Paludisme

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The Global Fund / Jonas Gratzer

La lutte contre le paludisme est l’une des plus grandes réussites du 21e siècle en matière de santé publique. Depuis 2000, les taux de mortalité par paludisme ont chuté de 60 pour cent – représentant des millions de vies sauvées.

Nous disposons des outils et des traitements pour prévenir et guérir le paludisme, mais, ces dernières années, les investissements se sont stabilisés à l’échelle mondiale et les progrès sont au point mort. Pourtant, nous pouvons gagner ce combat que si nous construisons et entretenons un engagement sans faille.

Le paludisme, provoqué par un parasite transmis par certains types de moustiques, est l’une des maladies les plus meurtrières de l’histoire de l’humanité. En 2016, il y a eu 216 millions de cas et 445 000 décès dus au paludisme, dont environ 90 pour cent en Afrique subsaharienne. Ce sont les femmes enceintes et les enfants de moins de cinq ans qui courent le plus de risques en raison de l’affaiblissement de leur système immunitaire.

Le paludisme est présent dans 91 pays, qui se rangent de plus en plus dans l’une des deux catégories suivantes : soit ils progressent sur la voie de l’élimination, soit ils sont fortement touchés et subissent des revers au moment de riposter.

Ces avancées vers l’élimination du paludisme montrent bien que nous disposons d’outils et de stratégies efficaces pour enrayer la maladie. Le problème vient de l’investissement. On estime que 2,7 milliards de dollars US ont été investis dans la lutte contre le paludisme et les efforts d’élimination à l’échelle mondiale en 2016, soit moins de la moitié de l’objectif de financement fixé pour 2020.

Le Fonds mondial assure près de 60 pour cent du financement international de la lutte contre le paludisme et a investi plus de 10,5 milliards de dollars US entre 2002 et 2017 au profit des programmes de lutte antipaludique dans plus d’une centaine de pays, en privilégiant une démarche globale qui associe :

  • éducation aux symptômes, à la prévention et au traitement
  • prévention par le recours aux moustiquaires, la pulvérisation d’insecticide dans les bâtiments et le traitement préventif pour les enfants et les femmes enceintes
  • diagnostic, notamment par la mise à disposition de tests de diagnostic rapide aux bénévoles de santé communautaire
  • traitement
The Global Fund / Nana Kofi Acquah

Sensibilisation et action communautaires

Les partenaires du Fonds mondial collaborent avec les communautés qui vivent dans les zones d’endémie palustre pour les informer à propos de ce qu’est le paludisme, de ses modes de transmission, des traitements disponibles, et, surtout, des mesures à prendre lorsqu’on soupçonne un cas de paludisme. Au Ghana, par exemple, les anciens du village apprennent à leur communauté à « ne pas laisser le soleil se coucher deux fois » lorsqu’un enfant a de la fièvre. Au Sénégal, les agents de santé communautaires jouent un rôle crucial dans le combat en faveur de l’élimination du paludisme, en particulier dans les villages ruraux difficiles d’accès.

Plus d’informations

La course à l’élimination

Le paludisme perd en étendue sur la carte. La Stratégie mondiale contre le paludisme et les Objectifs de développement durable visent l’élimination du paludisme dans au moins 35 pays d’ici à 2030. Une étape supplémentaire a été fixée pour l’élimination du paludisme dans au moins 10 pays d’ici 2020, un objectif que la communauté sanitaire estime être largement à portée de main.

Là où l’élimination est sur le point de devenir réalité, le Fonds mondial soutient des démarches qui concentrent les actions de lutte sur des zones géographiques ciblées ou des populations spécifiques à haut risque. Mieux rechercher les cas nécessite des moyens importants – chaque cas doit être identifié et suivi, y compris les membres de la famille ou de la communauté susceptibles d’avoir été exposés au risque. Cependant, il est essentiel d’enrayer la transmission du paludisme et d’éliminer la maladie. L’investissement alloué à l’élimination du paludisme aura des bénéfices en dehors du seul cadre de la maladie en soulageant d’un poids important des systèmes de santé aux ressources limitées.

Malgré les progrès accomplis et les promesses faites, nous sommes confrontés à de graves difficultés.

  • La région du Grand Mékong est l’épicentre de l’émergence du paludisme pharmacorésistant.
  • La résistance aux insecticides est largement répandue en Afrique, où la charge de morbidité est la plus élevée.
  • Le changement climatique, les migrations et l’instabilité politique ont un impact sur la dynamique de transmission du paludisme et la fourniture de services.
  • On peut encore trouver des médicaments de qualité inférieure et contrefaits sur de nombreux marchés.
  • L’attention et l’intérêt peuvent s’estomper à mesure que le fardeau du paludisme diminue ou si les progrès stagnent.

Ce dernier point est important. L’histoire de l’élimination du paludisme montre que la maladie tire parti du moindre relâchement des efforts déployés pour la maîtriser. Même des avancées impressionnantes peuvent être réduites à néant par une baisse des efforts pendant une seule saison de transmission et la maladie peut reprendre vigueur si l’on ne maintient pas une lutte efficace. La situation peut être pire encore après une « reprise » qu’avant la mise en place de la lutte contre la maladie, car les populations ont perdu l’immunité partielle acquise par une exposition répétée au paludisme.

C’est pourquoi nous devons relancer les efforts là où les progrès sont au point mort et nous engager à faire les investissements pérennes nécessaires à la concrétisation des objectifs de la Stratégie mondiale contre le paludisme.

« Nous entrons dans l’ère des voitures à pilotage automatique et des drones livreurs de courses et, pourtant, cette maladie d’un autre temps que nous nous savons capables de vaincre, parce que cela a été fait dans différentes parties du monde, tue encore en masse. Nous avons les outils scientifiques et les connaissances pour venir à bout du paludisme. Nous pouvons le faire. Encore faut-il que nous en ayons aussi la volonté. »
Chimamanda Ngozi Adichie, auteur

L’initiative RAI, pourquoi ? Investir pour éliminer le paludisme dans la région du Mékong

Le paludisme pharmacorésistant fait peser une menace grandissante sur la région du Grand Mékong. Cette résistance aux médicaments met grandement en péril la sécurité sanitaire mondiale. C’est pour cette raison que l’Initiative régionale de lutte contre la résistance à l’artémisinine (RAI) mise en place par le Fonds mondial investit pour atteindre un objectif incroyable : éliminer la forme la plus dangereuse du paludisme dans cinq pays d’ici 2025. C’est un partenariat international dont la mission est de sauver des vies et de préserver la santé mondiale en éliminant un tueur ancestral.

La lutte contre le paludisme est l’une des plus grandes réussites du 21e siècle en matière de santé publique.

Téléchargez notre rapport pour en apprendre davantage sur les enjeux, la réponse du Fonds mondial et la course vers l’élimination.

Gros plan sur la lutte contre le paludisme
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Publié 12 septembre 2018