La riposte remarquable de l’Ouganda au COVID-19

23 mars 2021

Lorsqu’une tempête s’abat, il vaut mieux que les fondations de votre maison soient solides.

Au cours des vingt dernières années, le Fonds mondial a investi dans le renforcement des systèmes de santé, parce que sans fondations solides, on ne peut pas en finir avec les maladies.

Il y a un an, en mars 2020, l’Ouganda faisait état de ses premiers cas de COVID-19. Alors que les actualités sur la pandémie faisaient le tour du monde, le COVID-19 s’apparentait plutôt à un ouragan qu’à un simple orage. Mais les infrastructures sanitaires ougandaises dans lesquelles on a investi au fil des années étaient déjà bien en place. Ce pays de plus de 44 millions d’habitants a enregistré des nombres relativement bas de cas de COVID-19 : 40 593 cas de COVID-19 et 334 décès depuis le début de la pandémie, en 2020. Compte tenu de la situation désespérée dans de nombreux pays et du fait que le virus a déjà tué plus de 2,6 millions de personnes dans le monde entier, l’Ouganda a su lutter très efficacement contre le COVID-19.

L’Ouganda a réalisé ce tour de force en déployant rapidement des ripostes communautaires et des systèmes de santé élaborés pour lutter contre d’autres maladies infectieuses, y compris le VIH, la tuberculose et le paludisme. Un réseau solide de laboratoires et de systèmes de surveillance ainsi que des ressources humaines bien formées – dont plus de 150 épidémiologistes de terrain formés, répartis à travers tout le pays – ont permis le déploiement fructueux du dépistage, qui est la première ligne de défense contre le COVID-19.

Le dépistage du COVID-19 est effectué au moyen de tests antigéniques de dépistage rapide et de tests PCR (par réaction de polymérisation en chaîne), devant être réalisés en laboratoire. Heureusement, l’Ouganda était bien préparé pour répondre à ces besoins. « Nous disposons de laboratoires solides bâtis au fil des ans avec le soutien de nos partenaires », explique la ministre de la Santé de l’Ouganda, Dre Jane Ruth Aceng. Ces partenariats, y compris avec le Fonds mondial, ont été essentiels à la riposte au COVID-19. Grâce à l’appui de partenaires et aux investissements du Fonds mondial au fil des années, l’Ouganda a bâti de bons systèmes de laboratoire avec un réseau de pôles qui couvrent plus de 97 % du pays. De plus, le pays dispose d’une solide capacité de dépistage centralisée, notamment grâce au laboratoire central de santé publique, à l’Institut ougandais de recherche sur les virus (Uganda Virus Research Institute) et au Laboratoire supranational de référence du pays, accrédité par l’Organisation mondiale de la Santé.

Le Fonds mondial a soutenu rapidement et de manière significative la riposte nationale à l’épidémie de COVID-19 en Ouganda, en décaissant 51 935 105 dollars US de fonds supplémentaires pour leur riposte au COVID-19 et en soutenant le pays pour qu’il utilise les 10 510 356 dollars US d’économies réalisées au titre des subventions en cours. Le Fonds mondial a permis à des pays comme l’Ouganda d’utiliser les économies réalisées au titre des subventions ainsi que la reprogrammation afin d’adapter rapidement les programmes existants de lutte contre le VIH, la tuberculose et le paludisme, de se procurer des équipements de protection individuelle pour les agents de santé de première ligne ainsi que des fournitures de diagnostic et médicales, et de déployer des campagnes de prévention. Grâce à cette intervention, le ministère de la Santé de l’Ouganda a été en mesure d’accélérer rapidement la lutte contre le COVID-19 et de commander des tests de diagnostic fournis par le Fonds mondial. « L’Ouganda a établi de solides partenariats au fil des ans, notamment avec le Fonds mondial, et vous êtes venus soutenir la riposte dans le pays précisément au bon moment », explique la Dre Aceng.

Lorsque le COVID-19 nous a frappés, le ministère de la Santé de l’Ouganda a réagi rapidement en mettant en place une équipe de riposte nationale, dont un comité qui était chargé d’uniformiser la coordination des laboratoires et la gestion des efforts de riposte au COVID-19.

Un scientifique examine des échantillons au Laboratoire national de référence pour la tuberculose, à Kampala, en Ouganda.
Photo: The Global Fund / Jiro Ose

À ce jour, le Fonds mondial a fourni 283 000 tests PCR et 338 000 tests antigéniques de dépistage rapide à l’Ouganda. Faisant face à la propagation rapide du virus, le ministère de la Santé du pays a entrepris la décentralisation du dépistage en laboratoire pour répondre aux besoins de dépistage à travers le pays, tout en garantissant la fourniture continue des autres services de santé essentiels. Ce geste était primordial pour garantir aux communautés ougandaises l'accès aux services de prévention et de diagnostic. Trois laboratoires de dépistage du COVID-19 ont également été créés à des endroits cruciaux le long de la frontière avec la Tanzanie, le Kenya et le Soudan du Sud, pour raccourcir le temps de traitement et améliorer la surveillance du virus au niveau transfrontalier. En décentralisant ces services de laboratoire, cela a permis une plus grande couverture du dépistage à travers l’Ouganda et plus de personnes ont donc pu avoir accès aux tests.

En utilisant et en mettant à profit les systèmes de santé existants et les infrastructures de dépistage en place, l’Ouganda a pu améliorer l’accès au dépistage du COVID-19. Par exemple, le système de transport des échantillons en place pour les autres maladies est désormais aussi utilisé pour les échantillons de COVID-19. Les systèmes de dépistage en place pour la tuberculose, comme les systèmes GeneXpert, peuvent détecter le COVID-19. Les établissements de santé font alors ce que l’on appelle le multiplexage – le dépistage de plusieurs pathologies grâce à une procédure de dépistage moléculaire unique. Le système de gestion des données existant est également utilisé pour rendre compte des cas de COVID-19 et suivre l’évolution du dépistage.

Cependant, la lutte est loin d’être terminée. « Nous sommes préoccupés par la possibilité d’une deuxième vague, explique la Dre Aceng. Pour nous préparer, nous aurons besoin d’équipements de protection individuelle en plus grand nombre, parce que les évènements dans d’autres pays ont montré que la deuxième vague était généralement plus agressive que la première. Nous avons besoin de kits de test facilement accessibles, disponibles non seulement au centre mais aussi dans toutes les régions du pays. »