Principaux axes d’action du Fonds mondial en matière de pérennité et de transition :
- Aider les pays à renforcer leurs plans de financement et de gestion de la riposte nationale, notamment au moyen de plans de pérennité et de transition adaptés au contexte qui leur est propre ;
- Soutenir la mobilisation des ressources nationales et les autres investissements nationaux dans les systèmes de santé et les ripostes des pays, notamment en conditionnant une partie des subventions du Fonds mondial à des exigences de cofinancement ;
- Encourager l’adoption de solutions innovantes pour mobiliser de nouvelles ressources et les exploiter pleinement en appui aux systèmes de santé, notamment à l’aide du financement mixte, de l’initiative Debt2Health ou d’autres mécanismes financiers ;
- Déployer des efforts spécifiques pour préparer la transition et soutenir les transitions responsables, en particulier pour les pays à revenu élevé ayant une charge de morbidité faible. Ce travail consiste notamment à déterminer un calendrier de transition pour améliorer la prévisibilité des processus du Fonds mondial dans ce domaine. Un financement de transition peut aussi être alloué aux programmes de pays qui ne sont plus éligibles au soutien du Fonds mondial afin de les aider à s’affranchir en douceur des financements de l’organisation.
- Aider les pays à relever les défis qui se posent en matière de pérennité pour les populations clés et vulnérables et à lever les obstacles structurels à l’accès aux services de santé ;
- Plaider en faveur de transformations programmatiques et financières, indispensables à la pérennité des ripostes nationales ;
- Harmoniser davantage les subventions du Fonds mondial aux systèmes nationaux, notamment en aidant les pays à améliorer la gestion de leurs finances publiques ;
- Aider les pays à dégager des gains d’efficacité et à optimiser leurs ripostes aux maladies afin de maximiser l’impact des ressources existantes.
Renforcement de la pérennité
Le Fonds mondial entend par « pérennité » la capacité d’un programme de santé ou d’un pays à maintenir et à intensifier la couverture des services à un degré adapté à son contexte épidémiologique. Cette approche permet de maîtriser de manière permanente un problème de santé publique et de soutenir les efforts d’élimination des trois maladies, même après l’interruption du financement externe par le Fonds mondial et d’autres donateurs extérieurs importants.
En pratique, la pérennité dépend de nombreux facteurs, qui varient eux-mêmes en fonction du pays et appellent à une riposte adaptée au contexte national. Pour conserver les progrès accomplis et lever les obstacles en matière de pérennité, il est nécessaire de considérer la réalité financière, programmatique et politique propre à chaque pays. Le Fonds mondial encourage et accompagne tous les pays de manière à ce que la pérennité soit ancrée dans leurs ripostes nationales et la conception de leurs subventions.
Cofinancement
L’approche de cofinancement du Fonds mondial consiste à poser comme condition à l’octroi des subventions un engagement des pays à investir des ressources nationales supplémentaires en faveur des programmes de santé. Le cofinancement encourage les pays à assumer davantage la responsabilité de la conception et de la gestion de leurs programmes. Il les incite à accroître le financement de certaines interventions programmatiques essentielles à l’impact et contribue à obtenir de meilleurs investissements en santé et dans les systèmes communautaires.
Pour soutenir ces objectifs, le décaissement d’au moins 15 % de la somme allouée à un pays (voire plus, dans certains cas) est conditionnel à un engagement suffisant du pays envers le cofinancement et au respect de cet engagement au cours de la mise en œuvre de la subvention.
Transition
Le Fonds mondial est convaincu qu’il est essentiel, à terme, que les pays puissent financer et gérer de manière autonome leurs programmes de lutte contre le VIH, la tuberculose et le paludisme. En travaillant main dans la main avec les pays, il priorise les transitions planifiées et prévisibles.
Le Fonds mondial définit la transition comme le mécanisme par lequel un pays ou une composante dans le pays s’oriente vers le financement et la mise en œuvre complets de ses programmes de lutte contre les trois maladies en s’affranchissant du soutien du Fonds mondial. Dans une transition réussie, les acquis de la lutte contre le VIH, la tuberculose et le paludisme sont maintenus et intensifiés, le cas échéant, même après l’arrêt du soutien extérieur.
La démarche de transition du Fonds mondial a évolué au fil des années, en même temps que son modèle de financement, ses politiques et son approche de l’éligibilité, de la pérennité et de la transition. Depuis la création du Fonds mondial, 52 composantes de maladie (VIH, tuberculose et paludisme) dans 38 pays se sont affranchies de son soutien. Dans le cycle de subvention actuel (CS7), 12 composantes de maladie de huit pays sont en cours de transition, soit le nombre le plus élevé dans un tel cycle depuis l’approbation de la politique en matière de pérennité, de transition et de cofinancement en 2016. Si les évolutions de l’éligibilité ont précipité la majorité des transitions, des transitions volontaires ont également été observées. Des composantes de maladie dont la transition est terminée peuvent aussi être incluses dans des subventions multipays ou régionales, conformément à la politique d’éligibilité du Fonds mondial.
Les composantes de maladie s’affranchissent totalement du soutien du Fonds mondial quand elles ne sont plus éligibles aux financements, quand elles s’en affranchissent volontairement, ou quand elles ont reçu leur allocation finale. Les préparatifs en vue de la transition peuvent également être affectés par la baisse des sommes allouées par le Fonds mondial ou celles d’autres partenaires d’investissement, qui contraignent parfois des pays à assumer progressivement des volets essentiels de la riposte nationale avant l’arrêt du financement du Fonds mondial. Pour cette raison, le Fonds mondial encourage les pays à planifier suffisamment en avance la transition qu’ils entendent amorcer.
Il ressort des enseignements tirés qu’une transition réussie prend du temps et nécessite des ressources. Pour la préparer, il est essentiel de planifier tôt et de façon proactive. Le Fonds mondial aide les pays à intégrer les questions relatives à la transition dans la préparation de leur demande de financement, dans la conception et la mise en œuvre de leurs subventions, dans les processus nationaux de planification (en prévoyant notamment une planification et des évaluations de la transition, si cela est pertinent) et dans la gestion générale de leurs ripostes nationales.
Le Fonds mondial soutient activement les pays afin qu’ils préparent leur transition, et il fournit parfois un financement de transition à ceux qui perdent leur éligibilité afin de leur garantir un affranchissement moins abrupt. Pour bénéficier d’une meilleure prévisibilité de ses financements, il peut également déterminer un calendrier de transition pour les pays éligibles. À cet égard, le Fonds mondial publie régulièrement une liste [ télécharger en English ] des composantes de maladie qui devraient s’affranchir de son soutien du fait de potentiels changements de catégorie de revenu, qui est mise à jour chaque année.
Mécanismes de financement innovant
Le Fonds mondial rapproche les pays de différents partenaires – bailleurs de fonds pour le développement et la santé, donateurs multilatéraux, investisseurs du secteur privé, philanthropes et organisations de la société civile – pour élaborer et mettre en œuvre des mécanismes de financement concrets et innovants afin de renforcer la mobilisation des ressources et d’obtenir un impact plus marqué dans sa lutte contre les trois maladies. Ces solutions complètent ses propres subventions ainsi que les dépenses nationales, conformément à la stratégie du Fonds mondial.
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Financement mixte
Au Fonds mondial, le financement mixte décrit le mécanisme qui consiste à combiner des fonds de subvention à des fonds provenant de banques multilatérales et d’autres institutions financières. Cette approche contribue notamment à un meilleur alignement des partenaires de développement. Le financement mixte peut aussi aider les pays à mettre en place des systèmes de santé plus solides, plus résistants et mieux équipés pour lutter contre les trois maladies au travers d’interventions de santé essentielles, par exemple pour élargir l’accès au traitement, réformer les régimes d’assurance-maladie sociale ou faire bénéficier les populations vulnérables de soins vitaux. Il complète le financement conventionnel du Fonds mondial, basé sur les subventions, et s’inscrit dans son approche globale visant à mobiliser des ressources supplémentaires pour la santé et la lutte contre le VIH, la tuberculose et le paludisme.
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Échanges dette-santé (Debt2Health)
Démarré en 2007, le programme Debt2Health permet aux pays créditeurs et débiteurs de convertir – ou d’échanger – une partie d’une dette en investissements vitaux dans le domaine de la santé. Actuellement ciblés sur la conversion de la dette officielle bilatérale, tous les échanges sont négociés de manière souple et indépendante en partenariat avec le Fonds mondial, et sont conçus pour répondre aux besoins des pays créditeurs et débiteurs.
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Systèmes résistants et pérennes pour la santé