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Gavi, Unitaid et le Fonds mondial saluent la recommandation de l’OMS pour le premier vaccin antipaludique au monde

06 octobre 2021

  • La recommandation de l’OMS pour une utilisation plus étendue du vaccin antipaludique RTS,S se fonde en grande partie sur les données recueillies au cours du programme pilote de vaccination contre le paludisme, mené au Kenya, au Ghana et au Malawi
  • Gavi, l’Alliance du Vaccin, le Fonds mondial de lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme et l’agence de santé mondiale Unitaid ont engagé ensemble près de 70 millions de dollars US pour financer le programme pilote
  • Suivant la recommandation de l’OMS, les partenaires mondiaux, y compris Gavi, évalueront la possibilité et la façon de financer un nouveau programme de vaccination contre le paludisme

Genève – Gavi, l’Alliance du Vaccin, l’agence de santé mondiale Unitaid et le Fonds mondial de lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme saluent la recommandation de l’OMS pour une utilisation systématique plus étendue du vaccin antipaludique RTS,S. La recommandation se fonde sur les données recueillies au cours du programme de mise en œuvre du vaccin antipaludique, mené au Kenya, au Ghana et au Malawi pendant deux ans, ainsi que sur un essai clinique pour l’administration saisonnière du vaccin au Mali et au Burkina Faso, des pays qui ont connu une forte variation saisonnière de la transmission du paludisme.

Le programme pilote du RTS,S a obtenu et maintenu de bons niveaux de couverture, malgré la pandémie de COVID-19. En date de septembre 2021, plus de deux ans après le début des vaccinations, plus de 2,3 millions de doses RTS,S avaient été administrées dans trois pays et plus de 800 000 enfants avaient reçu au moins une dose du vaccin. Le programme pilote a permis d’évaluer la faisabilité de l’administration de quatre doses de RTS,S dans des conditions réelles. Le vaccin – largement soutenu par les soignants et les agents de santé ‒ a été incorporé avec succès aux programmes de vaccination existants. Les hospitalisations dues à des cas de paludisme grave ont été réduites de 30 %.

Un autre essai clinique mené par la London School of Hygiene & Tropical Medicine a évalué l’impact de l’administration saisonnière du vaccin antipaludique en même temps que la chimioprévention du paludisme saisonnier au Mali et au Burkina Faso, des pays qui connaissent une forte variation saisonnière de la transmission du paludisme. Les résultats indiquent une diminution de plus de 70 % des cas de paludisme grave chez les enfants, lorsque le vaccin a été administré en combinaison avec des antipaludéens à titre préventif.

« Ce jour marque une avancée historique dans notre lutte contre le paludisme, a déclaré M. Seth Berkley, directeur exécutif de Gavi, l’Alliance du Vaccin. Le paludisme continue de tuer plus de 250 000 enfants chaque année. Le vaccin est un outil supplémentaire important pour aider à contrôler cette maladie, associé à d'autres mesures telles que l’utilisation de moustiquaires – surtout lorsqu'il est administré de façon saisonnière en combinaison avec des antipaludéens. Je félicite les pays et les communautés qui ont participé au programme pilote afin de fournir ce nouvel outil essentiel aux pays africains. »

Les ministères de la Santé ont dirigé la mise en œuvre du vaccin, qui a été administré dans le cadre des programmes de vaccination réguliers, et l'OMS a joué un rôle de coordination, en collaboration avec GlaxsoSmithKline, PATH et l'UNICEF. Apres avoir investi près de 700 millions de dollars US pour l’élaboration du RTS,S, GSK a fait don de 10 millions de doses pour le programme pilote. Gavi, le Fonds mondial et Unitaid ont engagé ensemble près de 70 millions de dollars US pour financer le programme pilote, mené pour répondre à plusieurs questions en suspens liées à l'utilisation du vaccin en santé publique suite à la phase 3 de l’essai visant à démontrer l’efficacité du RTS,S.

« Nous saluons l’arrivée de ce nouvel outil dans la lutte contre le paludisme, a déclaré Peter Sands, directeur exécutif du Fonds mondial. Dans les pays où le Fonds mondial investit, les décès imputables au paludisme ont diminué de 45 % depuis 2002 grâce au dépistage, au traitement et aux outils de prévention, comme les moustiquaires. Au cours du programme pilote, le vaccin RTS,S était plus efficace lorsqu’il était associé à ces outils existants. Des ressources supplémentaires importantes seront nécessaires afin de permettre un déploiement à grande échelle du vaccin, combiné à d’autres innovations, et dans le cadre d’une riposte soutenue et intégrale dans les pays qui en ont le plus besoin. »

« Même avant que la pandémie de COVID-19 ne frappe, les avancées de la lutte contre le paludisme étaient au point mort, a déclaré M. Philippe Duneton, directeur exécutif d’Unitaid. Ce vaccin est un nouvel outil que nous accueillons avec enthousiasme. Lorsqu'il est utilisé en combinaison avec des mesures existantes comme les moustiquaires, il peut diminuer de façon importante les risques de contracter le paludisme, et étendre cette protection aux enfants d’un bout à l’autre de l'Afrique. La mise en œuvre du programme pilote a permis de démontrer comment nous pouvons protéger équitablement les enfants avec ce vaccin qui sauve des vies ; maintenant, nous devons assurer un approvisionnement adéquat et abordable pour vraiment relancer la lutte contre le paludisme. »

Les données recueillies dans le cadre du programme de mise en œuvre du vaccin antipaludique ont permis d'obtenir des taux d'efficacité similaires à ceux observés lors de la phase 3 de l'essai clinique mené de 2009 à 2014. L’essai a révélé que, chez les enfants âgés de 5 à 17 mois ayant reçu quatre doses de RTS,S, le vaccin a permis d'éviter environ 4 cas de paludisme sur 10 (39 %) sur une période de suivi de 4 ans et environ 3 cas de paludisme grave sur 10 (29 %). Des réductions importantes dans les admissions hospitalières générales ont également été observées, ainsi que dans les admissions dues au paludisme ou à l'anémie grave. De plus, le vaccin a réduit de 29 % le besoin de transfusions sanguines, nécessaires pour traiter l'anémie potentiellement mortelle causée par le paludisme.

Suivant la recommandation de l’OMS, les partenaires mondiaux, y compris Gavi, évalueront la possibilité et la façon de financer un nouveau programme de vaccination contre le paludisme en Afrique subsaharienne. En amont de cette décision importante, un accord de financement innovant entre Gavi, MedAccess et GSK garantit la production continue de l'antigène RTS,S pour le vaccin contre le paludisme. Ce partenariat vise à répondre aux problèmes d'approvisionnement en vaccins et à réduire les obstacles au déploiement initial dans le cas où le Conseil d'administration de Gavi prendrait une décision en faveur d'un programme de vaccination contre le paludisme soutenu par Gavi.

Le vaccin sera un outil complémentaire de lutte contre le paludisme qui s'ajoutera à l'ensemble des mesures de base recommandées par l'OMS pour la prévention du paludisme. Ces mesures comprennent l'utilisation systématique de moustiquaires imprégnées d'insecticide, la pulvérisation intradomiciliaire d'insecticide, les stratégies de chimioprévention du paludisme et le recours en temps opportun au dépistage et au traitement du paludisme.

À propos de Gavi, l’Alliance du Vaccin

Gavi, l'Alliance du Vaccin (Gavi), est un partenariat public-privé qui contribue à la vaccination de la moitié des enfants de la planète contre certaines des maladies les plus meurtrières. Depuis sa création en 2000, Gavi a aidé à vacciner une génération tout entière – soit plus de 888 millions d'enfants – et à prévenir à terme plus de 15 millions de décès, ce qui a permis de réduire de moitié la mortalité infantile dans 73 pays à faible revenu. Gavi joue également un rôle essentiel dans l'amélioration de la sécurité sanitaire mondiale en soutenant les systèmes de santé et en finançant les stocks mondiaux de vaccins contre la maladie à virus Ebola, le choléra, la méningite et la fièvre jaune. Après deux décennies de progrès, Gavi s'attache désormais à protéger la nouvelle génération et à atteindre les enfants qui ont été laissés de côté et échappent encore à la vaccination, en recourant à des mécanismes financiers innovants et en faisant appel aux technologies de pointe – allant de l’utilisation de drones à la biométrie – pour sauver des millions de vies supplémentaires, prévenir les épidémies avant qu'elles ne se propagent et aider les pays à atteindre l'autosuffisance. Pour en savoir plus, rendez-vous sur www.gavi.org.fr et venez nous rejoindre sur Facebook et Twitter.

Gavi co-coordonne COVAX, le pilier vaccins de l’Accélérateur d'accès aux outils de lutte contre la COVID-19 (Accélérateur ACT), avec la Coalition pour les innovations en matière de préparation aux épidémies (CEPI), et l'Organisation mondiale de la Santé (OMS). Dans ce rôle, Gavi est chargée de l’approvisionnement et de la distribution des vaccins pour COVAX : elle coordonne la conception, le fonctionnement et l’administration de la Facilité COVAX et de l'AMC COVAX et travaille avec les partenaires de l'Alliance, UNICEF et OMS, et avec les gouvernements, pour aider les pays à se préparer à recevoir et à distribuer les vaccins contre la COVID-19.

L'Alliance du Vaccin rassemble les gouvernements des pays donateurs et des pays bénéficiaires, l'Organisation mondiale de la Santé, l'UNICEF, la Banque mondiale, l'industrie du vaccin, les agences techniques, la société civile, la Fondation Bill & Melinda Gates ainsi que d'autres partenaires du secteur privé. Pour consulter la liste complète des gouvernements donateurs et des autres grandes organisations qui financent le travail de Gavi, veuillez cliquer ici.

À propos d’Unitaid

Unitaid est une agence de santé mondiale engagée dans la recherche de solutions innovantes pour prévenir, diagnostiquer et traiter les maladies plus rapidement, à moindre coût et plus efficacement, dans les pays à revenu faible et intermédiaire. Son travail comprend le financement d'initiatives visant à lutter contre les principales maladies telles que le VIH/sida, le paludisme et la tuberculose, ainsi que les co-infections et comorbidités liées au VIH, comme le cancer du col de l'utérus et l'hépatite C, et les domaines transversaux, comme la gestion de la fièvre. Unitaid utilise désormais son expertise pour relever les défis liés à la mise au point de nouveaux traitements et de nouveaux diagnostics dans le cadre de la lutte contre la pandémie de COVID-19, en tant que membre clé de l’Accélérateur d’accès aux outils contre le COVID-19 (Accélérateur ACT). Unitaid est hébergé par l’Organisation mondiale de la Santé. www.unitaid.org

À propos du Fonds mondial

Le Fonds mondial est un mouvement mondial qui a pour vocation de vaincre le VIH, la tuberculose et le paludisme et de garantir à tous un avenir plus sain, plus sûr et plus juste. Nous mobilisons et investissons quatre milliards de dollars US par an pour lutter contre les maladies infectieuses les plus meurtrières, combattre l’injustice qui les alimente et renforcer les systèmes de santé de plus de 100 pays parmi les plus durement touchés. Nous unissons les dirigeants, les communautés, la société civile, les agents de santé et le secteur privé pour trouver des solutions qui ont l’impact le plus marqué possible, et nous les mettons à l’échelle à travers le monde. Depuis 2002, le Fonds mondial a sauvé 44 millions de vies.

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