Communiqués de presse
Rapport sur les résultats du Fonds mondial : les pays ont lutté pour protéger les services de santé essentiels en dépit d’une année difficile
Le partenariat du Fonds mondial a contribué à sauver 72 millions de vies depuis sa création en 2002. Le Rapport sur les résultats du Fonds mondial de cette année montre que le leadership des pays et des communautés, l’innovation et le partenariat ont contribué à protéger les services essentiels et à préserver des décennies de progrès contre le VIH, la tuberculose et le paludisme, dans un contexte où la santé mondiale a été mise à l’épreuve comme jamais.
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GENÈVE – En 2025, les pays et les partenaires ont fait preuve d’une remarquable résilience dans la lutte contre le VIH, la tuberculose et le paludisme, mettant leurs efforts en commun pour protéger les gains durement acquis, alors que la santé mondiale traversait l’une des périodes les plus difficiles de son histoire, selon le Rapport 2026 sur les résultats du Fonds mondial, publié aujourd’hui.
Dans plus de 100 pays où le Fonds mondial investit, les gouvernements, les communautés, la société civile et les partenaires bilatéraux et multilatéraux se sont adaptés à mesure que s’intensifiaient les pressions – coupures abruptes du financement international, conflits, déplacements de populations et aggravation des crises humanitaires – pour assurer la continuité des services essentiels et protéger plus de deux décennies de progrès contre les trois maladies. Le partenariat du Fonds mondial a travaillé main dans la main avec les pays pour combler les lacunes critiques, maintenir les programmes essentiels et accélérer l’accès à l’innovation.
Si l’année 2025 a été marquée par la résilience, elle a aussi brutalement mis en évidence la fragilité des acquis. Les perturbations du financement ont entraîné d’importants reculs dans la lutte contre les trois maladies : les services de prévention du VIH ont été réaménagés à échelle réduite, voire suspendus, dans plusieurs pays ; les activités de recherche de cas, de diagnostic et de traitement de la tuberculose ont été perturbées ; des retards dans les campagnes critiques de prévention du paludisme et des pénuries d’antipaludéens essentiels ont été constatés.
Un leadership mis à l’épreuve
« Les résultats de cette année démontrent ce qu’il est possible d’accomplir lorsque les pays prennent l’initiative et que les partenaires s’adaptent aux priorités des pays », a déclaré Peter Sands, directeur exécutif du Fonds mondial. « Mis à l’épreuve comme jamais auparavant, les pays, les communautés et les partenaires ont uni leurs forces pour protéger les services essentiels et préserver des décennies de progrès contre le VIH, la tuberculose et le paludisme. Les pays assument une responsabilité grandissante de leurs ripostes sanitaires, et nous y voyons une occasion d’accélérer le changement, d’introduire des innovations et de maximiser l’impact de chaque dollar investi. »
Dans un contexte difficile, les pays ont continué d’obtenir des résultats significatifs en 2025, avec le soutien du partenariat du Fonds mondial :
26,9 millions de personnes étaient sous thérapie antirétrovirale pour le VIH, contre 25,6 millions en 2024 ;
7,4 millions de personnes ont été traitées pour la tuberculose, soit un maintien des progrès de 2024 ;
196 millions de moustiquaires imprégnées d’insecticide ont été distribuées, contre 162 millions en 2024.
Depuis 2002, le partenariat du Fonds mondial a contribué à sauver 72 millions de vies.
Progrès de la lutte contre le VIH, la tuberculose et le paludisme
VIH et sida
Les pays ont assuré la continuité du traitement et des soins pour le VIH, en dépit d’importantes pressions sur les systèmes de santé et le financement. En 2025, dans les pays où le Fonds mondial investit, 87 % des personnes vivant avec le VIH connaissaient leur statut sérologique, 80 % de ces personnes étaient sous thérapie antirétrovirale et 74 % des personnes sous thérapie antirétrovirale avaient une charge virale indétectable. Les services de prévention du VIH ont toutefois été durement touchés par la réduction des financements nationaux et internationaux. En 2025, 1,1 million de personnes ont bénéficié de la prophylaxie préexposition (PrEP) dans les pays où le Fonds mondial investit, contre 1,4 million en 2024. Ces reculs soulignent la nécessité urgente de relancer les efforts de prévention et de préserver les gains durement acquis contre le VIH.
Tuberculose
Les pays se sont attachés à préserver l’accès aux diagnostics et aux traitements essentiels de la tuberculose dans un contexte de sévères coupures du financement. En 2025, 7,4 millions de personnes ont été traitées pour la tuberculose dans les pays soutenus par le Fonds mondial, dont 115 000 atteintes de tuberculose pharmacorésistante. En 2024, selon les estimations, 10,7 millions de personnes ont contracté la tuberculose dans le monde et plus de 1,2 million en sont mortes. Les lacunes persistantes dans le diagnostic et le traitement soulignent la nécessité de détecter, de diagnostiquer et de traiter plus rapidement un plus grand nombre de personnes.
Paludisme
Les pays se sont efforcés d’assurer la continuité des services vitaux de lutte contre le paludisme, malgré les perturbations du financement, les conflits, le changement climatique et la montée de la résistance aux insecticides. Bien que l’approvisionnement en médicaments essentiels et les interventions limitées dans le temps aient été perturbés dans de nombreux pays, le partenariat du Fonds mondial a continué d’accorder la priorité aux activités de prévention à fort impact. En 2025, 196 millions de moustiquaires imprégnées d’insecticide ont été distribuées. Pourtant, le paludisme a fait, selon les estimations, 610 000 victimes dans le monde en 2024, un chiffre qui souligne l’importance de préserver l’accès aux services essentiels et d’accélérer les progrès contre la maladie.
Intervenir là où les besoins sont les plus grands
Une fraction disproportionnée du fardeau du VIH, de la tuberculose et du paludisme est concentrée dans certains des environnements les plus difficiles au monde. Environ 63 % des cas de paludisme surviennent dans des contextes fragiles ou en conflit. Les pays aux prises avec des crises aiguës ou prolongées enregistrent environ le quart des cas de tuberculose.
Le Fonds mondial canalise des ressources conséquentes vers ces contextes, en adaptant son approche afin de préserver les services vitaux face aux conflits, aux déplacements de populations, aux flambées épidémiques et à d’autres situations d’urgence. Au cours de la période 2024-2026, le Fonds mondial investit 5,3 milliards de dollars US – soit 38 % de ses investissements – dans des contextes d’intervention difficiles. Son Fonds d’urgence procure un financement rapide et flexible lorsque les crises menacent les services essentiels de lutte contre le VIH, la tuberculose et le paludisme, et que les subventions existantes ne peuvent être reprogrammées assez rapidement. Au cours de la période 2014-2025, le Fonds mondial a alloué 156,9 millions de dollars US à 39 pays par l’intermédiaire du Fonds d’urgence.
L’innovation accélère les progrès
Alors que les pays cherchent à augmenter l’impact avec des ressources limitées, l’innovation se révèle de plus en plus un puissant accélérateur des progrès. Le Rapport sur les résultats en présente plusieurs exemples : premières livraisons du lénacapavir, un outil révolutionnaire de prévention du VIH, dans les premiers pays utilisateurs soutenus par le Fonds mondial fin 2025, suivies d’un déploiement accéléré en 2026 ; déploiement de la radiographie assistée par l’IA pour le dépistage de la tuberculose dans plus de 20 pays ; poursuite du déploiement à grande échelle de moustiquaires imprégnées d’insecticide à double principe actif, qui pourraient réduire le nombre de cas de paludisme de jusqu’à 45 %, comparativement aux moustiquaires standard, dans les zones de résistance aux insecticides.
Les partenariats entre les gouvernements, le secteur privé, les fabricants et les organisations techniques contribuent également à accélérer l’introduction des nouvelles technologies de la santé dans les pays qui en ont besoin plus rapidement. Grâce à l’orientation des marchés, à l’achat groupé et à l’introduction coordonnée des produits, des outils innovants sont introduits presque simultanément dans les pays à revenu faible ou intermédiaire et dans les pays à revenu élevé – un progrès immense si l’on compare les écarts de cinq ans, voire plus, qui caractérisaient auparavant ces introductions.
Investir dans des systèmes de santé plus résilients et la sécurité sanitaire mondiale
À l’approche de la réunion de haut niveau sur la prévention, la préparation et l’intervention en cas de pandémie des Nations Unies, prévue la semaine prochaine, les résultats de cette année confirment que les investissements du Fonds mondial contribuent au renforcement des systèmes de santé et à la sécurité sanitaire mondiale. Au cours de la période 2024-2026, le Fonds mondial investit environ 5,9 milliards de dollars US dans les systèmes de santé et communautaires, soit une augmentation de 43 % par rapport au cycle de subvention précédent, ainsi que la plus grosse somme allouée aux systèmes de santé de son histoire. Les investissements dans les laboratoires, la surveillance des maladies, l’oxygène médical, les chaînes d’approvisionnement, les agentes et agents de santé communautaires et les soins de santé primaires aident les pays à détecter les épidémies plus tôt, à riposter plus rapidement et à bâtir des systèmes de santé plus résilients. Ces investissements ont été démultipliés par le dispositif de riposte au COVID-19 du Fonds mondial, par lequel plus de 5 milliards de dollars US ont été mobilisés à l’appui de la riposte immédiate au COVID-19 et du renforcement à plus long terme des infrastructures et des capacités critiques des systèmes de santé, notamment les systèmes de laboratoire, la surveillance des maladies, le personnel de la santé et l’infrastructure d’oxygène, afin que les pays soient mieux préparés à affronter les futures menaces sanitaires.
L’épidémie d’Ebola qui sévit actuellement en République démocratique du Congo illustre ces investissements en action. Tirant parti des capacités et des systèmes renforcés par les investissements du Fonds mondial, le partenariat a rapidement mobilisé des ressources à l’appui de la surveillance épidémiologique, des diagnostics en laboratoire, de la recherche des contacts, de la gestion des cas et de la prévention et du contrôle de l’infection, tout en appuyant la prévention du paludisme dans les zones touchées par Ebola. Ainsi, le Fonds mondial a promptement puisé 6,4 millions de dollars US dans des subventions existantes et approuvé un décaissement additionnel de 4,6 millions de dollars US de son Fonds d’urgence pour la riposte.
Le leadership des pays écrira le prochain chapitre
Le Rapport sur les résultats de cette année démontre que le leadership des pays, l’innovation et le partenariat ont contribué à préserver des décennies de progrès contre le VIH, la tuberculose et le paludisme. Dans un même temps, il souligne l’impératif, pour le partenariat du Fonds mondial, de continuer d’évoluer vers un modèle qui appuie des ripostes nationales de plus en plus pérennes et autosuffisantes.
Le Fonds mondial s’est déjà engagé dans cette voie. Les réorientations stratégiques approuvées fin 2025 ont affiné la priorisation des ressources, renforcé le soutien aux pays qui cheminent vers l’autosuffisance et tracé une feuille de route plus claire et plus prévisible pour cette transition. L’accent est mis sur le cofinancement des pays et la mobilisation des ressources nationales, une intégration approfondie dans les systèmes de santé nationaux et la pérennisation des systèmes communautaires.
Les perturbations de 2025 pourraient se révéler le catalyseur de transformations systémiques : gains d’efficacité et d’efficience, autonomisation accrue des pays et engagement ferme à tirer le maximum d’impact de chaque dollar investi. Durant cette période où les pays augmentent leurs investissements et progressent vers l’autosuffisance, le maintien de l’investissement international sera crucial. Si les pays et les communautés prennent l’initiative et les donateurs et les partenaires leur emboîtent le pas, le partenariat du Fonds mondial pourra protéger les gains durement acquis et accélérer les progrès pour mettre fin au sida, à la tuberculose et au paludisme en tant que menaces pour la santé publique.