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Le Conseil d’administration du Fonds mondial approuve un nouveau mode de financement
Lors d’une réunion organisée les 13 et 14 septembre, le Conseil d’administration du Fonds mondial a adopté un nouveau mode de financement des subventions qui améliorera nettement l’efficacité de l’organisation et le caractère stratégique de ses investissements. Les maîtres d’œuvre pourront compter sur des financements plus prévisibles et plus fiables. Les candidatures pour obtenir des subventions seront plus simples, grâce notamment à un retour sur information plus rapide et à un dialogue permanent. Plus important peut-être, ce mode de financement encouragera davantage un modèle de partenariat qui assure la continuité et la pérennité à long terme. Le Conseil d’administration en examinera les détails lors de sa prochaine réunion, en novembre.
Ce nouveau modèle de financement constitue un changement considérable. Il se substitue au système des séries, qui a bien fonctionné pendant de nombreuses années, puisqu’il a encouragé les partenariats multisectoriels et a incité chaque candidat à recenser et à quantifier les besoins en matière de traitement et de prévention. En 2011, le Conseil d’administration a néanmoins décidé que le Fonds mondial devait investir de façon plus stratégique, de manière à faire un usage optimal de ses ressources et de maximiser l’impact de ses subventions. La crise financière internationale est venue renforcer ce besoin. Un nouveau modèle de financement, qui entend exercer une influence plus active sur les investissements, permettra une meilleure orientation des ressources vers les pays et les populations les plus touchés et une identification des interventions les plus efficaces.
En prélude à la réunion du Conseil d’administration, des sessions de consultation à grande échelle ont permis d’envisager de nombreux aspects d’un nouveau modèle de financement, l’objectif étant de se prononcer pour une procédure qui soit à la fois efficace et équitable. Les participants à ces sessions ont insisté sur la nécessité de rendre la procédure plus simple et plus prévisible, mais également d’encourager les candidats à exprimer pleinement leur demande au travers de dossiers d’investissement. Le Conseil d’administration a décidé d’allouer des crédits à des groupes de pays, puis de les répartir aux pays de deux manières. En premier lieu, chaque pays se verra allouer une fourchette de financement spécifique, calculée à l’aide d’une formule fondée sur la charge de morbidité, la capacité de paiement et d’autres facteurs. Ensuite, des crédits seront prévus pour encourager les dossiers d’investissement ambitieux. Le Conseil d’administration devrait examiner la répartition en groupes et la méthode de calcul du financement lors de sa réunion de novembre.
Profil : Linda Mafu, directrice du Département de la société civile et du plaidoyer politique
Linda Mafu vient de prendre ses fonctions au Fonds mondial comme directrice du Département de la société civile et du plaidoyer politique. Née au Cap, en Afrique du Sud, Linda a passé sa carrière à lutter contre la discrimination et le rejet. Militante de premier ordre dans la lutte contre le sida, elle a pris la tête des efforts visant à obtenir un plan d’action en Afrique du Sud à une époque où de nombreux dirigeants en étaient toujours à nier l’existence de la pandémie. Avant de rejoindre le Fonds mondial, elle a été la directrice exécutive de la Campagne mondiale contre le sida et, avant cela encore, elle avait travaillé pour la Campagne d’action en faveur du traitement, en Afrique du Sud.
« Ma passion, ce feu sacré qui me fait vibrer, c’est de faire en sorte que chacun jouisse d’une qualité de vie qui lui donne la liberté d’être au mieux de ce qu’il peut être, nous dit Linda. Mon militantisme plonge ses racines dans mon enfance. Nous luttions alors contre l’apartheid. » Linda a étudié le développement communautaire à l’université du Cap, où elle a pris conscience du caractère complexe et interdépendant du changement social au sein de toute communauté. « Cela m’a permis de comprendre la question du VIH en Afrique du Sud, indique-t-elle. Quand j’ai commencé mes études, deux de mes amies les plus proches venaient de mourir du sida et laissaient derrière elles des enfants de l’âge du mien, deux ans. » À cette époque, 900 personnes mouraient chaque jour en Afrique du Sud. « Nous nous sommes organisés et j’ai adhéré à la Campagne d’action en faveur du traitement. J’y ai acquis des connaissances scientifiques à propos du VIH et de son traitement. J’y ai aussi appris la mobilisation communautaire. » Par la suite, elle est passée de la Campagne d’action en faveur du traitement à la Campagne mondiale contre le sida, où elle a travaillé sur les questions de plaidoyer dans toute l’Afrique subsaharienne. « C’était une occasion exceptionnelle. Nous avons mis sur pied une plateforme de la société civile qui fonctionnait aux échelons national et régional. J’ai dû apprendre à faire du lobbying auprès des gens de l’Union africaine. Et puis le Fonds mondial est littéralement entré dans nos vies et, dans son sillage, l’espoir que nous pourrions changer la donne en matière de VIH tant au niveau des pays que de l’ensemble du continent africain. Il était clair que les choses évoluaient. Nous avions une voix pour nous représenter. » Prendre ses nouvelles fonctions au Fonds mondial constitue un autre changement de taille, puisqu’elle vient d’emménager à Genève avec son mari et ses quatre enfants. Beaucoup de ses amis et de ses anciens collègues lui ont dit espérer qu’elle serait capable de conserver son esprit militant et qu’elle « fera bouger les choses » au Fonds mondial. Ses nouveaux collègues y comptent bien.
Nouveau code de conduite à l’usage des récipiendaires
Le Fonds mondial vient d’apporter des modifications aux conditions générales des accords de subvention et d’adopter un code de conduite à l’usage de ses récipiendaires. Ces changements s’inscrivent dans le cadre d’un effort visant à améliorer l’assurance et la gestion des risques des programmes soutenus par les crédits des subventions. Ils visent à contribuer à la protection des récipiendaires et du Fonds mondial contre toute activité illégale, comme le blanchiment d’argent. Un courrier est adressé aux récipiendaires principaux afin de leur décrire les changements apportés, qui devront être respectés par l’ensemble des bénéficiaires de financement du Fonds mondial. Les gestionnaires de portefeuille du Fonds devraient assurer un suivi afin d’aider à expliquer les changements et ce qu’il convient de faire.
Le code de conduite des récipiendaires énonce les principes et les normes de conduites exigés de tous les bénéficiaires de crédits de subventions du Fonds mondial, ce qui englobe les récipiendaires principaux, les sous-récipiendaires, les sous-sous-récipiendaires, les instances de coordination nationale et les agents chargés des achats. Les conditions de ce code de conduite, que l’on peut consulter (en anglais) sur le site web du Fonds mondial, sont dans la lignée des principes et des exigences de tout accord de subvention légal conclu entre le Fonds mondial et chacun de ses récipiendaires principaux.
Le Conseil d’administration prolonge le mandat d’hébergement de l’AMFm
À la réunion qu’il a tenue la semaine dernière, le Conseil d’administration a prolongé le mandat du Fonds mondial pour l’hébergement du Fonds pour des médicaments antipaludéens à des prix abordables (AMFm) pendant un an à compter de la fin de sa phase pilote, en décembre. L’AMFm est mené à titre d’essai au Cambodge, au Ghana, au Kenya, à Madagascar, au Niger, au Nigeria, en Ouganda et en Tanzanie, où il a subventionné près de 300 millions de combinaisons thérapeutiques à base d’artémisinine (CTA), le traitement le plus efficace contre le paludisme. L’AMFm subventionne la vente de CTA dans le circuit commercial, afin qu’elles soient disponibles à des prix abordables dans de nombreuses régions. Il vient s’ajouter à la distribution de médicaments par les autorités publiques, généralement gratuite, mais pas aussi largement disponible. Un rapport final d’évaluation devrait être publié dans les prochaines semaines. En prolongeant le mandat d’hébergement de l’AMFm, le Conseil d’administration a reconnu qu’il fallait une transition ordonnée vers la prochaine phase, quelle que soit la provenance des fonds. Le Fonds mondial n’a pas financé la phase pilote, mais l’a hébergée. Le financement futur de l’AMFm n’a pas encore été décidé. Le Conseil d’administration devrait se pencher sur l’avenir de cette initiative lors de sa prochaine réunion et déterminer s’il convient de l’étendre, de la modifier ou de la suspendre.
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