Nous sommes tous concernés

Par Mark Dybul, Directeur exécutif

dans Opinions le 02 août 2016

Alors que le monde de la santé continue de chercher des solutions pour renforcer les interventions sanitaires en vue d’atteindre les Objectifs de développement durable à l’horizon 2030, les chefs d’entreprise indiens mettent activement en place leur propre approche, qui s’appuie sur les ressources locales, les compétences du secteur privé et le soutien de la base.

Sous l’impulsion de son patron Ratan Naval Tata, Tata Trusts, qui a toujours soutenu le secteur de la santé, vient de lancer le Fonds indien pour la santé en association avec le Fonds mondial et USAID. Il entend ainsi mobiliser des ressources philanthropiques en Inde pour libérer le pays de la tuberculose et du paludisme.

Le Fonds indien pour la santé est une plateforme de financement novatrice qui contribuera à tirer parti des ressources et des compétences du secteur privé et à les mobiliser à l’appui des programmes de santé soutenus par le Fonds mondial et d’autres partenaires. Le Fonds indien pour la santé envisage de soutenir des programmes et des projets innovants qui aident à étendre les solutions efficaces existantes contre les maladies transmissibles et à en infléchir encore plus la propagation grâce à une mise à l’échelle de ces outils. Les investissements réalisés par ce fonds seront alignés sur les stratégies nationales indiennes de lutte contre les maladies et se feront en lien avec les plateformes publiques et les autres réseaux privés de santé. De plus, ils viendront en complément des investissements nationaux et de ceux des autres partenaires alloués à la tuberculose et au paludisme, l’accent étant mis sur des produits, des services et des stratégies de proximité qui concernent directement le diagnostic et le traitement. Le fonds se concentrera également sur le renforcement des systèmes de santé publics et privés, sur les solutions aux vulnérabilités sous-jacentes qui influencent les taux d’infection, ainsi que sur la recherche, le développement et l’étude d’impact de nouvelles solutions.

Chaque année, en Inde, on compterait jusqu’à 1000 décès dus au paludisme, la majorité d’entre eux concernant des enfants. La tuberculose, une maladie étroitement liées à la pauvreté qui se propage rapidement dans les lieux surpeuplés où les infrastructures sanitaires sont déficientes, comme les bidonvilles, tue 250 000 personnes dans le pays chaque année et, selon les estimations, 2,2 millions de personnes développeraient la maladie. L’Inde est l’un des plus importants viviers de tuberculose multirésistante, ce qui rend le traitement d’autant plus difficile et onéreux et fait peser une menace de plus en plus forte sur les pays limitrophes. Ces deux maladies, qu’il est possible de prévenir et de traiter, mettent à rude épreuve les systèmes de soins de santé d’Inde et referment sur des millions d’Indiens le piège d’une pauvreté à longue échéance. Les enfants ne vont pas à l’école du fait de crises de paludisme à répétition. Les parents tuberculeux ne peuvent pas travailler, privant leurs familles d’un revenu plus que nécessaire. Si nous voulons en finir avec les épidémies de tuberculose et de paludisme, l’Inde doit être au cœur de notre combat.

Le Fonds indien pour la santé est unique en son genre, et l’on s’attend à ce qu’il donnent à d’autres pays l’idée de lui emboîter le pas, ce qui constituerait une étape majeure dans la lutte menée contre les pires maladies de notre époque, mais également vers l’appui aux pays pour mettre en place des systèmes résistants et pérennes pour la santé. Nous sommes fiers de nous associer à Tata Trusts pour, ensemble, construire une nouvelle plateforme mobilisatrice et philanthropique et tirer parti de l’excellence du secteur privé dans le but d’en finir avec la tuberculose et le paludisme en Inde.

En unissant un nombre toujours plus élevé d’intervenants en faveur de ce combat, nous encourageons à transformer les choses pour obtenir des résultats concrets en matière de santé, et nous y contribuons. Alors que dans bien des régions du monde, l’agitation croît au rythme des changements économiques et sociaux, nous avons le choix entre céder à la peur, regarder en arrière et nous tourner sur nous-mêmes ou, au contraire, utiliser à bon escient toute la puissance de l’esprit humain pour engager un changement positif en regardant vers l’avenir et en nous ouvrant aux autres. En travaillant ensemble en tant que personnes, communautés et nations liées entre elles, nous sommes capables de régler des problèmes en apparence insolubles, y compris mettre fin à des épidémies mortelles.

Ce n’est qu’en travaillant en partenariat et en encourageant l’innovation et l’efficacité des programmes que nous pourrons atteindre l’objectif d’en finir avec les épidémies. Nous saluons le travail accompli dans le cadre de cette initiative privée en vue de mobiliser des ressources financières et des compétence dans le but, à terme, de promouvoir la solidarité mondiale et de débarrasser le monde du sida, de la tuberculose et du paludisme.