Docteure Aster Shweaamare

Coordinatrice de la thérapie antirétrovirale à l’hôpital Zewditu Memorial, Addis-Abeba, Éthiopie

Le 26 mars 2026

Depuis plus de 20 ans, la docteure Aster Shweaamare fait avancer la lutte contre le VIH en Éthiopie.

À l’hôpital Zewditu Memorial d’Addis-Abeba, l’un des plus grands centres de traitement du VIH en Éthiopie, elle dirige l’équipe de prévention des maladies et aide à superviser les soins prodigués à plus de 7 000 patients. Jusqu’à 200 personnes se rendent chaque jour à la clinique pour bénéficier d’un dépistage, d’un traitement et d’un accompagnement.

La docteure Shweaamare a été témoin de l’épidémie de VIH en Éthiopie au moment où elle était la plus dévastatrice – ainsi que des progrès remarquables qui se sont ensuivis.

En 2003, l’hôpital Zewditu Memorial est devenu la première structure de santé en Éthiopie à introduire des médicaments antirétroviraux, et la docteure Shweaamare a été l’une des premières à prescrire ces médicaments vitaux. À l’époque, le traitement n’était pas gratuit. De nombreux patients sont arrivés gravement malades, souvent transportés sur des brancards et souffrant d’infections opportunistes.

« Les patients mouraient, raconte-t-elle. Certains ont essayé de vendre leur maison pour pouvoir payer les médicaments. »

Aujourd’hui, la situation a radicalement changé : grâce à un accès élargi à la thérapie antirétrovirale et à des programmes nationaux solides, les personnes vivant avec le VIH peuvent commencer un traitement rapidement et vivre longtemps et en bonne santé.

Peu de changements illustrent aussi clairement ces progrès que la prévention de la transmission de la mère à l’enfant.

Photo: Le Fonds Mondial/Brian Otieno

À l’hôpital Zewditu, toutes les femmes enceintes sont systématiquement testées pour le VIH. Celles dont le test est positif commencent immédiatement un traitement, la mère et le bébé étant attentivement surveillés. En Éthiopie, la proportion de femmes enceintes séropositives au VIH bénéficiant d’une thérapie antirétrovirale pour protéger leur bébé est passée d’un niveau très bas au début des années 2000 à 96 % en 2020. Aujourd’hui, dans toute l’Éthiopie, la plupart des bébés nés de mères séropositives au VIH ne sont pas contaminés par le virus.

« Grâce aux traitements disponibles aujourd’hui, déclare la docteure Shweaamare, les gens vivent longtemps et en bonne santé. »

Au fil des ans, elle a vu des enfants autrefois gravement malades du VIH grandir en bonne santé. L’un des patients qu’elle a traités à l’âge de 7 ans, atteint de la tuberculose et de la maladie à VIH à un stade avancé, étudie aujourd’hui pour devenir lui-même médecin.

Malgré ces progrès, la docteure Shweaamare estime que la lutte n’est pas terminée. La stigmatisation et le diagnostic tardif font que certains patients arrivent encore dangereusement malades à l’hôpital.

Depuis plus de 20 ans, le Fonds mondial investit dans la lutte contre le VIH en Éthiopie, en élargissant l’accès au dépistage et au traitement, en prévenant la transmission de la mère à l’enfant et en soutenant les programmes communautaires qui atteignent les personnes les plus touchées.