# Le Fonds mondial approuve une aide financière d’urgence pour la prévention du paludisme afin de protéger la riposte à Ebola en République démocratique du Congo

**GENÈVE** – Le Fonds mondial de lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme (le Fonds mondial) a approuvé une aide financière d’urgence de 4,6 millions de dollars US pour soutenir une riposte au paludisme intensifiée en RDC, à l’appui de la riposte à Ebola du pays.

Il est démontré que la prévention du paludisme est essentielle pour soutenir les efforts d’un pays afin de contenir une flambée d’Ebola et protéger les communautés vulnérables. Les premiers symptômes des deux maladies sont souvent similaires, notamment de la fièvre, des maux de tête et un état de faiblesse.

« Réduire le nombre de cas de paludisme aide les agentes et agents de santé à identifier plus vite les cas suspectés d’Ebola, ce qui diminue toute exposition inutile des patients ayant recours aux soins et permet de concentrer des ressources médicales limitées sur l’endiguement de la transmission d’Ebola », a déclaré Mark Edington, directeur de la Division de la Gestion des subventions au Fonds mondial. « L’expérience acquise lors de précédentes flambées d’Ebola montre que des interruptions de la prévention et du traitement du paludisme peuvent entraîner une hausse marquée du nombre de cas et des décès liés à cette maladie, ce qui tue parfois plus de personnes qu’Ebola. »

Cette aide financière d’urgence soutiendra la prévention du paludisme dans quatre zones de santé de la province d’Ituri, l’une des plus durement touchées par la flambée d’Ebola. La riposte sera mise en œuvre en deux temps :

- Lors d’une première phase immédiate, une administration massive de médicaments sera déployée rapidement pour réduire le paludisme. Des antipaludéens seront fournis à toutes les personnes se trouvant dans une zone définie, qu’elles soient symptomatiques ou pas, pour réduire rapidement les infections palustres et ralentir la transmission.
- Une seconde phase renforcera la protection au moyen d’une seconde administration massive de médicaments, mais aussi de la distribution de plus d’un demi-million de moustiquaires imprégnées d’insecticide et de quelque 400 000 diffuseurs spatiaux, une nouvelle technologie conçue pour éloigner les moustiques d’un lieu clos comme une structure de santé ou une pièce d’une habitation. Ensemble, ces outils contribueront à garder la transmission du paludisme sous contrôle dans les mois à venir.

**Renforcement de la riposte initiale**

Ce nouvel investissement consolide la précédente riposte d’urgence du Fonds mondial à la flambée d’Ebola. Fin mai, l’organisation avait approuvé des assouplissements des subventions pour la riposte à Ebola de l’Ouganda, suivis par un soutien supplémentaire à la RDC début juin, pour un montant total de 8,2 millions de dollars US. Le financement continu sous forme de subventions a également aidé les deux pays à pérenniser des services essentiels de lutte contre le VIH, la tuberculose et le paludisme tout au long de la flambée épidémique.

**En RDC, un financement de 6,4 millions de dollars US** contribue à :

- renforcer les capacités de surveillance épidémiologique, de recherche des cas contacts et de diagnostic de laboratoire ;
- améliorer les mesures de prévention et de contrôle des infections ainsi que les enterrements dignes et sécurisés, notamment la gestion de l’infodémie ;
- renforcer les capacités logistiques, de coordination opérationnelle et de déploiement rapide ;
- soutenir une riposte communautaire axée sur la communication sur le risque, la prévention des infections, la protection et le soutien psychosocial.

**En Ouganda, un financement de 1,8 million de dollars US** soutient la riposte nationale aux flambées d’Ebola avec des outils de diagnostic, la surveillance et la gestion des cas (y compris le soutien aux équipes d’intervention rapide) et avec des fournitures pour la prévention et le contrôle des infections. L’Ouganda n’a pas déclaré un seul cas confirmé d’Ebola depuis début juin et la flambée de la maladie reste stable, mais le pays hautement vulnérable, ce qui souligne l’importance de maintenir une capacité de vigilance et de riposte.

Le Fonds mondial travaille en étroite collaboration avec le ministère de la Santé, l’Organisation mondiale de la Santé, les Centres africains pour le contrôle et la prévention des maladies, SANRU (Soins de santé primaires en milieu rural), l’AMF (Against Malaria Foundation) et d’autres partenaires pour veiller à ce que la riposte au paludisme complète les efforts plus généraux de lutte contre Ebola en RDC. Ensemble, ces investissements contribueront à réduire la charge qui pèse sur les agentes et agents de santé en première ligne, à maintenir des services essentiels de lutte contre le VIH, la tuberculose et le paludisme et à renforcer la résilience de systèmes de santé face à une des urgences de santé publique les plus complexes de la région.

**Les investissements dans les systèmes de santé profitent à la riposte à Ebola**

Ces vingt dernières années, les investissements du Fonds mondial pour combattre le VIH, la tuberculose et le paludisme ont aidé des pays comme la RDC et l’Ouganda à bâtir des systèmes de santé plus solides. Des investissements dans les laboratoires, la surveillance des maladies, les données de santé, les diagnostics et les agentes et agents de santé communautaires aident aujourd’hui les pays à détecter les flambées épidémiques d’Ebola, à les suivre et à riposter plus vite. Des outils comme le système d’alerte et d’intervention rapides EWARS et la plateforme nationale de partage d’informations et de données sanitaires (DHIS2) soutiennent la communication de l’information, le suivi et l’analyse en temps réel, permettant aux autorités sanitaires de détecter les flambées épidémiques et d’y réagir plus vite. La surveillance communautaire basée sur les évènements aide également les agentes et agents en première ligne à identifier et à notifier rapidement les cas suspectés, notamment dans les zones éloignées ou à haut risque.

L’Institut national de recherche biomédicale (INRB) de Kinshasa continue de jouer un rôle de leadership régional et mondial essentiel pour la surveillance et le diagnostic des filovirus. Travaillant en collaboration avec les autorités de santé publique et les laboratoires ougandais, il a rapidement identifié et séquencé la souche Bundibugyo d’Ebola liée à la flambée épidémique actuelle. L’INRB fait partie des laboratoires de référence de premier plan en Afrique pour Ebola et d’autres agents pathogènes particulièrement menaçants.

Ensemble, ces investissements et ces institutions contribuent à renforcer les capacités de préparation, de surveillance et de diagnostic de la région face aux menaces des maladies infectieuses émergentes.
