Paludisme

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Une piqûre de moustique peut tuer. C’est aussi simple que ça. Le paludisme, dû à des parasites transmis par la piqûre d’un moustique anophèle femelle infecté, est responsable de près de 429 000 décès par an. Les enfants et les femmes enceintes sont particulièrement vulnérables – en 2015, près de 70 pour cent des décès dus au paludisme concernaient des enfants de moins de cinq ans.

Alors que la maladie était autrefois largement répandue presque partout sur terre – notamment dans une bonne partie du sud américain et du nord de l’Italie – les efforts d’éradication du XXe siècle ont circonscrit la présence endémique du paludisme à 91 pays. À ce jour, cependant, la moitié de la population mondiale - 3,2 milliards de personnes - reste exposée au risque que fait peser le paludisme.

Le paludisme peut être prévenu et traité, et des progrès considérables ont été réalisés rien qu’au cours de la décennie écoulée. De nouvelles méthodes de dépistage, la distribution à grande échelle de moustiquaires imprégnées d’insecticide et l’introduction de combinaisons thérapeutiques à base d’artémisinine ont entraîné une baisse de 29 pour cent des taux de mortalité liés au paludisme entre 2010 et 2015.

Néanmoins, ces progrès restent fragiles. Si les efforts se relâchent, le paludisme pourrait refaire surface en l’espace d’à peine une saison d’infection. Le financement mondial alloué au paludisme a augmenté pour atteindre 2,9 milliards de dollars US par an, mais cela représente moins de la moitié de la somme nécessaire pour préserver les progrès réalisés contre cette maladie.

La riposte au paludisme se heurte à d’autres difficultés. La résistance grandissante à l’artémisinine et aux médicaments associés, ainsi que la résistance à l’insecticide dont sont imprégnées les moustiquaires, mettent la riposte en péril dans une bonne partie de l’Asie du Sud-Est. L’usage des moustiquaires à des fins autres que celles prévues menace également les efforts de prévention et de lutte contre la maladie. La faiblesse des systèmes d’information sur la gestion de la santé rend la surveillance des flambées et de l’impact des efforts de prévention beaucoup plus difficile.

La réduction de l’impact du paludisme suppose une démarche multiple englobant l’éducation, la prévention, le diagnostic, le traitement et le suivi.

Le Fonds mondial soutient un certain nombre d’interventions différentes dans le cadre de la lutte contre le paludisme. Selon le contexte du pays, il pourrait s'agir de programmes tels que :

  • programmes de sensibilisation
  • pulvérisation intradomiciliaire d’insecticide à effet rémanent
  • distribution de moustiquaires imprégnées d'insecticide
  • destruction ou suppression des sites de reproduction

En ordre de marche contre le paludisme

Une équipe de pulvérisateurs et de superviseurs s’est mise en marche au petit matin pour entamer la pulvérisation des maisons dans la province du Matabeleland septentrional, au Zimbabwe, à proximité de la frontière nord qui sépare le pays de la Zambie. La pulvérisation a lieu une fois par an dans les hameaux isolés pour tuer les moustiques qui propagent le paludisme.

Sensibilisation

La sensibilisation consiste à informer les populations qui vivent dans les zones d’endémie palustre sur ce qu’est le paludisme, ses modes de transmission, les traitements disponibles, et surtout, les mesures à prendre lorsqu’on soupçonne un cas de paludisme. Au Ghana, par exemple, les anciens du village apprennent à leur communauté à « ne pas laisser le soleil se coucher deux fois » lorsqu’un enfant a de la fièvre. Dans de nombreux pays, des modules sur la prévention du paludisme sont intégrés au programme scolaire, tant des écoles primaires que de l’enseignement supérieur. Dans chaque communauté, des méthodes sont enseignées aux enfants et aux adultes pour prévenir le paludisme.

Prévention

La prévention repose sur la distribution de moustiquaires traitées à l’insecticide, la pulvérisation d’insecticide à effet rémanent dans les ménages et, le cas échéant, sur des interventions ciblant les stades larvaires du moustique. Ainsi, au Sri Lanka, des poissons larvivores ont été introduits dans les pièces d’eau où les moustiques ont l’habitude de se reproduire. Mi- 2016, les programmes soutenus par le Fonds mondial avaient permis la distribution de 713 millions de moustiquaires pour protéger les ménages de la maladie. Dormir sous une moustiquaire imprégnée d’insecticide réduit de moitié le nombre de cas de paludisme chez les enfants.

Lutter contre le paludisme au Myanmar

Le Myanmar a obtenu de grands résultats face au paludisme, mais la mission ne s’achève pas là. Des partenaires engagés et présents sur le terrain sont à pied d’œuvre pour libérer le pays du poids que fait peser ce parasite véhiculé par les moustiques.

Diagnostic

Le diagnostic est lui aussi essentiel, car toutes les fièvres ne sont pas imputables au paludisme. En administrant le mauvais traitement aux patients, on risque de contribuer à la résistance de la maladie aux médicaments. Jusqu’à récemment, le diagnostic du paludisme nécessitait de longs tests en laboratoire, qui n’étaient du reste pas disponibles dans de nombreux pays. Cependant, ces dernières années ont vu l’apparition de kits peu coûteux de diagnostic rapide à la fois précis et pouvant être utilisés n’importe où.

Traitement

Mi-2016, les programmes soutenus par le Fonds mondial avaient fourni 626 millions de traitements contre le paludisme.

La dernière décennie a vu l’introduction de combinaisons thérapeutiques à base d’artémisinine, une nouvelle génération de traitement antipaludique hautement efficace. Toutefois, nous assistons malheureusement déjà au développement, dans certaines régions du monde, d’une résistance au principal ingrédient, l’artémisinine, ainsi qu’aux médicaments qui lui sont associés. Il s’agit d’un des grands enjeux auxquels se heurte la lutte contre le paludisme.

Suivi

À l’heure où l’incidence du paludisme continue de diminuer, il devient encore plus important que les pays enregistrent et surveillent les cas, afin de pouvoir suivre les flambées de la maladie.

Moustiquaires imprégnées d’insecticide distribuées

Publié 15 janvier 2017