas que la communauté internationale doive prendre des décisions pénibles : alors que les pays riches ou émergents sont de plus en plus nombreux à souffrir du ralentissement de l’économie mondiale, vont-ils sacrifier les objectifs internationaux en matière de santé qui sont désormais à notre portée ? Devrons-nous abandonner l’espoir de faire en sorte qu’aucun enfant ne naisse porteur du VIH ? Ou celui que plus personne ne meure de paludisme ? Ou encore, cet espoir qu’au final, nous pourrons garantir que toutes les personnes qui en ont besoin peuvent obtenir des médicaments antisida ou des antituberculeux efficaces ?
Les dépenses de santé internationales ont diminué ces deux dernières années, après presque dix ans de croissance spectaculaire. À la fin de l’année dernière, le Fonds mondial a dû annoncer que, malgré les dix milliards de dollars US qu’il déboursera entre 2011 et 2013, il ne sera pas en mesure d’étendre davantage ses financements, car certains pays ont déjà indiqué que leur contribution ne pourrait pas être à la hauteur de ce qu’elle avait été par le passé. D’autres, en revanche, vont essayer de maintenir leur apport, mais pourraient être contraints de le revoir à la baisse à l’avenir. Nous travaillons sans relâche pour infléchir cette tendance, en association avec nos partenaires et grâce au poids que les militants font peser dans la balance. L’objectif pour nous est d’obtenir deux milliards de dollars US supplémentaires d’ici à 2013 et de permettre aux récipiendaires de mettre en place de nouveaux programmes.
Plusieurs chefs de gouvernement maintiennent un engagement total en faveur de la poursuite des progrès accomplis et s’en tiennent à des investissements massifs dans la santé internationale, malgré les difficultés qu’ils rencontrent dans leur pays. Il serait néanmoins illusoire d’attendre d’eux qu’ils compensent le désengagement d’autres pays. À côté de cela, on trouve les nouvelles puissantes émergentes. Elles ont un intérêt de plus en plus marqué à jouer, elles aussi, un rôle plus grand dans l’action menée à l’échelle mondiale à l’appui d’objectifs et du bien communs. Cela signifie-t-il qu’elles assumeront, pour ce faire, une part plus importante des coûts ?
Le Fonds mondial évolue pour répondre aux enjeux de sa deuxième décennie. Notre objectif est désormais d’abandonner la notion de réponse à des situations d’urgence pour faire du Fonds un vecteur pérenne et efficace du financement de la lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme. Ce changement passe par d’importantes modifications de notre structure, de notre fonctionnement et de notre mode de direction. En novembre 2010, le Conseil d’administration du Fonds mondial a approuvé un plan de transformation et il vient de nommer Gabriel Jaramillo, un gestionnaire rompu aux processus de changement complexes, Directeur général chargé de superviser la mise en œuvre de ce plan. Parallèlement à cela, celui qui a été notre Directeur exécutif cinq années durant, Michel Kazatchkine, a décidé de démissionner (voir également son blog sur le site du Monde).
Le changement est source d’incertitude, mais également d’espoir, et celui qui nous vivons en ce moment peut être vu comme l’occasion de nous améliorer et de sauver encore plus de vies chaque jour.
Cette semaine, le Fonds mondial fête son 10ème anniversaire. La Fondation Bill et Melinda Gates vient tout juste d’annoncer qu’elle apportera une contribution supplémentaire de 750 millions de dollars US, ce qui constitue une excellente nouvelle.
Nous n’avons jamais été aussi proches de la concrétisation d’objectifs ambitieux en matière de santé.
Ensemble, nous pouvons accomplir de grandes choses.
P.S. : Nous avons également publié une vidéo passionnante que vous ne devez manquer sous aucun prétexte. Revenez demain pour plus de nouvelles !