Le Fonds mondial lance une subvention régionale de lutte contre le paludisme en Afrique australe, renforçant la riposte aux risques croissants liés aux phénomènes météorologiques extrêmes au Mozambique
Le partenariat régional MOSASWA annonce un investissement catalytique de 24 millions de dollars US comme financement d’urgence en réponse à la flambée de paludisme qui a fait suite aux inondations
Le 23 avril 2026
MAPUTO / GENÈVE – Le Fonds mondial a annoncé aujourd’hui une nouvelle phase dans la lutte contre le paludisme en Afrique australe, avec le lancement de la subvention multipays MOSASWA parallèlement à des investissements d’urgence complémentaires et en réponse aux aléas climatiques, pour lutter contre les risques croissants de paludisme dans la région. Cette annonce, qui précède la Journée mondiale de lutte contre le paludisme, souligne l’urgence d’accélérer les progrès en faveur de l’élimination de cette maladie.
L’initiative MOSASWA, qui concerne l’Afrique du Sud, l’Eswatini (anciennement le Swaziland) et le Mozambique, représente un effort coordonné transfrontalier visant à éliminer le paludisme, et s’appuie sur le fait que la transmission évolue avec les déplacements de population, de parasites et, de plus en plus, en fonction des phénomènes météorologiques extrêmes.
Au cœur de cet effort se trouve un investissement catalytique de 24 millions de dollars US, somme composée de 8 millions de dollars US du Fonds mondial, 12 millions de dollars US de la Fondation Gates et 4 millions de dollars US de soutien financier plus 1,5 million de dollars US de soutien en nature de Goodbye Malaria et investie sous un seul mécanisme unifié, pour une plus grande homogénéité et un impact plus marqué.
Pour Peter Sands, directeur exécutif du Fonds mondial : « Il n’en faut pas moins pour vaincre le paludisme dans le monde d’aujourd’hui. L’initiative MOSASWA montre déjà ce que les pays et les partenaires peuvent atteindre lorsqu’ils s’unissent derrière une stratégie régionale partagée : réduire la charge de morbidité du paludisme et limiter la transmission transfrontalière. Nous pouvons réduire la transmission, protéger les gains durement acquis et nous rapprocher de l’élimination de la maladie. Mais à l’ère d’une mobilité accrue et de phénomènes météorologiques extrêmes de plus en plus fréquents, nous devons aller plus loin : élaborer des ripostes résilientes à plusieurs niveaux, capables de s’adapter à l’évolution des risques. »
Le partenariat MOSASWA a déjà livré des résultats solides, notamment une diminution significative des cas de paludisme dans le sud du Mozambique et une réduction de près de la moitié des cas importés en Afrique du Sud et en Eswatini. Grâce à des interventions transfrontalières ciblées, une surveillance renforcée et un meilleur accès aux populations mobiles et du dernier kilomètre, la nouvelle subvention soutiendra cette dynamique.
Le docteur Ussene Hilário Isse, ministre de la Santé du Mozambique, a souligné l’importance d’un partenariat durable et d’un leadership national : « Le Mozambique a fait des progrès considérables dans la lutte contre le paludisme, mais les risques auxquels nous faisons face, notamment en lien avec les phénomènes météorologiques extrêmes et les déplacements de population, nécessitent une collaboration continue au-delà des frontières. L’initiative MOSASWA renforce notre capacité à protéger nos communautés, à atteindre les populations vulnérables et à garder le cap vers l’élimination de la maladie. »
Riposter aux risques croissants de paludisme liés aux phénomènes météorologiques extrêmes
En complément de la subvention MOSASWA, le Fonds mondial déploie des ressources ciblées pour remédier aux impacts grandissants des phénomènes météorologiques extrêmes sur la transmission du paludisme.
Suite aux inondations majeures dans tout le Mozambique début 2026, le Fonds mondial a approuvé un financement d’urgence de 2,1 millions de dollars US pour soutenir la pulvérisation intradomiciliaire d’insecticide à effet rémanent et l’application de larvicide dans les provinces de Maputo et Gaza, des régions où le risque de transmission du paludisme a fortement augmenté.
En ravageant plus de 1 000 kilomètres de routes, 228 ponts et plus de 250 structures de santé, les inondations ont perturbé l’accès aux soins et ont laissé derrière elles de vastes zones inondées, conditions idéales de reproduction pour les moustiques porteurs du parasite du paludisme. Les cas de paludisme ont flambé, avec des augmentations de plus de 90 % dans la province de Maputo et de plus de 200 % dans la province de Gaza par rapport à la même période en 2025.
« C’est justement pour cela que le Fonds d’urgence existe : pour permettre une riposte rapide et ciblée lorsque les risques dépassent les prévisions, a déclaré Mark Edington, directeur de la Division de la Gestion des subventions du Fonds mondial. En utilisant la plateforme MOSASWA, nous pouvons réagir rapidement pour intensifier les interventions, atteindre les communautés touchées et empêcher que la transmission se poursuive dans les zones à haut risque. »
Cette aide délivrée par l’intermédiaire de la plateforme MOSASWA permet une riposte coordonnée et rapide ciblant les zones à haut risque et les populations déplacées.
Approche à plusieurs niveaux de l’élimination et de la sécurité sanitaire
Ensemble, la subvention de l’initiative MOSASWA et le financement de la riposte d’urgence constituent une approche à plusieurs niveaux qui combine la coordination régionale à long terme avec des capacités de riposte rapide.
Ce modèle intégré soutient l’élimination du paludisme tout en renforçant la surveillance transfrontalière, les systèmes de santé plus résilients et la préparation aux futurs chocs et flambées épidémiques.
Au fur et à mesure que les pays d’Afrique australe se rapprochent de l’élimination de la maladie, les investissements durables, la coordination et l’adaptabilité revêtent une importance critique pour toucher au but.