Communiqués de presse

L’introduction d’un nouveau test rapide de la tuberculose rapproche le diagnostic vital des communautés dans 13 pays

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GENÈVE – La tuberculose, la maladie infectieuse la plus meurtrière au monde, tue plus d’un million de personnes chaque année. Pourtant, elle peut être prévenue et guérie. Le manque d’accès à des diagnostics rapides et précis est l’un des principaux obstacles à l’élimination de la maladie. Pour combler cette lacune, treize pays s’apprêtent à déployer un nouveau test de diagnostic moléculaire de pointe pour le dépistage de la tuberculose à proximité du lieu de soins, dans le cadre d’une initiative d’adoption anticipée pilotée par le Fonds mondial de lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme (le Fonds mondial).

Financée par la Fondation du Fonds d’investissement pour l’enfance (CIFF) et mise en œuvre sur le terrain par l’Institut Aurum, l’initiative procurera près de trois millions de tests de la tuberculose rapides et précis à des personnes et en des endroits qui n’y avaient jamais eu accès en Afrique du Sud, au Bangladesh, au Bénin, au Cameroun, en Éthiopie, en Indonésie, au Kenya, au Nigéria, en Ouganda, au Pérou, aux Philippines, au Viet Nam et en Zambie.

Selon les estimations, 10,8 millions de personnes ont contracté la tuberculose en 2024, mais des millions d’entre elles n’ont pas été diagnostiqués ou notifiés. Il s’agit d’un déficit de diagnostic qui doit être comblé pour que les personnes malades soient détectées et mises sous traitement plus tôt et que la transmission soit endiguée. C’est précisément pour aider les pays à combler ce déficit que le dépistage moléculaire à proximité du lieu de soins a été conçu.

Ce déploiement donne suite à une récente recommandation de l’OMS en faveur de l’usage des tests moléculaires à proximité du lieu de soins pour le diagnostic initial des adultes et des adolescents présentant des symptômes de tuberculose pulmonaire, comme alternative à la microscopie, une technique de diagnostic de la tuberculose employée depuis plus d’un siècle. Ces tests peuvent être utilisés dans les centres de soins primaires où se dirigent en premier lieu la plupart des personnes présentant des symptômes de la tuberculose. Il s’agit de l’un des éléments qui manquaient le plus à la riposte à la tuberculose : un diagnostic rapide au niveau communautaire.

Ces tests de nouvelle catégorie donnent un résultat en moins d’une heure, avec beaucoup plus de précision que l’examen microscopique des frottis, qui a longtemps été le seul outil de diagnostic dans de nombreux sites périphériques. De petite taille, légers, faciles d’utilisation et pouvant être alimentés par piles, les appareils peuvent fonctionner dans les cliniques sans alimentation électrique fiable, un avantage incomparable pour les structures de santé de proximité.

Cette innovation devrait abaisser le coût de la détection des cas, améliorer l’équité des soins et élargir considérablement l’accès à des diagnostics rapides recommandés par l’OMS. En remplaçant l’examen microscopique des frottis par un test moléculaire beaucoup plus précis, les pays pourront détecter beaucoup plus de personnes atteintes de la tuberculose qui, autrement, seraient passées inaperçues. Lorsque le diagnostic est obtenu plus tôt, le traitement peut commencer plus tôt, lui aussi. Les résultats du traitement sont meilleurs et les risques de propagation de la maladie dans les familles et les communautés sont réduits.

« Le Bénin est fier d’être l’un des premiers pays à déployer cette nouvelle génération de tests de la tuberculose à proximité du lieu de soins, a déclaré le ministre de la Santé Benjamin Hounkpatin. Il s’agit d’un jalon important dans nos efforts pour rendre les services de lutte contre la tuberculose accessibles à toutes et à tous, y compris dans les communautés éloignées. En rapprochant le diagnostic rapide et précis des premières lignes de soins, nous pouvons détecter les malades plus rapidement, les mettre sous traitement plus tôt et sauver de nombreuses vies. »

« Le plus puissant attribut de cette innovation, en plus de sa technologie avancée, est qu’elle nous donne la capacité de dépister les personnes atteintes de la tuberculose là où elles se trouvent, au premier lieu de soins, a affirmé le professeur Dave Clark, directeur général de l’Institut Aurum. En aidant les pays à déployer ces outils à grande échelle, nous obtenons un impact significatif au niveau de la population. »

« Le dépistage moléculaire à proximité du lieu de soins peut transformer la manière dont les pays détectent et traitent la tuberculose, a déclaré Peter Sands, directeur exécutif du Fonds mondial. En introduisant un diagnostic précis à proximité des communautés, nous détectons les personnes malades plus tôt, réduisons la transmission et comblons le déficit de diagnostic qui ralentit le progrès depuis trop longtemps. »

« Cette innovation dans le diagnostic de la tuberculose doit catalyser davantage d’investissements dans les soins de la tuberculose, a déclaré Miles Kemplay, directeur exécutif de la CIFF. Depuis trop longtemps, la tuberculose souffre d’un sous-financement chronique ; seuls quelques partenaires de financement en font leur priorité. Le moment est venu pour les bailleurs de fonds et les philanthropes d’appuyer les systèmes de santé nationaux qui souhaitent passer à la vitesse supérieure. Ces nouveaux outils sont efficaces, ils sont peu coûteux et ils sauveront un nombre incalculable de vies. Aider les personnes les plus vulnérables à obtenir un diagnostic et un traitement plus rapidement est l’un des meilleurs investissements que nous puissions faire. »

Le prix des tests étant relativement bas, le dépistage moléculaire décentralisé et de haute performance est plus abordable que jamais. Fait important, ces tests sont complémentaires avec les plateformes centralisées de diagnostic moléculaire comme GeneXpert, qui demeurent indispensables pour le diagnostic de la tuberculose pharmacorésistante et la confirmation des résultats positifs des tests rapides. On s’attend à une augmentation de la demande de tests de pharmacorésistance, à mesure qu’un plus grand nombre de personnes seront dépistées au niveau des soins primaires.

La tuberculose demeure la maladie infectieuse la plus meurtrière au monde, causant plus d’un million de décès chaque année. Malgré des avancées dans la prévention, le diagnostic et le traitement, des millions de personnes se heurtent toujours à des obstacles qui entravent leur accès aux soins. Le déploiement à grande échelle de diagnostics rapides et précis est l’un des moyens les plus efficaces de combler cette lacune, de mettre les personnes malades sous traitement plus tôt et de réduire la transmission dans les communautés.

Le Fonds mondial est le principal bailleur de fonds externe des programmes de lutte contre la tuberculose dans le monde. En étroite collaboration avec les pays les plus durement touchés, il soutient l’introduction et le déploiement à grande échelle du dépistage moléculaire à proximité du lieu de soins. Ainsi, plusieurs produits innovants seront disponibles d’ici deux ou trois ans. Par le biais d’investissements catalytiques, de l’assistance technique et de subventions aux pays, le Fonds mondial, en collaboration avec la CIFF, soutient l’introduction programmatique de cet outil de dépistage et son déploiement à grande échelle dans 13 pays.

L’adoption anticipée du dépistage à proximité du lieu de soins dans ces 13 pays est le fer de lance d’une transition mondiale vers des soins de la tuberculose décentralisés et axés sur le patient – il s’agit d’amener un diagnostic précis au plus près des communautés et d’accélérer le progrès vers l’élimination de la tuberculose.