Paludisme

Le défi

La lutte contre le paludisme est l’une des réussites majeures de l’humanité en matière de santé publique. D'importants progrès ont été réalisés dans la lutte contre le paludisme au cours des deux dernières décennies, ce qui a entraîné une réduction du nombre total de cas et de décès. Mais ces progrès sont au point mort depuis 2018, et la pandémie de COVID-19 nous a fait dévier encore davantage de notre trajectoire.

Les financements stagnent, la résistance aux médicaments et aux insecticides progresse, et le changement climatique menace de propager le paludisme dans de nouvelles régions. Les perturbations des services de lutte contre le paludisme engendrées par le COVID-19 ont entraîné une augmentation des cas de paludisme et des décès imputables à la maladie. En 2020, selon les estimations, 241 millions de personnes souffraient du paludisme et 627 000 en sont décédées à l’échelle mondiale ; ce qui représente près de 14 millions de cas supplémentaires et 69 000 décès de plus par rapport à 2019.

Plus que jamais, le Fonds mondial doit soutenir les pays dans leurs efforts pour revitaliser et soutenir la lutte contre le paludisme. Nous devons nous efforcer de fournir un meilleur accès, plus équitable, à tous les services de santé, d'augmenter considérablement le financement des programmes de lutte contre le paludisme, d'investir dans de nouvelles approches et innovations et de mieux utiliser les outils existants.

Cette année, à l’occasion de la septième Conférence de reconstitution des ressources du Fonds mondial, le monde aura l’occasion d’investir davantage pour protéger les gains que nous avons durement acquis et se remettre sur la voie de notre lutte contre le paludisme. Soyons clairs : ne pas intensifier les investissements dans la lutte contre le paludisme équivaut à abandonner l’objectif d’éliminer la menace que représente la maladie pour la santé publique d’ici 2030.

Tendances des cas de paludisme
dans les pays où le Fonds mondial investit

Le paludisme en chiffres

Le financement

  • Le Fonds mondial assure 56 % du financement international des programmes de lutte contre le paludisme.
  • En date d’avril 2022, nous avons investi plus de 16 milliards de dollars US dans des programmes de riposte à la maladie.
  • Depuis janvier 2021, nous avons augmenté les subventions liées au paludisme de 23 % en moyenne.

La prévention

  • 188 millions de moustiquaires imprégnées d’insecticide ont été distribuées pour protéger les familles du paludisme en 2020.
  • 9,4 millions de structures ont été traitées par la pulvérisation intradomiciliaire d’insecticide en 2020.
  • 30 millions d'enfants ont bénéficié de la chimioprévention du paludisme saisonnier en 2020.
  • 11,5 millions de femmes enceintes ont reçu un traitement préventif en 2020.

Le dépistage et le traitement

  • 259 millions de cas suspects de paludisme ont été testés en 2020.
  • 135 millions de cas de paludisme ont été traités en 2020.

En savoir plus sur le paludisme en consultant notre Rapport sur les résultats

Consulter l'Explorateur de données pour obtenir davantage de données sur le paludisme (en anglais)

Notre riposte

Le Fonds mondial fournit 56 % du financement international des programmes de lutte contre le paludisme (39 % de l’ensemble des ressources disponibles) et ses investissements dans des programmes de riposte à la maladie totalisaient 16 milliards de dollars US en avril 2022. Depuis le début de la pandémie de COVID-19, en 2020, le Fonds mondial a octroyé plus de 4,2 milliards de dollars US à 108 pays à revenu faible ou intermédiaire et à 21 programmes multipays grâce au généreux soutien des donateurs, afin de lutter contre le COVID-19 et protéger les programmes vitaux de lutte contre le paludisme, le VIH et la tuberculose.

Ces investissements ont un impact. Dans les pays où le Fonds mondial investit, les décès imputables au paludisme ont chuté de 26 % depuis sa création en 2002. Sans ces interventions, le nombre de décès imputables au paludisme aurait augmenté de 84 % au cours de la même période.

Tendances des décès liés au paludisme
dans les pays où le Fonds mondial investit

Le dépistage et le traitement

Il est essentiel de dépister et de traiter le paludisme en temps opportun pour prévenir les décès. Le Fonds mondial travaille avec des partenaires pour soutenir la prestation de services de santé de qualité, centrés sur la personne dans les établissements publics et privés et au niveau communautaire. Nos partenaires travaillent également avec les communautés qui vivent dans les zones d’endémie palustre pour les informer à propos du paludisme, de ses modes de transmission, de la manière de le prévenir et surtout, des mesures à prendre lorsque l’on soupçonne un cas de paludisme.

Dans les pays où le Fonds mondial investit, les plus de deux millions d’agents de santé communautaires jouent un rôle crucial dans la lutte pour mettre fin au paludisme, en particulier dans les villages ruraux difficiles d’accès. Avec la flambée épidémique de COVID-19, les agents de santé communautaires – des membres de confiance de la communauté – ont joué un rôle clé pour assurer un accès continu aux soins de santé, notamment pour le diagnostic différentiel de la fièvre et la transmission de messages en matière de santé adaptés à la population.

La prévention

La prévention du paludisme appuie les efforts de lutte contre le paludisme et constitue le moyen le plus efficace de réduire considérablement le nombre de cas et de décès. Le Fonds mondial investit dans de multiples outils, nouveaux et existants, pour prévenir le paludisme. Ces outils comprennent notamment les moustiquaires imprégnées d'insecticide, la pulvérisation intradomiciliaire d’insecticide et la chimioprévention du paludisme saisonnier pour les enfants de moins de cinq ans. Ils sont habituellement déployés dans le cadre de campagnes à grande échelle.

Sur une période allant de 2018 à 2022, le Fonds mondial et Unitaid investissent chacun 33 millions de dollars US, et le Fonds mondial investira 50 millions de dollars US supplémentaires d'ici la fin de 2024, pour soutenir la collecte d’éléments probants et l'entrée sur le marché de nouveaux types de moustiquaires imprégnées d'insecticide afin de lutter contre les moustiques vecteurs du paludisme. Étant imprégnées de deux insecticides, elles tuent les moustiques ayant développé une résistance à l’un des deux. Les enfants de moins de cinq ans, qui courent les plus grands risques de contracter la maladie et d’en mourir, en bénéficieront le plus.

En octobre 2021, l’OMS a recommandé l’utilisation du vaccin antipaludique RTS,S. En s'appuyant sur les données cliniques existantes, le Fonds mondial, Gavi, l'Alliance du Vaccin et Unitaid ont financé des projets pilotes d'introduction du vaccin dans le cadre de programmes de vaccination de routine au Ghana, au Kenya et au Malawi. Les projets pilotes ont montré une réduction de 30 % des formes graves du paludisme dans des régions où les moustiquaires imprégnées d’insecticide sont largement utilisées et où il existe un bon accès au diagnostic et au traitement du paludisme.

Dans les pays les plus durement touchés du Sahel, le Fonds mondial soutient le déploiement de campagnes de chimioprévention du paludisme saisonnier, une intervention rentable et ciblée pour les jeunes enfants qui peut réduire les cas de paludisme de plus de 50 %. Malgré les difficultés de mise en œuvre liées au COVID-19, les pays que nous soutenons ont augmenté le nombre d’enfants couverts par la chimioprévention du paludisme saisonnier en 2020, atteignant un total de près de 30 millions, principalement en Afrique de l’Ouest, contre 22 millions en 2019.

Les succès de la lutte contre le paludisme résistant aux médicaments dans la région du Grand Mékong montrent que des efforts communs alliés à des financements appropriés fonctionnent. L’Initiative régionale contre la résistance à l’artémisinine – la plus importante subvention régionale du Fonds mondial – a été lancée en 2013 en réponse à l’émergence du paludisme résistant aux médicaments dans la sous-région du Grand Mékong. Le Fonds mondial investit plus de 244 millions de dollars US dans cette initiative visant à accélérer l'élimination du paludisme en tant que rempart contre la résistance aux médicaments. Ça fonctionne : les cas de paludisme sont passés de 650 000 en 2012 à 82 000 en 2020

  • En savoir plus sur l’Initiative régionale contre la résistance à l’artémisinine
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Consulter le Rapport 2021 sur les résultats

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Publié : 22 avril 2022