Avec un engagement renforcé, l’Europe montre qu’elle est un leader de la santé internationale

Par Mark Dybul, Directeur exécutif

dans Opinions le 03 mars 2016

En finir avec des épidémies qui touchent la vie de millions de personnes dans les pays à faible revenu et à revenu intermédiaire est l’un des investissements les plus intelligents que l’on puisse faire pour ouvrir des perspectives, promouvoir la justice sociale et encourager la croissance et la sécurité. En annonçant aujourd’hui qu’elle soutient le Fonds mondial de lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme par une contribution de 470 millions d’euros sur trois ans – une hausse de 27 pour cent –, la Commission européenne consolide un partenariat qui sauve des millions de vies et transforme des communautés entières. Cette somme représente environ un euro par citoyen de l’Union européenne, moins que le prix d’un cappuccino à Rome, Bruxelles ou Copenhague, et elle promet un fabuleux retour sur investissement.

Alors que l’Europe est confrontée à des difficultés comme la crise des migrants, le réchauffement climatique ou une reprise économique poussive, nos partenaires européens comprennent que la coopération au développement a plus de sens que jamais. Nous sommes à une étape critique dans la lutte contre ces trois maladies et l’annonce faite par la Commission européenne encourage d’autres bailleurs de fonds à renforcer leur contribution au combat et à faire leur l’objectif d’en finir avec les épidémies de VIH, de tuberculose et de paludisme d’ici 2030. Nous avons accompli d’énormes progrès, mais il reste beaucoup à faire.

La menace de nouvelles maladies contagieuses fait qu’il est urgent de mettre en place des systèmes résistants et pérennes pour la santé, un point qui est au cœur de la nouvelle stratégie du Fonds mondial et en forme un des piliers. Quarante pour cent des investissements du Fonds mondial vont au renforcement des systèmes de santé, sous bien des aspects, notamment par des innovations en matière d’achats à l’appui d’améliorations pérennes, dont profite globalement la santé des communautés. L’apparition de la tuberculose multirésistante est source d’anxiété, particulièrement en Europe, et nous mettons tout en œuvre, avec nos partenaires, pour y faire front.

L’afflux de personnes déplacées oblige à rendre la prévention et le traitement du VIH, de la tuberculose et du paludisme tout aussi mobiles et souples. Pour avoir un impact plus marqué, les programmes du Fonds mondial proposent des démarches sur-mesure pour atteindre les personnes qui en ont le plus besoin. Il s’agit notamment d’offrir des services antituberculeux aux réfugiés syriens au Moyen-Orient, ce qui libère des ressources essentielles pour soigner d’autres affections.

Nous avons, certes, remporté de nombreuses batailles dans la lutte contre le VIH, mais certaines populations-clés courent toujours un grand risque. Les jeunes femmes et les filles sont bien plus susceptibles que les jeunes hommes et les garçons de contracter le VIH, par exemple. Ainsi, chaque semaine, le virus infecte 7 000 filles et jeunes femmes âgées de 15 à 24 ans. C’est inacceptable. Le Fonds mondial et ses partenaires œuvrent à faire évoluer ces terribles statistiques en proposant des programmes de protection sociale et en établissant un lien entre l’éducation à la santé et les perspectives qui s’offrent aux jeunes femmes et aux filles, de manière à les maintenir scolarisées et à l’abri du VIH.

Il est essentiel de promouvoir les droits humains et la justice sociale pour élargir l’accès aux services de santé, en particulier pour les populations-clés et les personnes les plus vulnérables. De même, rendre les soins de santé accessibles et abordables pour tous a une incidence profonde en termes de vies humaines, puisque cela contribue à en finir avec les maladies et, d’une façon plus générale, fait reculer la pauvreté et diminuent les risques liés à la santé dans les pays à faible revenu.

Ensemble, la Commission européenne et les États membres de l’Union apportent près de 50 pour cent du financement total versé au Fonds mondial. Mettre fin aux épidémies est une des principales priorités d’un monde où tout est lié. En abordant la santé et le développement comme un tout, les investissements consentis par le partenariat du Fonds mondial permettent d’en finir plus rapidement avec les épidémies de sida, de tuberculose et de paludisme et de mettre en place des systèmes résistants et pérennes pour la santé.

Cette année, une solide reconstitution des ressources du Fonds mondial apportera une pierre à la construction d’un monde meilleur. Nous visons 13 milliards de dollars d’investissements pour le cycle de financement 2017/2019, ce qui permettrait de sauver jusqu’à 8 millions de vies, de prévenir jusqu’à 300 millions de nouvelles infections et de nouveaux cas de VIH, de tuberculose et de paludisme, et de jeter les fondements d’une croissance économique pouvant aller jusqu’à 290 milliards de dollars dans les années à venir. Et, globalement, cela représente un fabuleux retour sur investissement.