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Un récent rapport du Fonds mondial indique que le COVID 19 a gravement perturbé les soins de santé en Afrique et en Asie

13 avril 2021

GENÈVE – Un récent rapport du Fonds mondial de lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme révèle la manière dont le COVID-19 a, en 2020, considérablement perturbé les systèmes de santé et la prestation de services de santé dans le cadre de la lutte contre le VIH, la tuberculose et le paludisme dans les pays à revenu faible et intermédiaire d’Afrique et d’Asie. Le rapport met en lumière le besoin urgent de porter à grande échelle les mesures adaptatives mises en œuvre par les établissements de santé pour continuer à lutter contre le VIH, la tuberculose et le paludisme, intensifier la distribution de fournitures essentielles à la riposte au COVID-19 et empêcher que les systèmes de santé et les ripostes communautaires ne s’effondrent.

Grâce à des contrôles ponctuels des programmes, qui ont permis de recueillir des informations dans 502 établissements de santé de 32 pays d’Afrique et d’Asie entre avril et septembre 2020, le Fonds mondial a compilé un aperçu de l’ampleur des perturbations sur les services de santé liés au VIH, à la tuberculose et au paludisme – et de la façon dont les établissements de santé ont fait face à la situation.

« Cet aperçu montre l’ampleur du défi, a déclaré Peter Sands, directeur exécutif du Fonds mondial. La prévention du VIH s’est dégradée. Avec la chute spectaculaire de la gestion des cas de paludisme, nous sommes confrontés à un risque réel de pic de mortalité. Nous avions réalisé d’importantes avancées pour combler les lacunes dans l’identification des personnes tuberculeuses manquant à l’appel et nous faisons maintenant marche arrière. La dure réalité est que nous allons être témoins d’une augmentation progressive des décès liés au VIH, à la tuberculose et au paludisme en 2021 en raison des perturbations engendrées par le COVID-19 en 2020. »

Les données recueillies montrent que, durant la période d’avril à septembre 2020, en comparaison avec la même période de six mois en 2019 :

  • le dépistage du VIH a chuté de 41 % ;
  • l’orientation des cas de tuberculose – lorsque les patients suspectés d’avoir la tuberculose sont orientés vers les prochaines étapes de diagnostic et de traitement – a chuté de 59 % ;
  • les diagnostics du paludisme ont chuté de 31 % ;
  • le nombre de consultations prénatales a chuté de 43 %.

Les contrôles ponctuels ont également mis en lumière le manque alarmant de tests, de traitements et d’équipements de protection individuelle nécessaires à la lutte contre le COVID-19, en particulier en Afrique :

  • Seulement 45 % des établissements de santé disposaient d’équipements de protection individuelle de base en quantité suffisante pour leurs agents de santé, notamment les masques, le désinfectant, les gants et le désinfectant pour les mains.
  • Dans 24 pays d’Afrique que nous avons interrogés, seulement 11 % des établissements de santé pouvaient réaliser des tests antigéniques de diagnostic rapide du COVID-19, et seulement 8 % pouvaient réaliser des tests par réaction en chaîne à la polymérase (PCR).

Cependant, l’aperçu révèle également que les pays ayant mis en œuvre des mesures adaptatives pour contrer l’impact du COVID-19 sur la continuité des services de santé ont mieux réussi que ceux qui ne l’ont pas fait. Plus de deux tiers (68 %) des établissements sondés avaient adopté au moins une mesure adaptative, comme la distribution de médicaments pour une plus longue période aux patients séropositifs et tuberculeux, ou la distribution de moustiquaires et de médicaments de prévention du paludisme de foyer en foyer. Ces mesures adaptatives fructueuses mises en place pour faire face à la perturbation des services engendrée par le COVID-19 doivent être étudiées de plus près, intensifiées et adaptées aux contextes locaux.

Le Fonds mondial a déjà déployé près d’un milliard de dollars US pour lutter contre le COVID-19 et en atténuer l’impact sur le VIH, la tuberculose et le paludisme dans plus de 100 pays. Grâce à l’Accélérateur ACT, la collaboration mondiale visant à garantir la mise au point accélérée et le déploiement équitable des outils de lutte contre le COVID-19, le Fonds mondial est aujourd’hui le principal réseau subventionnaire qui offre un appui aux pays à revenu faible et intermédiaire pour le renforcement des systèmes de santé et la fourniture de tests, de traitements (y compris l’oxygène médical) et d’équipements de protection individuelle. Pour que le Fonds mondial s’acquitte de ses responsabilités envers l’Accélérateur ACT et gagne à nouveau le terrain perdu dans la lutte contre le VIH, la tuberculose et le paludisme, 10 milliards de dollars US supplémentaires sont nécessaires. À ce jour, en 2021, le Fonds mondial a rassemblé 3,7 milliards de dollars US.

« Dans la plupart des pays à revenu faible et intermédiaire, la crise est loin d’être terminée. Les infections et les décès causés par le COVID-19 continuent d’augmenter et les répercussions sur la lutte contre le VIH, la tuberculose et le paludisme continuent de s’aggraver, a déclaré Peter Sands, directeur exécutif du Fonds mondial. Pour regagner le terrain perdu sur les trois épidémies en 2020 et intensifier la lutte contre le COVID-19, nous devons porter à bien plus grande échelle les programmes d’adaptation, améliorer l’accès aux outils de lutte contre le COVID-19 et consolider les systèmes de santé afin qu’ils ne s’effondrent pas. »

  • Impact du COVID-19 sur les services de lutte contre le VIH, la tuberculose et le paludisme et les systèmes de santé : aperçu de la situation dans 502 établissements de santé en Afrique et en Asie
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