Journée mondiale de lutte contre le paludisme 2017 – Le début de la fin

dans Opinions le 24 avril 2017

Ambitieux ? Certainement.

Audacieux ? Probablement.

Réalisable ? Oui.

Tout est dit avec le thème de cette Journée mondiale de lutte contre le paludisme : en finir pour de bon avec le paludisme. Il est possible de prévenir le paludisme et de le guérir et nous devons nous engager dès aujourd’hui afin que personne ne meure faute d’une moustiquaire à 3 dollars US ou d’un traitement de trois jours.

Jamais autant de pays n’ont été si près d’en finir avec le paludisme. Au Cambodge, où plane la menace de la pharmacorésistance, il n’y a eu qu’un seul décès dû au paludisme en 2016. À travers l’Afrique subsaharienne, où la maladie prélève son plus lourd tribut, plus de la moitié de la population à risque a dormi sous une moustiquaire imprégnée en 2015. Le Sri Lanka, quant à lui, a réussi à éradiquer la maladie en 2016, redonnant ainsi espoir aux pays tropicaux. Le Paraguay et l’Algérie sont sur le point d’y parvenir. L’Organisation mondiale de la Santé a désigné 21 pays sous l’appellation E-2020, c’est-à-dire ceux qui sont susceptibles d’éliminer le paludisme d’ici la fin de la décennie.

Bien plus qu’une occasion, l’élimination est aujourd’hui un impératif. La hausse de la pharmacorésistance nous contraint à agir dans l’urgence. « Le Cambodge est l’épicentre de la multirésistance, la forme de paludisme la plus dangereuse », déclare M. Naeem Durrani, coordonnateur de programme pour l’UNOPS, qui gère au Cambodge la subvention du Fonds mondial au titre de l’Initiative régionale contre la résistance à l’artémisinine (RAI) . « Nous ne pouvons pas nous permettre d’être les témoins de sa propagation, ce qui rendrait le combat mené contre le paludisme absolument impossible. »

Le progrès de la lutte contre le paludisme est une réussite en termes de santé internationale, mais tout répit avant la ligne d’arrivée pourrait déclencher une pharmacorésistance mondiale et instaurer une menace majeure pour la sécurité sanitaire dans le monde entier, même dans les régions où le paludisme ne sévit pas actuellement. Les coûts économiques et humains pourraient être énormes.

Notre reportage au Cambodge vous invite à un voyage aux confins de l’élimination du paludisme.