Paludisme

The Global Fund / Karin Schermbrucker

La lutte contre le paludisme est l’une des plus grandes réussites du 21e siècle en matière de santé publique. Depuis 2000, les taux de mortalité liés au paludisme ont chuté de 60 pour cent – représentant des millions de vies sauvées.

Cependant, après de nombreuses années d’avancées spectaculaires, le nombre de cas de paludisme repart à la hausse. Nous disposons des outils et des traitements pour prévenir et guérir le paludisme. Pourtant, nous pouvons gagner ce combat si nous construisons et entretenons un engagement sans faille.

Le paludisme, provoqué par un parasite transmis par certains types de moustiques, est l’une des maladies les plus meurtrières de l’histoire de l’humanité. En 2018, il y a eu 228 millions de cas et 405 000 décès dus au paludisme, dont 94 pour cent de l’ensemble des décès en Afrique. Ce sont les femmes enceintes et les enfants de moins de cinq ans qui courent le plus de risques en raison de l’affaiblissement de leur système immunitaire. En 2018, les enfants de moins de cinq ans représentaient 67 pour cent de tous les décès dus au paludisme dans le monde.

Le paludisme est présent dans plus de quatre-vingts pays, qui se rangent de plus en plus dans l’une des deux catégories suivantes : soit ils progressent sur la voie de l’élimination, soit ils sont fortement touchés et subissent des revers au moment de riposter.

Ces avancées vers l’élimination du paludisme montrent bien que nous disposons d’outils et de stratégies efficaces pour enrayer la maladie. Le problème vient de l’investissement. On estime que 2,7 milliards de dollars US ont été investis dans la lutte contre le paludisme et les efforts d’élimination à l’échelle mondiale en 2018 – une réduction par rapport aux 3,2 milliards de dollars US investis en 2017, et bien en dessous des 5 milliards de dollars US jugés nécessaires pour rester sur la voie des étapes convenues à l’échelle mondiale.

Le Fonds mondial assure 65 pour cent du financement international de la lutte contre le paludisme, et en décembre 2019, il avait investi plus de 12,5 milliards de dollars US au profit des programmes de lutte antipaludique, en privilégiant une démarche globale qui associe :

  • Éducation aux symptômes, à la prévention et au traitement ;
  • Prévention par le recours aux moustiquaires, la pulvérisation d’insecticide dans les bâtiments et le traitement préventif pour les enfants et les femmes enceintes ;
  • Diagnostic, notamment par la mise à disposition de tests de diagnostic rapide aux agents de santé communautaires ; et
  • Traitement.
Dans les pays où le Fonds mondial investit
The Global Fund / Nana Kofi Acquah

Sensibilisation et action communautaires

Les partenaires du Fonds mondial collaborent avec les communautés qui vivent dans les zones d’endémie palustre pour les informer à propos de ce qu’est le paludisme, de ses modes de transmission, des traitements disponibles, et, surtout, des mesures à prendre lorsqu’on soupçonne un cas de paludisme. Au Ghana, par exemple, les anciens du village apprennent à leur communauté à « ne pas laisser le soleil se coucher deux fois » lorsqu’un enfant a de la fièvre. Au Sénégal, les agents de santé communautaires jouent un rôle crucial dans le combat en faveur de l’élimination du paludisme, en particulier dans les villages ruraux difficiles d’accès.

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La course à l’élimination

Le paludisme perd du terrain. Le nombre de pays avec moins de cent cas autochtones – un indicateur que l’élimination est en ligne de mire – a augmenté pour passer de 17 pays en 2010 à 25 en 2017 et 27 en 2018. La Stratégie mondiale contre le paludisme et les Objectifs de développement durable visent l’élimination du paludisme dans au moins 35 pays d’ici à 2030. Une étape supplémentaire a été fixée pour l’élimination du paludisme dans au moins 10 pays à l’horizon 2020, un objectif que la communauté de la santé estime être largement à portée de main.

Là où l’élimination est sur le point de devenir réalité, le Fonds mondial soutient des démarches qui concentrent les actions de lutte sur des zones géographiques ciblées ou des populations spécifiques à haut risque. Mieux rechercher les cas nécessite des moyens importants – chaque cas doit être identifié et suivi, y compris les membres de la famille ou de la communauté susceptibles d’avoir été exposés au risque. Cependant, il est essentiel d’enrayer la transmission du paludisme et d’éliminer la maladie. L’investissement alloué à l’élimination du paludisme aura des bénéfices en dehors du seul cadre de la maladie en soulageant d’un poids important des systèmes de santé aux ressources limitées.

Malgré les progrès accomplis et les promesses faites, nous sommes confrontés à de graves difficultés.

  • La région du Grand Mékong est l’épicentre de l’émergence du paludisme pharmacorésistant.
  • La résistance aux insecticides gagne du terrain en Afrique, où la charge de morbidité est la plus élevée.
  • Le changement climatique, les migrations et l’instabilité politique ont un impact sur la dynamique de transmission du paludisme et la fourniture de services.
  • On peut encore trouver des médicaments de qualité inférieure et contrefaits sur de nombreux marchés.
  • L’attention et les investissements peuvent s’estomper à mesure que le fardeau du paludisme diminue ou que les progrès stagnent.

Ce dernier point est particulièrement important. L’histoire de l’élimination du paludisme montre que la maladie tire parti du moindre relâchement des efforts déployés pour la maîtriser. Même des avancées impressionnantes peuvent être réduites à néant par une baisse des efforts pendant une seule saison de transmission et la maladie peut reprendre vigueur si l’on ne maintient pas une lutte efficace. La situation peut être pire encore après une reprise qu’avant la mise en place de la lutte contre la maladie, car les populations ont perdu l’immunité partielle acquise par une exposition répétée au paludisme.

C’est pourquoi nous devons intensifier les efforts là où les progrès sont au point mort et nous engager à faire les investissements pérennes nécessaires à la concrétisation des objectifs de la Stratégie mondiale contre le paludisme.


« Nous entrons dans l’ère des voitures à pilotage automatique et des drones livreurs de courses et, pourtant, cette maladie d’un autre temps que nous nous savons capables de vaincre, parce que cela a été fait dans différentes parties du monde, tue encore en masse. Nous avons les outils scientifiques et les connaissances pour venir à bout du paludisme. Nous pouvons le faire. Encore faut-il que nous en ayons aussi la volonté. »
Chimamanda Ngozi Adichie, auteur

Vaincre le paludisme, kilomètre après kilomètre

L’accès aux médicaments est essentiel et tout retard peut avoir des conséquences fatales, ce qui est d’autant plus vrai pour le paludisme. Quand un enfant a de la fièvre, chaque minute compte.

La lutte contre le paludisme est l’une des plus grandes réussites du 21e siècle en matière de santé publique.

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Gros plan sur la lutte contre le paludisme
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Publié 09 décembre 2019