Les systèmes et réponses communautaires

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Les communautés jouent un rôle central dans le renforcement des ripostes au VIH, à la tuberculose et au paludisme. Elles vont au-devant des personnes, y compris celles qui sont laissées pour compte, marginalisées ou criminalisées, les éduquent et nouent des liens entre elles et les services tout au long de la chaîne de prévention et de traitement. L’appui aux systèmes et aux ripostes communautaires est au cœur de la mission du Fonds mondial qui vise à en finir plus rapidement avec les épidémies de VIH, de tuberculose et de paludisme. Cependant, nous pouvons en faire davantage. Le Fonds mondial investit dans les efforts déployés pour garantir l’alignement des systèmes et des ripostes communautaires sur les systèmes de santé officiels de manière à obtenir l’impact le plus marqué possible et à mettre en place des systèmes résistants et pérennes pour la santé.

Le rôle des communautés

Les communautés ne se contentent pas d’utiliser les services. Elles apportent une expérience, des compétences et un rôle moteur précieux pour la gouvernance, la mise en œuvre et le suivi stratégique des programmes soutenus par le Fonds mondial. Les communautés élargissent la portée des services et le recours qui y est fait bien au-delàs des établissements de santé officiels et donnent aux personnes les moyens de plaider en faveur de leurs droits tout en amenant les autorités publiques à rendre des comptes. Les organisations et réseaux communautaires ont un rôle indispensable à jouer en améliorant l’accès équitable à des services de qualité et en apportant une contribution à des soins de santé globaux. Les ripostes communautaires sont variées et dynamiques et collent parfaitement à chaque situation. Elles seules ont la capacité de :

  • recenser les besoins et les préoccupations des individus et y répondre rapidement
  • atteindre les personnes et les mobiliser – y compris les plus vulnérables et les personnes touchées par le VIH, la tuberculose et le paludisme
  • gérer, fournir et mettre à l’échelle de manière efficace des services de traitement, de prise en charge et de soutien
  • contrôler l’accès à des services adaptés et garantir la qualité des programmes
  • plaider en faveur d’un environnement et d’une programmation propices à une levée des obstacles à l’accès aux services qui soient liés aux droits humains et aux questions de genre

Sensibiliser la communauté à la tuberculose

Lach Sam, une bénévole dans le domaine de la santé, prend part à un cours de remise à niveau sur la tuberculose dans un centre de santé local à Samrong, au Cambodge. Le fait d’être elle-même atteinte de la tuberculose ne l’a pas empêchée de continuer à traiter les autres membres de sa communauté. Elle s’efforce également d’identifier de nouveaux cas suspects et organise des réunions afin de sensibiliser les villageois à la maladie et à la manière de la prévenir.

Investir dans les systèmes et les ripostes communautaires

Les pays qui soumettent des demandes de financement au Fonds mondial sont encouragés à décrire de quelle manière les organisations à assise communautaire participeront aux programmes. Dans ce contexte, leur participation doit porter à la fois sur la prestation de services et le suivi de la qualité et de l’exécution des services offerts. Dès lors que cela est possible, le Fonds mondial a pour but d’ouvrir de nouvelles possibilités d’appui aux organisations à assise communautaire. Il s’agit notamment de permettre aux maîtres d’œuvre de ses subventions de financer de petits organismes ou collectifs non déclarés qui offrent des services aux populations-clés et aux autres groupes marginalisés.

Les pays ont la possibilité de solliciter des financements pour le renforcement des systèmes communautaires depuis 2007. Dans sa stratégie 2017/2022, le Fonds mondial opère un recentrage sur le renforcement des systèmes et des ripostes communautaires dans le cadre des financements ciblant une maladie en particulier ou des modules consacrés aux systèmes résistants et pérennes pour la santé. Les candidats à des financements du Fonds mondial doivent fournir une évaluation des points forts et des points faibles des systèmes communautaires qui soutiennent des ripostes spécifiques à l’échelle des communautés. Il leur faut également recenser les mesures permettant de corriger les points faibles repérés. Par ailleurs, les candidats sont encouragés à allouer des fonds à des initiatives telles que :

  • le contrôle au niveau des communautés pour améliorer l’accessibilité, la réactivité et la qualité des services
  • le plaidoyer mené par les communautés
  • la mobilisation sociale, le tissage de liens communautaires, la collaboration et la coordination entre les communautés et les autres acteurs du secteur de la santé
  • le renforcement des capacités institutionnelles, de la planification et du rôle de direction

Ces types d’investissements sont essentiels pour améliorer l’impact des programmes qui servent les populations clés, vulnérables et exclues. Donner aux communautés la possibilité de participer au contrôle et au plaidoyer les rend plus à même d’établir des liens avec les prestataires de services et les décideurs pour exprimer leurs besoins et veiller à ce que les services et les activités soient conçus et fournis comme il se doit.

Le théâtre : un puissant outil de prévention du VIH

Vanessa (à gauche) et Alex, deux acteurs, jouent dans une pièce racontant l’histoire d’une jeune fille qui voit un ami proche mourir à cause du VIH. Chez les populations garifuna qui vivent au Honduras, des pièces de ce genre constituent un moyen populaire et efficace de véhiculer les messages sur des sujets sensibles comme le VIH et, souvent, elles débouchent sur des discussions animées. « Le public est très ouvert », indique Vanessa. « Je sens vraiment un changement chez les jeunes ».

Appui aux systèmes et aux ripostes communautaires

Par la façon dont il aborde les systèmes et les ripostes communautaires, le Fonds mondial prend acte de la complexité des interactions qui unissent les communautés et le secteur officiel de la santé. Il admet également que les systèmes et les ripostes communautaires ne reçoivent ni la priorité, ni les moyens dont ils auraient besoin, et qu’il faut en faire davantage pour les intégrer aux plans nationaux de lutte contre les maladies et de santé communautaire en vue d’obtenir de meilleurs résultats dans la lutte contre le VIH, la tuberculose et le paludisme, tout en consolidant la sécurité sanitaire et en tirant parti des acquis plus larges obtenus en matière de santé.

Pour s’assurer que ses investissements renforcent les systèmes et les ripostes communautaires, le Fonds mondial consacre 15 millions de dollars US à des mesures visant à ce que les organisations de la société civile et communautaires participent de manière significative à ses procédures au cours de la période 2017/2019. Ces mesures concernent le dialogue au niveau du pays, l’élaboration des demandes de financement et l’établissement et la mise en œuvre des subventions. Ces fonds proviennent du Programme d’assistance technique en matière de réponses communautaires, de droits et de genre mis en place par le Fonds mondial.

Entraide entre voisins dans la lutte contre le paludisme

Dans le nord du Rwanda, Janvière, une agente de santé communautaire, rend visite au domicile de son voisin, M. Gashimba, afin de lui montrer comment utiliser une moustiquaire pour se protéger contre le paludisme. Janviere intervient dans le cadre d’une campagne de prévention et de traitement du paludisme mise sur pied par le gouvernement, même dans les zones rurales les plus reculées du pays. Élue par les autres habitants de son village, Janvière a suivi une formation dispensée dans le cadre d’un programme financé par le Fonds mondial. À travers des activités d’éducation à la prévention et d’autres interventions, elle s’efforce d’améliorer la santé des membres de sa communauté.

Publié 15 avril 2017