La transparence en matière d’aide au développement sauve des vies

Par Mark Dybul, Directeur exécutif

dans Opinions le 13 avril 2016

La transparence et l’obligation de rendre des comptes sont deux des principes fondateurs du partenariat du Fonds mondial. Elles représentent notre engagement à investir efficacement, mais elles témoignent aussi de notre obligation morale vis-à-vis des personnes que nous servons, c’est-à-dire les femmes, les enfants et les hommes touchés par le VIH, la tuberculose et le paludisme.

Selon l’indice de transparence de l’aide de Publish What You Fund et de l’Initiative internationale pour la transparence de l’aide publié aujourd’hui, le Fonds mondial figure parmi les cinq donateurs faisant preuve de plus de transparence en matière d’aide. Le Fonds mondial est en tête pour trois des catégories touchant à la mise en œuvre : les résultats, les documents encadrant les activités et les informations de base.

Les investissements en matière de santé réalisés par l’intermédiaire du Fonds mondial ont permis de sauver 17 millions de vies, ouvrant ainsi de nouvelles perspectives et renforçant la justice sociale pour les familles et les communautés de par le monde. Toutefois, de nombreuses vies sont encore en danger. Pour mener à bien notre tâche, chaque dollar compte. C’est pourquoi l’efficacité et la transparence jouent un rôle essentiel.

En tant que partenariat du 21e siècle conçu pour accélérer la fin des épidémies de sida, de tuberculose et de paludisme, le Fonds mondial est d’avis que la transparence est indispensable à son efficacité et à la réalisation de sa mission. Nous soutenons activement l’Initiative internationale pour la transparence de l’aide et avons publié ses données dès la première heure. Des progrès considérables sont obtenus grâce à la mise en commun de nos ressources et de nos compétences, et la participation des autorités publiques, du secteur privé et des personnes touchées par la maladie.

La transparence et l’obligation de rendre des comptes signifient que les produits vitaux sont commandés et livrés dans les délais et avec un rapport coût/efficacité satisfaisant. Cela signifie également que nos programmes touchent les personnes qui ont le plus besoin : les adolescentes et les femmes, les personnes issues des communautés pauvres ayant un accès limité aux soins de santé, les hommes qui ont des rapports sexuels avec d’autres hommes, les consommateurs de drogues injectables et les détenus. Cela suppose aussi que nous continuions à promouvoir et à protéger les droits de l’Homme, à promouvoir l’égalité de genre, et que nous nous assurions que les investissements en matière de santé aident les pays à établir des systèmes résistants et pérennes pour la santé.

En tant qu’organisation qui collecte et investit près de quatre milliards de dollars US par an, le Fonds mondial conduit l’ensemble de ses activités dans un souci de grande transparence et en exige autant de ses partenaires, notamment pour les demandes et les attributions de financement, pour les résultats des subventions et de l’institution, ou encore pour la gouvernance et le suivi stratégique. C’est une valeur que nous défendons au quotidien. Le Fonds mondial mène une politique de tolérance zéro vis-à-vis de la fraude ou des détournements de fonds, même minimes. Il poursuit et dénonce activement tous les cas de mauvaises utilisations de fonds et récupère ces derniers autant que possible. La raison est très simple : chaque dollar dépensé de manière abusive empêche d’arracher une mère au sida pour qu’elle élève sa fille, empêche une famille de dormir sous une moustiquaire ou de fournir un médicament antipaludique pour sauver la vie d’un père.

Puisque le Fonds mondial n’hésite pas à investir dans les pays présentant plus de difficultés, dont le niveau de pauvreté est élevé et dont les systèmes sont souvent déficients, il reste raisonné dans sa prise de risque et cherche à sécuriser ses investissements. C’est pourquoi nous avons élaboré un cadre de risque solide qui assure l’équilibre entre la gestion du risque fiduciaire et programmatique, et qui vise à guider le partenariat en vue d’obtenir les meilleurs résultats. L’organisation du Fonds mondial dispose d’un des systèmes d’audit indépendant les plus robustes parmi les institutions multilatérales. Le Bureau de l’Inspecteur général, un organe indépendant, effectue des audits et des enquêtes sur les subventions. Tous sont rendus publics.

Demander aux donateurs et aux organisations multilatérales d’être plus transparents et d’assumer leur responsabilité à l’égard des contribuables est essentiel pour obtenir des résultats et pour aider les décideurs politiques et les citoyens à formuler une riposte plus efficace. Nous avons constamment besoin d’une plus grande transparence.

Plus tard dans l’année, le Fonds mondial organisera une conférence de reconstitution des ressources pour le cycle de financement 2017/2019. Il vise un investissement de 13 milliards de dollars US de la part des gouvernements et des partenaires du secteur privé pour l’aider à atteindre l’objectif de développement durable : un monde libéré du fardeau du sida, de la tuberculose et du paludisme d’ici 2030. Tout en collaborant avec nos partenaires pour atteindre cet objectif, nous respectons notre engagement en matière de transparence et d’obligation de rendre des comptes vis-à-vis de nos donateurs et des personnes dont les vies seront sauvées.

2016 Aid Transparency Index