Pour les ministres de la Santé, il est temps que la communauté internationale accélère le mouvement

dans Opinions le 23 mai 2019

Réunis à l’occasion de l’Assemblée mondiale de la Santé, les ministres de la Santé ont appelé à une forte reconstitution des ressources du Fonds mondial pour mettre fin aux épidémies de VIH, de tuberculose et de paludisme. À quelques mois de la sixième Conférence de reconstitution des ressources du Fonds mondial en octobre, nous nous sommes entretenus avec des partenaires d’Europe de l’Est, d’Afrique, d’Amérique latine et d’Asie du Sud-Est, qui se rallient à un appel commun : il est temps d’accélérer le mouvement. Le Fonds mondial cherche à réunir au moins 14 milliards de dollars US pour progresser à grands pas vers la réalisation de l’objectif de développement durable n°3 des Nations Unies : santé et bien-être pour tous.

« J’en appelle à la communauté internationale afin qu’elle soutienne une forte reconstitution des ressources du Fonds mondial. Grâce à ce qu’elle a déjà apporté au Fonds mondial, l’impact sur le VIH, la tuberculose et le paludisme a été considérable.

Renforcer les investissements nous rapprochera de la fin de ces épidémies d’ici 2030, car cela nous permettra de mettre à l’échelle diverses interventions critiques. Parmi les domaines qui nécessitent davantage d’investissements, on peut citer : la pulvérisation intradomiciliaire à effet rémanent pour prévenir le paludisme, la recherche d’un plus grand nombre de personnes manquantes atteintes de tuberculose, l’amélioration quantitative et qualitative des outils de diagnostic de la tuberculose, l’offre de services à davantage de populations-clés touchées par le VIH et la collaboration transfrontalière dans ces trois maladies. »

« Dès lors qu’il s’agit de santé publique, nous ne pouvons pas travailler seuls. Les gouvernements, le secteur privé, les communautés et les partenariats comme le Fonds mondial doivent agir ensemble pour atteindre l’objectif de mettre fin aux épidémies. En Indonésie, le Fonds mondial a renforcé les capacités de notre personnel de santé aux niveaux national, infranational et des districts. Cependant, nous devons continuer à mobiliser des ressources et redoubler d’efforts pour lutter contre des maladies comme le paludisme, qui génère de grandes difficultés en Indonésie du fait de sa disposition géographique complexe. Le coût de la santé étant très élevé, le partenariat avec le secteur privé est capital. Nous devons œuvrer ensemble, et avec la population, pour trouver des solutions. »

La pleine reconstitution du Fonds Mondial est vitale. Pour le Tchad, pour le Sahel, et pour toute l’Afrique. Il s’agit de sauver des vies. Dans ce contexte, les pays maîtres d'œuvre doivent prendre leurs responsabilités, en améliorant leur gestion et en assurant une transparence totale dans l’utilisation des fonds. Nous devons aussi participer à l’effort de financement aux côtés des pays donateurs et des organisations internationales. Le Tchad l’a fait en augmentant son budget santé de 12% en 2018-2019, et ce en dépit de la crise financière, des 700 000 réfugiés que nous avons accueillis et de notre lutte contre Boko Haram. Aujourd’hui, le Tchad a besoin de l’accompagnement de la communauté internationale, mais demain nous voulons être autonomes et apporter nous-mêmes les soins au plus près de nos populations. Cela ne sera possible qu’en créant des systèmes de santé résilients et pérennes.

« En dépit du conflit qu’a connu notre pays, le Fonds mondial a toujours maintenu son soutien, permettant aux patients de bénéficier de soins de façon continue. Aujourd’hui, le défi sécuritaire demeure, car la paix est précaire, et nous devons également rester en alerte face à l’épidémie d’Ebola qui sévit à nos frontières. Pour autant, nous tenons le cap : près du tiers des personnes infectées par le VIH et près de la moitié des personnes atteintes de tuberculose bénéficient aujourd’hui d’un traitement en Centrafrique. Mais face aux épidémies, nous sommes dans une logique d’élimination, nous devons donc encore accentuer nos efforts. La reconstitution pleine et entière du Fonds mondial en octobre prochain sera nécessaire pour tenir notre engagement : ne laisser personne sur le bord de la route. Pour nous, c’est une obligation éthique”.

« Il est extrêmement important d’assurer une forte reconstitution des ressources pour le Fonds mondial. Le partenariat avec le Fonds mondial n’est pas qu’une question de soutien financier et budgétaire, mais aussi de mise en commun de compétences techniques et de politiques qui permettent aux pays de faire face à différentes difficultés en matière de santé. Ainsi, en Géorgie, nous avons développé un programme pilote pour intégrer d’autres maladies comme l’hépatite C dans un cadre commun, avec des résultats très positifs en termes de couverture, de dépistage et d’amélioration des soins. La Géorgie a également élaboré un plan de transition qui tient compte du fait que le gouvernement assume de plus en plus de responsabilités en matière de financement de la santé. Nous considérons que c’est notre devoir au regard du formidable soutien que nous avons reçu du Fonds mondial – un soutien qu’il doit absolument continuer d’apporter aux pays. »

« Ensemble, nous avons gagné de nombreuses batailles, mais pas encore la guerre. La reconstitution des ressources du Fonds mondial est l’occasion de clamer haut et fort que nous croyons en cette planète et en cette cause – œuvrer ensemble à mettre fin au VIH, à la tuberculose et au paludisme. Dans le cas de l’Équateur, les investissements du Fonds mondial ont été comme une graine qui a germé et porté de nombreux fruits. Les moyens qu’il a apportés ont renforcé nos systèmes de santé et ont contribué à les pérenniser. Nous devons veiller à ce qu’il y ait des ressources financières suffisantes pour maintenir ces progrès à travers le monde, faute de quoi nous ferons marche arrière. Je crois en la solidarité humaine. Quand les êtres humains voient un frère dans le besoin, ils réagissent. Nous l’avons constaté dans mon pays avec l’afflux de migrants en provenance du Venezuela qui ont continué à recevoir des soins de santé et des traitements contre le VIH. La reconstitution des ressources du Fonds mondial n’est pas seulement une question d’engagements financiers, mais aussi de solidarité et de générosité de la part du monde entier. »

« Le Botswana a fait d’énormes progrès dans la lutte contre les principales maladies transmissibles, à savoir le VIH, la tuberculose et le paludisme. Pour y parvenir, nous avons reçu l’appui de partenaires locaux et internationaux comme le Fonds mondial. Il est très important que ce partenariat se poursuive. Au fur et à mesure que nous engageons une plus grande part de notre financement intérieur, nous devrions également aider nos partenaires internationaux à recueillir des fonds pour soutenir ces efforts. Une augmentation des investissements dans le Fonds mondial nous aidera à investir dans les systèmes de santé : renforcer les compétences des ressources humaines pour la santé et améliorer la gestion de notre chaîne d’approvisionnement. Nous devons acheter plus de d’outils de diagnostics pour les centres de santé. Nous devons également mettre davantage l’accent sur les droits humains et l’égalité de genre. Nous devons soutenir les groupes vulnérables comme les adolescentes et les jeunes femmes, qui sont souvent les plus touchées par les maladies. »