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Systèmes et ripostes communautaires

Le défi

Dans de nombreux pays, les personnes vulnérables et marginalisées n’ont pas accès aux services de prévention, de traitement et de soins en raison d’obstacles tels que le rejet social ou la discrimination, la violence (y compris la violence fondée sur le genre) ou des lois, politiques et pratiques punitives. Ces groupes peuvent également être confrontés à des obstacles persistants et croissants qui les empêchent de prendre part de manière équitable à la prise de décisions, notamment en ce qui concerne la façon dont les ressources financières sont allouées et dont les services de santé sont priorisés et fournis.

Les épidémies touchant de plus en plus les personnes qui ne sont pas bien prises en charge par le secteur de la santé conventionnel, il est essentiel de renforcer le leadership, la participation et les capacités des communautés qui sont touchées par le VIH, la tuberculose et le paludisme et luttent contre ces maladies. Les organisations et réseaux à assise communautaire et dirigés par les communautés sont les plus à même d’interagir avec les communautés touchées, de répondre rapidement à leurs besoins et à leurs difficultés et d’entrer en contact avec les groupes touchés et vulnérables.

Ces organisations et réseaux peuvent fournir des services directs à leurs communautés et défendre l’amélioration des écosystèmes programmatiques et politiques relatifs à la santé. Ce sont souvent eux qui sont les mieux placés pour orienter et mettre en œuvre des programmes de santé répondant aux divers besoins des communautés, et pour identifier et contribuer à lever les obstacles structurels et sociaux qui entravent l’accès à des services de santé de qualité.

Notre riposte

Les communautés sont au cœur de toutes nos actions. En responsabilisant les communautés les plus durement touchées, le Fonds mondial s’assure que les services vitaux atteindront les personnes les plus vulnérables, y compris celles qui sont marginalisées par la pauvreté, le rejet social, la discrimination ou la criminalisation. Le fait de placer les personnes et les communautés au cœur de notre modèle contribue à bâtir la confiance, élément indispensable pour que nous puissions mener à bien notre mission et veiller à ce que personne ne soit laissé pour compte.

Le Fonds mondial a investi 16 millions de dollars US pendant la période d’allocation 2020-2022 pour aider la société civile et les communautés les plus touchées par les trois maladies à prendre part aux processus du Fonds mondial et aux processus connexes tout au long du cycle de subvention. Nos investissements aident également les pays à intégrer davantage les systèmes et les ripostes communautaires dans les plans nationaux de santé de longue durée, en veillant en particulier à ce qu’ils soient pérennes et complémentaires vis-à-vis des ripostes de santé publique.

Notre initiative stratégique en matière de participation communautaire collabore avec la société civile et les communautés les plus touchées par les trois maladies pour renforcer leur participation aux programmes du Fonds mondial et aux processus nationaux connexes. Nous soutenons la fourniture d’une assistance technique entre pairs temporaire à la société civile et aux organisations à assise communautaire concernant les droits humains, les questions de genre, la riposte communautaire et le renforcement des systèmes communautaires, ainsi que les domaines connexes.

La stratégie du Fonds mondial pour la période 2023-2028 donne la priorité aux investissements dans le renforcement des capacités à long terme et sur mesure des organisations, réseaux et groupes à assise communautaire et dirigés par les communautés, afin de renforcer les liens et d’améliorer la continuité des services entre les activités communautaires et la fourniture de soins de santé conventionnels. Notre stratégie soutient également le suivi dirigé par la communauté, qui consiste pour les communautés à contrôler l’efficacité, la qualité, l’accessibilité et l’acceptabilité des programmes et des services de santé qu’elles reçoivent. Ce soutien vise à renforcer l’adoption et la mise en œuvre de mécanismes de suivi dirigé par la communauté dans les domaines de la lutte contre VIH, la tuberculose et le paludisme, et à générer des données probantes qui éclaireront la prise de décisions programmatiques et financières pour de meilleurs résultats en matière de santé. Le suivi dirigé par la communauté s'est avéré efficace pour améliorer les services offerts aux personnes marginalisées et vulnérables, ainsi que pour répondre aux préoccupations connexes en matière de santé et de droits humains.

Les investissements du Fonds mondial permettent de réaliser des progrès importants dans l’élimination des obstacles liés aux droits humains qui entravent l’accès aux services de lutte contre le VIH et la tuberculose. À travers l’initiative « Lever les obstacles », le Fonds mondial fournit un soutien financier et technique à 20 pays pour éliminer les obstacles liés aux droits humains et au genre qui entravent l’accès aux services de lutte contre le VIH, la tuberculose et le paludisme.

En savoir plus sur l’initiative « Lever les obstacles »

À 16 ans, Justin a vécu la difficile expérience d’annoncer son homosexualité à ses parents. Ses parents se sont montrés compréhensifs, mais s’inquiétaient de la façon dont leur fils serait traité. Justin a vu combien les jeunes s’identifiant à la communauté LGBTQI+ étaient stigmatisés et persécutés, ce qui l’a poussé à se battre pour protéger les droits humains d’autres jeunes. Il a cofondé l’Iloilo Pride Team, qui a organisé la toute première Marche des Fiertés à Iloilo. L’évènement a lieu chaque année depuis. Plus tard, Justin est devenu directeur exécutif de Youth Voices Count, un réseau régional de défense des intérêts des jeunes et des adolescents et adolescentes LGBTQI+ dans la région Asie-Pacifique. Il est aujourd’hui membre du Conseil des jeunes du Fonds mondial, un groupe de jeunes leaders qui conseille la direction du Fonds mondial.

En savoir plus sur l’histoire de Justin

Le suivi dirigé par la communauté des obstacles à l’accès aux traitements auxquels sont confrontés les utilisateurs de services de lutte contre le VIH a grandement contribué à améliorer la suppression de la charge virale (lorsque la quantité de VIH dans le sang d’une personne devient si faible qu’elle est indétectable). Les résultats de 11 pays participant à un programme soutenu par le Fonds mondial mis en œuvre par l’Observatoire régional de traitement en Afrique de l’Ouest et centrale montrent comment, grâce au suivi dirigé par la communauté, le taux de suppression de la charge virale dans les cliniques concernées est passé de 48 % à 77 % en deux semestres.

Stronger Than TB est une organisation communautaire ukrainienne créée par des personnes touchées par la tuberculose. Cette organisation, qui regroupe des personnes touchées par la maladie, propose des formations en plaidoyer afin d’encourager la mise en place de soins contre la tuberculose centrés sur le patient, de méthodes de protection des droits des membres de la communauté, et d’une surveillance visant à évaluer la réactivité des services ambulatoires face aux besoins des patients à toutes les étapes des soins. Le travail de Stronger Than TB a permis d’influencer la réforme du système de soins pour la tuberculose en Ukraine, la coopération fructueuse avec les autorités régionales pour développer des programmes régionaux de riposte à la tuberculose et la mise en œuvre d’un système d’achats à caractère social, et a augmenté l’efficacité des communications avec les principales parties prenantes.

Copyright: SG/ZA

Le réseau NACOSA (Networking HIV and AIDS Community of Southern Africa) est constitué de plus de 1 800 organisations de la société civile qui agissent pour faire reculer le VIH, le sida et la tuberculose en Afrique du Sud. NACOSA a apporté un appui à des programmes de renforcement des systèmes communautaires pour 134 organisations de la société civile, dont Sisonke, un mouvement national qui milite pour les droits des travailleuses et travailleurs du sexe en Afrique du Sud. En tant qu’organisation de défense des droits humains dirigée par la communauté, Sisonke a reçu des fonds pour renforcer ses mécanismes de gouvernance et de suivi stratégique, élaborer une constitution et un code de conduite, et mettre en œuvre des formations techniques et programmatiques sur les droits humains, l’équité, l’autonomisation et les liens communautaires, ainsi que le réseautage.

Grâce au soutien de NACOSA, d’autres travailleuses et travailleurs du sexe, des coordonnateurs de sites et des éducateurs pairs compétents et qualifiés ont également été mobilisés et formés sur la façon de contribuer à la mission de Sisonke. Sisonke a joué un rôle déterminant dans l’élaboration du tout premier Plan national de lutte contre le VIH pour les travailleuses et travailleurs du sexe en Afrique du Sud, qui met l’accent sur la réduction de l’incidence du VIH, des infections sexuellement transmissibles (IST) et de la tuberculose chez les travailleuses et travailleurs du sexe, la baisse de la mortalité liée au VIH, aux IST et à la tuberculose chez ce même groupe, et la lutte contre les violations des droits humains dont sont victimes les travailleuses et travailleurs du sexe.