Financement national

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Afin d’accélérer la riposte aux maladies, le secteur du financement de la santé internationale doit relever un défi de taille, à savoir trouver de nouvelles manières de mobiliser des ressources suffisantes. De nombreux pays à faible revenu et à revenu intermédiaire assument une plus grande responsabilité en matière d’investissement dans la santé. Pour la première fois de l’histoire de la santé internationale, les ressources nationales mobilisées en Afrique dépassent les investissements étrangers pour le développement dans ce domaine. Dans un esprit de responsabilité partagée et de solidarité mondiale avec la communauté internationale, ces pays prennent les devants et investissent fortement dans les secteurs traditionnellement dominés par les investissements étrangers pour le développement.

Ainsi, avec le soutien de partenaires comme l’ONUSIDA, les pays africains ont augmenté de 150 pour cent les ressources nationales qu’ils affectent à la lutte contre le VIH au cours des quatre dernières années. L’augmentation des financements nationaux pour la santé est cruciale pour le projet d’élimination des épidémies de VIH, de tuberculose et de paludisme. Un renforcement de ces investissements est synonyme d’appropriation par les pays et constitue un moyen de parvenir à des programmes véritablement pérennes. Tout en cherchant à catalyser les investissements nationaux dans la santé, le partenariat du Fonds mondial soutient les innovations dans les pays qui ont pour effet d’accroître ces investissements.

Des partenariats entre UNITAID et l’Initiative Clinton pour l’accès à la santé mobilisent des mécanismes novateurs permettant un renforcement des investissements nationaux dans la santé. La démarche entrepreneuriale de l’Initiative Clinton en matière d’accès aux soins de santé et les mécanismes innovants de financement d’UNITAID ont mis l’accent sur la création de partenariats et la promotion d'investissements nationaux solides et de l’appropriation des programmes par les pays.

Le Fonds mondial a trouvé une manière efficace de stimuler les investissements nationaux dans la santé. Elle se fonde sur la conviction selon laquelle, pour transformer le quotidien de millions de personnes touchées par les maladies dans les pays à faible revenu et à revenu intermédiaire, il faudra des investissements nationaux considérablement plus importants dans la santé, tant publics que privés.

Niveau de revenu du pays Contribution gouvernementale (millions de $US)
2012-2014 2015-2017 Additionnel Hausse (%)
Faible 1.511 2.226 714 47%
Intermédiaire inférieur 3.300 5.943 2.642 80%
Intermédiaire haut tranche inférieure 1.195 1.684 489 41%
Intermédiaire tranche supérieure 2.761 3.463 702 25%
Total 8.768 13.316 4.548 52%

Le Fonds mondial met en œuvre des politiques de financement de contrepartie afin d’encourager les pays à accroître les financements nationaux consacrés à la lutte contre les trois maladies et au secteur de la santé. Le modèle actuel incite les ministères de la santé et des finances à augmenter les financements nationaux, ce qui leur permet d’accéder à un montant supplémentaire égal à 15 % de l’enveloppe qui leur est allouée. À ce jour, les pays concernés ont engagé un montant supplémentaire de 4,3 milliards de dollars pour financer leurs programmes de santé sur la période 2015/2017. En comparaison avec les dépenses engagées sur la période 2012/2014, cela représente une augmentation de 52 % des financements nationaux consacrés à la santé. En voici une ventilation par niveau de revenu des pays concernés :

Les pays qui mettent en œuvre le modèle de financement affirment que les exigences relatives au financement de contrepartie contribuent à libérer des ressources supplémentaires en faveur de la santé au niveau national. Lors d’une enquête menée auprès de 404 participants au dialogue au niveau des pays et à l’élaboration des notes conceptuelles pendant les cinq premières périodes d’examen du modèle de financement, 82 pour cent des personnes interrogées ont indiqué que le centrage plus marqué du Fonds mondial sur le financement de contrepartie a stimulé des engagements plus importants de la part des pouvoirs publics de leur pays.

Dans le cadre du modèle de financement, les pouvoirs publics de plusieurs pays vont réaliser pour la première fois des co-investissements directs substantiels dans des programmes soutenus par le Fonds mondial. C’est une étape importante sur la voie de la pérennité à long terme des programmes.

Publié 15 novembre 2016