The Global Fund / Yousuf Tushar

Shahina : le don de la santé aux réfugiés rohingyas

21 septembre 2018

« J’adore aider les gens. »

« Je passe de maison en maison pour rendre visite aux réfugiés et m’assurer qu’ils sont en bonne santé. Certains jours, il fait très chaud dans les camps ; d’autres, au contraire, il pleut beaucoup. C’est pour cela que j’ai toujours un parapluie avec moi. Parfois, je dois grimper jusqu’au sommet d’une colline pour arriver à une maison, mais peu importe. J’apprends à bien connaître les gens. J’ai vu des enfants grandir, d’autres être soignés et jouer, j’ai vu des femmes tomber enceintes. Quand j’arrive chez eux, ils m’appellent par mon nom : "Shahina… Shahina". »

« Je vois une quarantaine de maisons par jour. »

« J’ai reçu une formation pour dépister la tuberculose et le paludisme chez les patients. Je cherche aussi d’autres maladies, comme la pneumonie, la diarrhée ou la diphtérie. Je prends mon registre avec moi, j’y note la date et je demande à tous les membres du ménage si quelqu’un a de la fièvre ou tousse depuis plusieurs jours. Je demande aussi s’il y a des femmes enceintes dans la maison. Je leur dit de venir au centre de santé, où nous avons des médecins et des médicaments. Si je soupçonne un cas de paludisme, je fais un test de diagnostic rapide ou je prends un échantillon sanguin que j’amène ensuite au laboratoire d’analyse microscopique. En cas de suspicion de tuberculose, je leur amène des pots à prélèvement d’expectoration et je les amène au laboratoire. Si le diagnostic de tuberculose est confirmé pour une personne, on demande à un voisin ou au « majid » (la chef de la communauté) de s’assurer qu’elle prend ses médicaments tous les jours. »

« J’ai toujours voulu être infirmière. »

« J’ai trois sœurs et un frère. Mon rêve serait d’aller dans une école d’infirmerie et, un jour, de devenir infirmière. Je tire une grande satisfaction de l’aide que j’apporte aux gens et de les voir recouvrer la santé. Quand je serai infirmière, je veux continuer à aider les réfugiés rohingyas. Ils sont sans défense et ont fait un long chemin. Ils sont désespérés. Il leur faut de l’aide et ils ont des besoins qui leur sont propres. Je comprends leur dialecte et je connais leurs traditions. »