Paludisme

The Global Fund / Vincent Becker

La lutte contre le paludisme est l’une des plus grandes réussites de l’humanité en matière de santé publique. Au cours des deux dernières décennies, à l’échelle planétaire, 1,5 milliards de cas ont été évités et 7,6 millions de vies ont été épargnées. Le taux mondial de mortalité due au paludisme a chuté de 60 % au cours de cette période. Mais le COVID-19 a fait dérailler les progrès en anéantissant des gains durement acquis. Luttons ensemble contre les deux maladies.

La riposte

Le paludisme, provoqué par un parasite transmis par certains types de moustiques, est l’une des maladies les plus meurtrières au monde. Ce sont les femmes enceintes et les enfants de moins de cinq ans qui courent le plus de risques en raison de l’affaiblissement de leur système immunitaire. En 2019, les enfants de moins de cinq ans représentaient 67 % de tous les décès dus au paludisme dans le monde.

Le paludisme est présent dans plus de 80 pays, qui se rangent de plus en plus dans l’une des deux catégories suivantes : soit ils progressent sur la voie de l’élimination, soit ils sont fortement touchés et subissent des revers. Le Fonds Mondial effectue un travail urgent visant à accélérer les investissements requis pour contrôler le paludisme, prévenir et traiter la maladie, et maintenir les gains durement acquis malgré la pandémie.

The Global Fund / Pamela Tulizo / Panos

Le COVID-19 et le paludisme

La pandémie a forcé le report de programmes de contrôle du paludisme et causé des retards fatals dans les traitements. Notre rapport sur l’impact du COVID-19 montre que les diagnostics du paludisme ont chuté de 31 % en Afrique et en Asie entre avril et septembre 2020, par rapport à la même période en 2019.

L’histoire a démontré que la maladie regagne toujours en force dans de tels cas. Même des avancées impressionnantes peuvent être réduites à néant en une seule saison de transmission et la maladie peut reprendre vigueur si l’on ne maintient pas une lutte efficace. La situation peut être pire encore après une « reprise » qu’avant la mise en place des mesures de lutte contre la maladie, car les populations ont perdu l’immunité partielle acquise par une exposition répétée au paludisme. Luttons ensemble contre les deux maladies.

Notre lutte

Le Fonds mondial assure 56 % du financement international de la lutte contre le paludisme et, en date d’août 2020, il avait investi plus de 13,5 milliards de dollars US au profit des programmes de lutte antipaludique. Notre approche globale comprend :

  • l’éducation aux symptômes, à la prévention et au traitement ;
  • la prévention par le recours aux moustiquaires, la pulvérisation d’insecticide dans les bâtiments et le traitement préventif pour les enfants et les femmes enceintes ;
  • le diagnostic, notamment par la mise à disposition de tests de diagnostic rapide aux agents de santé communautaires ;
  • le traitement, notamment l’Initiative régionale contre la résistance à l’artémisinine dans la région du Grand Mékong (RAI).

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Suivre les progrès

Nous ne prenons aucun répit dans la lutte contre le paludisme, car nous savons que le Fonds Mondial sauve des vies. Le nombre de décès dus au paludisme a reculé de 46 % depuis 2002 dans les pays où le Fonds mondial investit.

Grâce aux économies d’échelle, à la collaboration avec les partenaires et à la négociation directe avec les fabricants, le coût d’une moustiquaire imprégnée d’insecticide est désormais inférieur à 2 dollars US et ceux du traitement antipaludique se chiffraient à seulement 0,58 dollars US en 2019. Ces économies nous ont permis d’acheter plus de 14 millions de moustiquaires additionnelles et de traiter plus de 24 millions de personnes supplémentaires contre le paludisme.

Les avancées vers l’élimination du paludisme montrent bien que nous disposons d’outils et de stratégies efficaces pour enrayer la maladie. Le problème vient de l’investissement. On estime que 2,7 milliards de dollars US ont été investis dans la lutte contre le paludisme et les efforts d’élimination à l’échelle mondiale en 2018 – une réduction par rapport aux 3,2 milliards de dollars US investis en 2017, et bien en dessous des 5 milliards de dollars US jugés nécessaires pour rester sur la voie des étapes convenues à l’échelle mondiale.


« Nous entrons dans l’ère des voitures à pilotage automatique et des drones livreurs de courses et, pourtant, cette maladie d’un autre temps que nous nous savons capables de vaincre, parce que cela a été fait dans différentes parties du monde, tue encore en masse. Nous avons les outils scientifiques et les connaissances pour venir à bout du paludisme. Nous pouvons le faire. Encore faut-il que nous en ayons aussi la volonté. »
Chimamanda Ngozi Adichie, auteur

La course à l’élimination

Le paludisme perd en étendue sur la carte. Au total, 21 pays ont éliminé le paludisme au cours des deux dernières décennies, dont dix ont été certifiés par l’OMS comme étant exempts du paludisme. Les pays du Grand Mékong continuent d’enregistrer des gains, avec une réduction impressionnante de 97 % des cas de paludisme à plasmodium falciparum depuis 2000 ‒ un accomplissement colossal compte tenu de la menace continue émanant de la résistance aux antipaludiques. L’objectif du Fonds Mondial d’éliminer le paludisme d’au moins 35 pays d’ici 2030 est à portée de main. Cependant, comme le parasite du paludisme évolue et la pharmacorésistance augmente, nous devons développer d’autres approches et outils innovants.

© UNDP Bolivia /Miguel Samper

Cibler les zones géographiques à risque

Là où l’élimination est sur le point de devenir réalité, le Fonds mondial soutient des démarches qui concentrent les actions de lutte sur des zones géographiques ciblées ou des populations spécifiques à haut risque. Mieux rechercher les cas nécessite des moyens importants – chaque cas doit être identifié et suivi, y compris les membres de la famille ou de la communauté susceptibles d’avoir été exposés au risque. Cependant, il est essentiel d’enrayer la transmission du paludisme et d’éliminer la maladie. L’investissement alloué à l’élimination du paludisme aura des bénéfices en dehors du seul cadre de la maladie en soulageant d’un poids important des systèmes de santé aux ressources limitées.

Sensibilisation et action communautaires

Les partenaires du Fonds mondial collaborent avec les communautés qui vivent dans les zones d’endémie palustre pour les informer à propos du paludisme, de ses modes de transmission, des traitements disponibles et surtout, des mesures à prendre lorsqu’on soupçonne un cas de paludisme. Au Ghana, par exemple, les anciens du village apprennent à leur communauté à « ne pas laisser le soleil se coucher deux fois » lorsqu’un enfant a de la fièvre. Dans de nombreux pays, des modules sur la prévention du paludisme sont intégrés au programme scolaire. Au Sénégal, les agents de santé communautaires jouent un rôle crucial dans le combat en faveur de l’élimination du paludisme, en particulier dans les villages ruraux difficiles d’accès.

The Global Fund / Vincent Becker

Faites la connaissance d’un combattant antipaludisme

Elhadj Diop a décidé de militer contre le paludisme au Sénégal il y a presque 20 ans, après la mort bouleversante de sa fille Ami. « Le décès d’Ami, c’était une situation très difficile. Parce qu’on ne connaissait pas cette maladie à cette époque-là. Mais c’est à ce moment que je me suis dit, “J’ai une mission.” Celle d’aller vers les populations, de les informer de cette maladie, de leur demander de changer de comportement. Ce n’est pas Elhadj Diop seulement qui peut lutter. C’est tout le monde, tout le village, toute la communauté. »