Équateur : réussites pour la lutte antipaludique et la mobilisation des communautés

22 mars 2013

Entre 2000 et 2009, l’Équateur a enregistré un recul de 96 pour cent du nombre de cas de paludisme déclarés, des résultats à mettre en parallèle d’une intense activité du programme antipaludique. Aujourd’hui, seuls 4 pour cent des 13,8 millions d’habitants de l’Équateur sont exposés à un risque élevé de paludisme.

Les principales interventions mises en œuvre pour lutter contre la maladie se sont concentrées sur les pulvérisations intradomiciliaires, la distribution de moustiquaires imprégnées d’insecticide, ainsi qu’une détection et un traitement précoces. Toutes ces mesures ont permis d’atteindre la quasi-totalité de la population exposée à un risque élevé. Le diagnostic et le traitement du paludisme sont gratuits pour tous et les combinaisons thérapeutiques à base d’artémisinine sont proposées pour les soins depuis 2005.

Depuis 2005, le Fonds mondial a alloué 7,2 millions de dollars US aux programmes antipaludiques en Équateur, mais la majeure partie des crédits est toujours venue des autorités publiques, ce qui démontre bien la fermeté de leur engagement.

Le programme soutenu par le Fonds mondial est mis en œuvre par deux récipiendaires principaux : le Ministère de la Santé et Corporacion Kimirina. Sur le terrain, le Ministère de la Santé s’occupe des achats et de la distribution de moustiquaires imprégnées de longue durée et du traitement des cas de paludisme parmi les populations vulnérables, tandis que Corporacion Kimirina et DYA (un sous-récipiendaire issu de la société civile) se chargent de la formation du personnel de santé essentiel dans des établissements répartis dans tout le pays. Ils s’attèlent également à renforcer la riposte et à sensibiliser les populations vulnérables en s’appuyant sur des organisations à assise communautaire.

Ainsi, Kimirina se fonde sur une démarche de mobilisation des communautés pour décentraliser la prévention et le traitement du paludisme. Associé à une formation ciblée du personnel de santé, cela a permis aux établissements de soins de santé primaires des zones à risques de mener des activités de détection, de diagnostic et de traitement du paludisme. Ils ont, du reste, pu garantir un suivi pour veiller à ce que les patients suivaient leur traitement jusqu’à son terme.

In Ecuador’s coastal region, community mobilisation is seen as essential for fighting malaria. Hilda, a volunteer health promoter and community leader, organises malaria prevention activities as part of minga, an Andean tradition of collective community service. They eliminate mosquito breeding grounds by cutting weeds and removing stagnant water.

Dans la région côtière de l’Équateur, la mobilisation des communautés est jugée essentielle pour combattre le paludisme. Hilda est promotrice bénévole de la santé et dirigeante communautaire. Elle organise des activités de prévention du paludisme dans le cadre de la minga, une tradition andine de services communautaires collectifs. Ensemble, ils éliminent les aires d’éclosion des moustiques en désherbant et en éliminant les eaux stagnantes.

Parmi les communautés approchées par Kimirina, beaucoup se situent dans des zones impaludées isolées. Elles n’ont qu’un accès limité, voire inexistant, à des infrastructures sanitaires. Les populations ciblées sont plus spécifiquement les peuples autochtones, les étudiants, les migrants et les personnes déplacées dans des régions proches de la frontière colombienne.

Due to the poor condition of the roads and her inability to travel long distances, Maria cannot make the journey to the nearest clinic. Here at home, the health promoter takes a blood sample to test for malaria and start treatment if need be

Le mauvais état des routes et son incapacité à faire de longs trajets empêchent Maria de se rendre jusqu’au dispensaire le plus proche. Là, chez elle, la promotrice de la santé prélève un échantillon sanguin pour rechercher la présence du paludisme et entamer un traitement au besoin.

Cette façon d’aborder les choses permet de faire en sorte que tous les territoires sont couverts, ce qui confère un rôle majeur aux promoteurs de la santé : ils font le lien entre les communautés et les infrastructures sanitaires officielles. C’est à eux qu’il revient de se rendre régulièrement dans les communautés pour prendre des échantillons de sang et renvoyer les patients à l’unité de soins la plus proche pour commencer un traitement s’ils soupçonnent un cas de paludisme. Ils aident également les communautés à mettre en place des comité locaux de lutte contre le paludisme chargés de sensibiliser la population et d’organiser des opérations de nettoyage des aires d’éclosion des moustiques. Ils identifient aussi les responsables communautaires à former pour diffuser des informations en matière de prévention du paludisme.

A health promoter visits a remote Kichwa community in the Amazon region. Micaela is pregnant and is testing for malaria

Les agents de santé et les travailleurs communautaires du projet de prévention du paludisme et de lutte contre la maladie se rendent régulièrement dans les communautés à risque.

En quelques années, l’Équateur a enregistré un net recul du nombre de cas de paludisme. Il fait figure d’exemple dans la région en montrant comment il est possible d’aider les personnes qui en ont besoin en associant diverses interventions antipaludiques : formation des populations isolées à la lutte contre le paludisme ou encore renforcement des infrastructures sanitaires publiques en les dotant d’une capacité de diagnostiquer et de traiter correctement le paludisme. Tout cela permet aux travailleurs de la santé de sauver chaque jour plus de vies.