Depuis Davos, la puissance des partenariats public/privé

Par Christoph Benn, Directeur des relations extérieures du Fonds mondial

dans Opinions le 26 janvier 2018

La puissance des partenariats public/privé – l’essence même du Fonds mondial – était à l’honneur cette semaine à la réunion annuelle du Forum économique mondial, à Davos. Trois entreprises privées comptant parmi les leaders mondiaux de leur domaine – Lombard Odier, Heineken et Unilever – ont annoncé des accords de partenariat avec le Fonds mondial à l’appui d’un objectif commun : améliorer la santé publique et en finir avec les épidémies de VIH, de tuberculose et de paludisme. Ces partenariats illustrent de surcroît le rôle central qui revient au secteur privé dans la promotion de la santé mondiale pour protéger les populations contre les maladies infectieuses et enrayer les nouvelles menaces qui pèsent sur la santé.

Les sociétés privées disposent d’un large éventail de compétences et de capacités susceptibles de renforcer l’action du secteur public en matière de lutte contre les maladies. Cela va de la gestion des données et de la logistique de la chaîne d’approvisionnement aux campagnes de sensibilisation en passant par la mise en place de services technologiques et financiers novateurs. Du reste, ce n’est pas exclusivement l’idée de « faire le bien » qui motive de plus en plus les investisseurs privés à s’intéresser aux interventions dans la santé. En effet, les entreprises comprennent chaque jour davantage que régler des problèmes de santé urgents, comme ceux que posent les maladies infectieuses, va de pair avec des résultats financiers solides. Il est prouvé qu’investir dans la santé dans les pays à faible revenu et à revenu intermédiaire stimule la croissance économique et renforce la stabilité et la prospérité des communautés et des consommateurs.

Lombard Odier et le Fonds mondial ont annoncé aujourd’hui la conclusion d’un partenariat stratégique visant à ouvrir au secteur privé de nouvelles possibilités de contribuer à l’action du Fonds mondial, tout en tenant compte du besoin qu’ont les investisseurs d’atteindre leurs objectifs financiers. À titre d’exemple, ce partenariat étudiera les structures qui permettent aux investisseurs de céder une part des bénéfices qu’ils obtiennent grâce à leurs investissements en capitaux. Comme le faisait remarquer Patrick Odier, Associé-gérant du Groupe Lombard Odier : « Les investisseurs n’ont plus à choisir entre bien faire et faire le bien. Il devient plus facile de concilier ces deux objectifs. »

Dans le même ordre d’idées, le Fonds mondial et Heineken ont conclu un partenariat pour combattre les maladies infectieuses en Afrique. Dans le cadre de cette association, Heineken mettra à disposition ses compétences en matière de logistique et de communication pour aider le Fonds mondial à mieux atteindre certaines populations spécifiques qui sont davantage exposées au risque de VIH, de tuberculose et de paludisme. Heineken enverra ses spécialistes en chaîne d’approvisionnement faire équipe avec les logisticiens du Fonds mondial afin de mettre en commun leurs compétences en matière de prévision de la demande et de contrôle de la qualité en cours d’expédition. À l’échelon local, Heineken appuiera les efforts déployés dans les pays d’Afrique où la société est implantée afin d’améliorer l’efficacité de la distribution capillaire, qui vise à faire en sorte que les établissements de soins de santé et les patients des zones reculées puissent obtenir les bons produits.

Ce fut aussi un très grand plaisir pour nous d’annoncer qu’Unilever et le Fonds mondial avaient unis leurs forces en vue d’améliorer l’efficacité des programmes de santé, de réduire le nombre d’infections et de sauver des vies en luttant contre le VIH et le paludisme dans des régions clés d’Afrique, comme l’Afrique du Sud et le Nigeria, et d’Asie, notamment l’Inde et le Bangladesh. Ce partenariat appuiera l’action menée dans les domaines suivants : programmes de prévention du VIH qui se concentrent sur les adolescentes et les jeunes femmes ; programmes de prise en charge des cas de paludisme, en particulier pour les enfants de moins de cinq ans, axés sur l’eau, l’assainissement et l’hygiène ; initiatives de consolidation de la chaîne d’approvisionnement dans le but de mettre en place une capacité à l’échelle du pays et des réseaux de distribution plus efficaces ; et conception de programmes davantage axés sur le patient. Unilever et le Fonds mondial sont convenus d’investir chacun cinq millions de dollars US à l’appui de ces activités au cours des trois prochaines années.

Le partenariat public/privé est inscrit depuis toujours dans l’ADN du Fonds mondial. L’expérience nous montre que nous n’agissons jamais mieux que quand des entreprises collaborent avec des gouvernements, des organisations internationales, de bailleurs de fonds et des organismes caritatifs pour étendre la portée des programmes et leur garantir un impact plus marqué. Par la collaboration, il est possible de tirer parti des ressources de chacun des partenaires afin de promouvoir la santé et le bien-être des populations desservies. Les partenariats public/privé nous ont permis réaliser des avancées sans précédents au cours des 15 dernières années, en soutenant des programmes qui ont sauvé plus de 22 millions de vies, tout en construisant des communautés en meilleure santé et des économies plus solides.

Investir dans la santé mondiale est une façon très efficace au regard des coûts de renforcer la sécurité et la stabilité et de protéger les populations du monde entier contre les maladies infectieuses et les nouvelles menaces qui pèsent sur la santé. Comme nous avons pu le voir cette semaine à Davos, le monde de l’entreprise répond présent à l’appel urgent à renouveler notre engagement et à poursuivre notre action collective pour mettre en place des systèmes résistants et pérennes pour la santé. Nous avons l’espoir de voir de nombreux autres partenaires s’associer au Fonds mondial pour libérer le monde des fardeaux du VIH, de la tuberculose et du paludisme.