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Visages d’une révolution tranquille
Pendant 25 ans, la vie et les moyens de subsistance de millions d’êtres humains ont été anéantis par le sida. Près de 30 millions de personnes sont mortes de cette maladie depuis le début des années 1980. Cependant, ces dernières années, une révolution tranquille a permis partout dans le monde et à des millions de personnes infectées par le VIH de continuer à vivre en bonne santé.
Au début des années 1990, grâce à la disponibilité des premiers médicaments antirétroviraux, le sida a cessé de représenter une condamnation à mort pour être dorénavant perçu comme une maladie chronique susceptible d’être gérée – mais cela uniquement pour certains d’entre nous. En raison du coût élevé des médicaments et des difficultés liées à leur distribution dans certains pays, 95 % des personnes vivant avec le VIH n’y avaient pas accès. L’indignation exprimée par la Communauté internationale face à la mort de millions de personnes pour cause de disparités économiques, a permis de faire baisser le prix de ces médicaments et a abouti, en 2002, à la création du Fonds mondial de lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme. Grâce au Fonds mondial et au Plan d’urgence du Président des Etats-Unis pour la lutte contre le sida, des investissements massifs ont progressivement permis de financer les thérapies antirétrovirales dans plus de 100 pays en développement. Partout dans le monde, des médecins et professionnels de santé sont parvenus à adapter des protocoles complexes à des contextes où l’accès aux soins de santé les plus rudimentaires était déjà très difficile. Aujourd’hui, des millions de vies qui auraient été perdues sans ces actions, sont en train d’être sauvées. Il convient également de souligner que les traitements ainsi fournis constituent dorénavant une pièce maîtresse des efforts déployés pour enrayer la propagation de la maladie.
Dans Renaître à la vie, huit photographes de l’agence Magnum se sont rendus dans neuf pays pour faire le portrait de personnes avant de débuter leur traitement antirétroviral et quatre mois après. Ce sont les visages, les voix et les histoires de millions de personnes qui seraient mortes aujourd’hui si elles n’avaient pas eu gratuitement accès aux médicaments antirétroviraux – des personnes qui vivent avec le VIH, qui travaillent, qui élèvent leurs enfants, et qui connaissent les joies et les difficultés de l’existence. Mais il y a aussi les histoires de ceux pour qui le traitement est arrivé trop tard ou encore ceux qui ont succombé à la tuberculose ou à d’autres maladies. Ces histoires témoignent ainsi que le combat mené pour avoir accès aux traitements contre le sida est une lutte difficile, parsemée d’embûches, mais faite aussi de réussites.


