À elles seules, les promesses ne sauveront pas nos vies

dans Opinions le 30 octobre 2019

À la sixième Conférence de reconstitution des ressources du Fonds mondial qui s’est tenue en octobre à Lyon, en France, des représentants des populations jeunes touchées par le VIH, la tuberculose et le paludisme ont rédigé la réponse suivante à la lettre ouverte aux enfants de sept ans.

« À elles seules, les promesses ne sauveront pas nos vies …

Depuis la création du partenariat du Fonds mondial en 2002, nous avons pu sauver plus de 32 millions de vies, notamment celles d’enfants, d’adolescents et de jeunes qui vivent avec le VIH, la tuberculose et le paludisme ou sont touchés par ces maladies. Ce que nous sommes parvenus à faire en tant que partenariat véritablement mondial ne l’avait jamais été auparavant.

Pourtant, la marge de progrès est gigantesque. Un enfant meurt du paludisme toutes les deux minutes. En 2017, 230 000 enfants sont morts de la tuberculose ou d’une co-infection tuberculose/VIH. Si les tendances actuelles se maintiennent, 80 adolescents mourront du sida chaque jour en 2030. Nous pouvons et nous devons y mettre un terme, parce que chaque vie est bien trop précieuse pour être perdue.

La lettre ouverte aux enfants de sept ans du monde entier promet un monde libéré du sida, de la tuberculose et du paludisme d’ici 2030, un objectif mondial que chacune et chacun d’entre nous aspire à atteindre – non seulement pour nous, mais aussi pour les générations futures. Or, des promesses ambitieuses appellent des actes ambitieux. Mener ce combat ne pourra pas se faire sans les enfants, les adolescents et les jeunes. Nous devons être en première ligne, tout à la fois chefs de file et partenaires, pour construire l’avenir que nous voulons revendiquer.

À mesure que le monde avance vers la couverture sanitaire universelle et que les pays prennent davantage leur destin en main, nous avons besoin de voir les programmes du Fonds mondial mis en œuvre de façon judicieuse et efficace, au profit des communautés touchées. Nous en appelons au partenariat du Fonds mondial pour qu’il garantisse que chaque dollar récolté aura l’impact le plus marqué possible et pour qu’il se concentre sur les plus marginalisés. Nous, les jeunes, voulons être parties prenantes aux procédures du Fonds mondial afin d’en garantir la transparence et l’obligation de rendre des comptes. Il faut pouvoir prouver que les promesses sont tenues.

Les lois et politiques conservatrices, le rejet social et la discrimination, les violences et les inégalités fondées sur le genre continuent de mettre en péril la vie d’enfants, d’adolescents et de jeunes. Nous en appelons au partenariat du Fonds mondial afin qu’il étende les évaluations en matière de droits humains à tous les pays en tenant compte des difficultés juridiques et politiques auxquelles se heurtent les jeunes. Nous voulons les résultats de ces évaluations servent à sauver des vies.

Les chiffres cités ci-dessus ne sont pas simplement des chiffres. Ce sont des enfants, des adolescents et des jeunes. Nous sommes des survivants de la tuberculose, touchés par la tuberculose. Nous sommes des jeunes vivant avec le VIH. Nous sommes des jeunes touchés par le paludisme. Nous ne sommes pas simplement des statistiques. Nous sommes des jeunes. Nous sommes ici et nous faisons partie de la réponse.

Nous avons entendu votre promesse aux enfants de sept ans du monde entier. Mais, à elles seules, les promesses ne sauveront pas nos vies. Nous devons donner plus. »

Signé,

Jeff Acaba, Philippines
Amanda Dushime, Burundi
Zeinabou Idé, Niger
Olya Klymenko, Ukraine
Joyce Amondi Ouma, Kenya
Niluka Perera, Sri Lanka
Phumeza Tisile, Afrique du Sud
Saw Winn Tun, Myanmar