Une démarche différenciée au Moyen-Orient

dans Opinions le 17 février 2016

Les démarches différenciées sont nécessaires pour renforcer l’incidence des investissements, notamment dans les environnements particulièrement difficiles, comme lors de conflits armés ou d’afflux de réfugiés. Pour améliorer l’efficacité et proposer des ripostes plus souples et plus simples, le Fonds mondial met sur pied au Moyen-Orient une initiative qui s’appuiera sur une plateforme intégrée unique de gestion des subventions. Pour l’instant, le Fonds compte un certain nombre de subventions fondées sur les sommes allouées aux pays – en Syrie, en Irak, en Palestine et au Yémen –, et il fournit un financement d’urgence pour soutenir la prise en charge de la tuberculose pour les réfugiés syriens en Jordanie et au Liban. Grâce à la gestion de toutes les subventions au travers d’un système unique confié à une organisation internationale qualifiée et ayant une expérience sur le terrain, la riposte au VIH, à la tuberculose et au paludisme au Moyen-Orient entend développer la couverture des services de lutte contre ces maladies et atteindre les populations-clés et vulnérables.

Des maladies que l’on peut prévenir, comme le VIH, la tuberculose et le paludisme, représentent un poids important pour des systèmes de santé déjà surchargés, ce qui réduit d’autant les moyens disponibles pour offrir des services de santé de base ou pour se préparer aux nouvelles menaces qui pèse sur la santé. Dans le cas des réfugiés, empêcher les maladies de se propager permet non seulement d’éviter à des personnes par ailleurs affaiblies de tomber malades, mais également de dégager des ressources essentielles pour soigner d’autres maladies ou offrir d’autres services de santé – une prise en charge dont ont désespérément besoin des familles qui ont tout perdu et des communautés qui peinent à les accueillir.

Mark Dybul, le Directeur exécutif du Fonds mondial, a déclaré qu’au travers de l’initiative pour le Moyen-Orient, le Fonds mondial change radicalement sa façon de gérer les subventions.

« Pour atteindre les personnes qu’il doit atteindre et avoir un impact plus marqué, le Fonds mondial doit changer sa façon d’agir dans des conditions difficiles », a récemment précisé M. Dybul devant une assemblée de bailleurs de fonds, de partenaires techniques, de représentants gouvernementaux et d’organisations de la société civile réunis à Amman, en Jordanie. « L’avenir du Fonds mondial passe par des approches sur mesure. »

Joseph Serutoke, le directeur régional du Fonds mondial pour le Moyen-Orient et l’Afrique du Nord, a indiqué que cette nouvelle démarche répond aux besoins et aux enjeux de la région. Le rassemblement des subventions présente plusieurs avantages, comme un renforcement de l’efficacité au travers d’une communication groupée de l’information, une approche mieux intégrée et un appui à des partenariats régionaux plus solides, susceptibles de porter leurs fruits dans les zones difficiles d’accès. Du fait des conflits qui les déchirent, ces pays ont des besoins qui ne cessent d’évoluer, des capacités limitées et de graves contraintes lorsqu’il s’agit de fournir des services essentiels. Ainsi, au Yémen, en Irak et en Syrie, la plupart des établissements de santé ont été détruits. L’infrastructure sanitaire des pays qui accueillent les populations déplacées est débordée. Dans le cadre de la nouvelle démarche, les procédures classiques du Fonds mondial et les mesures de coordination dans les pays seront adaptées pour répondre à la situation propre à chaque pays. « L’idée générale, c’est que cette subvention doit être malléable et s’adapter à l’évolution de la situation dans les pays que nous servons », a indiqué M. Serutoke.

Le Fonds mondial lance un appel à propositions pour les organisations internationales compétentes qui souhaitent assumer le rôle de récipiendaire principal. La subvention devrait débuter en juillet pour une durée de deux ans, avec la possibilité de la prolonger.

Le Fonds mondial recentre son attention sur les environnements de fonctionnement difficiles dans le but d’étendre la couverture et d’aller au-devant des populations-clés et vulnérables touchées par le VIH, la tuberculose et le paludisme.

Le Fonds mondial a fait de ces environnements, qui sont exposés aux flambées épidémiques, aux catastrophes naturelles, aux conflits armés et à une piètre gouvernance, l’une de ses principales priorités. Ils représentent un tiers de la charge mondiale de morbidité pour le VIH, la tuberculose et le paludisme et un tiers des investissements du Fonds mondial.