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700 000 personnes vivant avec le SIDA dans les pays en développement sont désormais traitées

26 janvier 2005

Des partenariats entre l'ensemble des secteurs permettent d'élargir l'accès au traitement

Davos – Fin 2004, 700 000 personnes vivant avec le SIDA dans les pays en développement recevaient un traitement antirétroviral grâce aux efforts conjugués des gouvernements nationaux, des donateurs et d’autres partenaires. Cela représente une augmentation d’environ 75 % du nombre total de personnes traitées par rapport à il y a un an (ce chiffre était de 440 000 en juillet 2004).

Aujourd’hui, lors d’une conférence de presse conjointe à la réunion annuelle du Forum économique mondial de Davos, en Suisse, l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), le Programme commun des Nations Unies sur le VIH/SIDA(ONUSIDA), le Gouvernement des Etats-Unis d’Amérique et le Fonds mondial de lutte contre le SIDA, la Tuberculose et le Paludisme, ont annoncé les résultats de leurs efforts conjoints pour accroître la mise à disposition des traitements antirétroviraux dans les pays pauvres. Ils ont souligné que si des progrès avaient pu être faits c’était grâce à une vaste collaboration et à une unité d’action. Toutefois, toutes les organisations ont averti que les efforts devraient être poursuivis dans les pays et au niveau international pour continuer à progresser sur la voie de l’accès au traitement pour tous ceux qui en ont besoin.

"Nous saluons les pays qui aujourd'hui nous ont montré que le traitement est possible et qu'il peut être rapidement développé même dans les contextes les plus défavorisés. Le traitement anti-SIDA est chaque jour plus accessible grâce au dévouement des médecins, des infirmiers et des infirmières, des agents de santé et des personnes vivant avec le VIH ou le SIDA, qui souvent travaillent dans des circonstances difficiles pour que le rêve d'un traitement universel devienne réalité" a déclaré le Dr LEE Jong-wook, Directeur général de l'OMS.

Les organisations ont indiqué que des obstacles très réels devaient encore être surmontés pour atteindre le but de l’accès universel au traitement. Dans de nombreux pays, les progrès sont beaucoup plus rapides, mais pour instaurer l’accès universel, la communauté internationale et les gouvernements nationaux doivent faire bien plus pour traduire leurs engagements politiques et financiers en actions réelles dans les pays.

« Le but-même du plan d’urgence pour le SIDA du Président Bush est de travailler main dans la main avec des gouvernements hôtes et nos autres partenaires de ces pays à l’appui de la stratégie nationale de chaque pays » a déclaré l'Ambassadeur Randall Tobias, des Etats-Unis d'Amérique et Coordonnateur mondial pour le SIDA. « Les résultats qui sont examinés aujourd’hui par les donateurs et des organisations internationales ont été obtenus grâce au travail acharné de personnes de talent dans les pays. Nous nous attachons à soutenir leurs efforts mais le véritable mérite leur revient ».

La collaboration entre l’ensemble des secteurs permet de développer l’accès au traitement. Cela est possible parce que les gouvernements nationaux ont pris l’initiative de coordonner les efforts avec tous les partenaires afin d’élargir le traitement dans les zones urbaines et rurales. Le Fonds mondial fournit des crédits assortis d’une flexibilité d’utilisation aux gouvernements et aux projets. Les Etats-Unis financent des programmes et le développement des capacités à l’appui des stratégies nationales, tout en fournissant une assistance technique et des conseils. L’OMS et l’ONUSIDA fournissent aussi une assistance technique et des conseils pour aider les pays à investir les crédits dans des programmes concrets. Les ONG, les organisations confessionnelles, les réseaux de personnes vivant avec le VIH/SIDA et le secteur privé apportent tous leur contribution.

« Au cours de l’année écoulée, la collaboration a montré que plusieurs initiatives pouvaient agir ensemble pour déboucher sur une accélération réelle. Si les chiffres d’aujourd’hui sont encourageants, l’action menée jusqu’ici a jeté les bases d’un développement encore plus large au cours des mois et des années à venir » a déclaré le Dr Richard Feachem, Directeur exécutif du Fonds mondial contre le SIDA, la Tuberculose et le Paludisme.

Selon l’OMS et l’ONUSIDA, les bilans actuels sont les estimations les plus exactes dont on dispose aujourd’hui. Ils reposent sur un ensemble de chiffres fournis par les pays et les partenaires. Dans la région la plus touchée – l’Afrique subsaharienne – le nombre de personnes en traitement a doublé au cours des six derniers mois, passant de 150 000 à 310 000. En Asie, le chiffre a doublé depuis juin, passant de 50 000 à 100 000. En Amérique latine et aux Caraïbes, les chiffres ont continué à s’améliorer, et l’on compte désormais 275 000 personnes en traitement dans cette région. Le Botswana et plus de dix pays d’Amérique latine traitent déjà 50 % ou plus des personnes ayant besoin d’être traitées dans ces pays. Mettant à profit des années de travail des programmes de sensibilisation et de prévention, l’Ouganda et la Thaïlande devraient traiter 50% au moins des personnes visées au cours du premier semestre 2005.

Début décembre 2004, 240 000 personnes étaient traitées grâce à des fonds du Gouvernement des Etats-Unis d’Amérique et du Fonds mondial. Ce chiffre augmente rapidement à mesure que de nouveaux programmes de traitement accélèrent leurs activités.

« Nous savons que pour traiter les gens, il ne suffit pas de donner accès aux antirétroviraux » a déclaré le Dr Peter Piot, Directeur exécutif de l’ONUSIDA. « Les personnes vivant avec le VIH ont besoin de services complets, allant du dépistage et du conseil au soutien nutritionnel. De la même façon qu’il est urgent d’accroître l’accès au traitement, nous devons aussi renouveler notre engagement en faveur de la prévention des nouvelles infections ».

L’OMS et l’ONUSIDA estiment que, fin 2004, quelque 6 millions de personnes étaient en attente de traitement dans les pays en développement. En décembre 2003, l’OMS, l’ONUSIDA et les partenaires des Nations Unies ont annoncé leur objectif des « 3 millions d’ici 2005 », exhortant les pays à fournir un traitement à 3 millions de personnes, soit la moitié des personnes qui en auraient besoin, d’ici fin 2005. L’OMS et l’ONUSIDA estime qu’au total 72 % des besoins non satisfaits en matière de traitement concernent l’Afrique subsaharienne et 22 % l’Asie. L’Afrique du Sud, l’Inde et le Nigéria représentent à eux seuls 41 % des besoins. La cible des « 3 millions d’ici 2005 » ne pourra être atteinte que si des progrès importants sont faits dans les pays où les besoins sont les plus grands.

L'OMS et l'ONUSIDA ont publié aujourd'hui les résultats des efforts mondiaux visant à élargir l'accès aux antirétroviraux dans les pays pauvres dans le deuxième Rapport de situation de l'Initiative "3 millions d'ci 2005". Le chiffre de 700 000 personnes traitées correspond à l'objectif intermédiaire pour 2004, ainsi que l'indique la stratégie" 3 millions d'ici 2005"de l'OMS et de l'ONUSIDA.

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