Un futur plus propre : l’Eswatini transforme la gestion des déchets médicaux

Chaque test, procédure médicale ou traitement vital laisse des traces : pansements, seringues, tests et équipements de protection usagés – mais qu’en faisons-nous ensuite ?

La gestion des déchets médicaux est l’un des aspects les moins visibles, et pourtant les plus essentiels, de la protection des agentes et agents de santé, des communautés et de l’environnement. Mais de nombreux pays manquent de ressources et d’infrastructures pour gérer les déchets médicaux en toute sécurité. 

Photo: Le Fonds mondial / Brian Otieno

On estime que près de deux tiers  des structures de soins de santé dans les pays à revenu faible ou intermédiaire fonctionnent sans systèmes adéquats de gestion des déchets médicaux. Cela augmente le risque de maladies et nuit à l’environnement. 

Jusqu’à récemment, l’Eswatini était l’un de ces pays. Les déchets médicaux étaient soit brûlés dans des incinérateurs obsolètes, soit expédiés dans les pays voisins pour y être traités correctement – un processus lent, coûteux et inefficace.

Mais la situation a changé avec l’ouverture d’une nouvelle installation centralisée de gestion des déchets médicaux, qui comprend un incinérateur à haute température à la pointe de la technologie.

« Il s’agit de la première structure de ce type en Eswatini », déclare Mancoba Zwane, directeur de la Santé environnementale et des Services communautaires de la municipalité de Matsapha. « Elle permettra de gérer efficacement et en toute sécurité les déchets médicaux de l’ensemble du pays. »

Aujourd’hui opérationnelle, cette installation a été construite en seulement 11 mois, en remplacement d’un ensemble disparate de 19 incinérateurs obsolètes. Elle a mis fin à la pratique coûteuse consistant à exporter les déchets médicaux. 

Cette nouvelle usine centralisée peut traiter 330 kg de déchets par heure, soit environ 75 % de la quantité totale de déchets médicaux produits par le pays en une journée.

Elle a également été construite conformément aux meilleures pratiques les plus récentes, avec des systèmes de contrôle des émissions de pointe et des systèmes améliorés pour la séparation et le stockage sûr et contrôlé des déchets médicaux.


« Cet investissement change la donne. Au lieu de payer pour exporter les déchets, nous les gérons désormais en toute sécurité à l’intérieur du pays, ce qui réduit les coûts, améliore l’efficacité et garantit un système durable qui nous appartient et que nous exploitons »
Mduduzi Matsebula, ministre de la Santé de l’Eswatini

Le projet est conçu pour avoir un impact à long terme. 

Outre les investissements dans l’installation elle-même, de nouveaux véhicules de transport des déchets ont été achetés et les anciens incinérateurs non conformes sont en cours de démantèlement. La nouvelle installation permettra de recueillir des données plus précises et facilitera la mise en place d’un système de suivi des déchets à l’avenir.

Le ministère de la Santé a mis en place un modèle de financement clair afin de s’assurer que l’installation appartient au pays et qu’elle est gérée de manière durable afin de protéger cet investissement dans le temps. 

Le modèle de collecte et de gestion en toute sécurité des déchets médicaux a été élaboré dans le cadre d’un partenariat avec l’UNICEF, Gavi, l’Alliance du Vaccin et le Fonds mondial visant à renforcer la gestion des déchets au niveau national.

La totalité du financement de la nouvelle installation de l’Eswatini a été assuré par le Fonds mondial, avec le soutien technique de Mott MacDonald et de Roche Diagnostics.

À ce jour, le Fonds mondial a investi 84 millions de dollars US pour renforcer les systèmes et les installations de gestion des déchets dans 43 pays du monde entier. 

Comme en Eswatini, ces investissements offrent plus que de nouvelles infrastructures : ils représentent des solutions durables et efficaces au regard des coûts qui renforcent les systèmes de santé, protègent les communautés et créent une valeur ajoutée durable pour les personnes et la planète. 

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