Conflit en Ukraine

Maintien des services vitaux de lutte contre le VIH et la tuberculose

À Kiev, des opérateurs de centres d’appels comme Mikhail Dyagterev offrent des conseils et contribuent à la protection des droits des personnes qui consomment des drogues injectables.

Depuis que le conflit a éclaté en Ukraine fin février 2022, plus de 14 millions de personnes ont été déplacées ailleurs au pays ou forcées de chercher refuge dans un pays voisin. Dans bien des cas, ces personnes n’ont pas accès à des soins de santé, les services de prévention et de diagnostic du VIH et de la tuberculose ont été perturbés, et nombre de personnes atteintes de ces infections ont été contraintes d’interrompre leur traitement.

Avant même le conflit, les charges de morbidité du VIH et de la tuberculose étaient déjà élevées en Ukraine. Ce sont plus de 150 établissements de santé qui ont été endommagés ou détruits depuis le début de l’invasion, dont trois hôpitaux spécialisés dans le traitement de la tuberculose causant, chez les travailleurs de la santé et les patients, des blessures, des décès et des déplacements. En Ukraine et dans les pays voisins, notre collaboration avec les partenaires vise la prévention, le dépistage et le traitement du VIH et de la tuberculose, mais le conflit est venu perturber notre travail en instaurant un climat de danger.

Financement d’urgence en soutien aux services de lutte contre le VIH et la tuberculose

En mars 2022, le Fonds mondial a approuvé un financement d’urgence de 15 millions de dollars US en appui à la continuité des services de prévention, de dépistage et de traitement du VIH et de la tuberculose en Ukraine. Cette aide financière s’ajoute aux 135,7 millions de dollars US en subventions et fonds de contrepartie à effet catalyseur accordés à l’Ukraine pour sa lutte contre le VIH et la tuberculose pour la période 2020-2022, de même qu’aux 54,5 millions de dollars US pour la riposte du pays au COVID-19. Le financement total s’élève donc à près de 190 millions de dollars US. Le Fonds mondial a également approuvé une aide de plus de 13 millions de dollars US afin de reprogrammer les subventions existantes pour la réponse et l’adaptation aux besoins programmatiques du pays.

En raison du conflit et de l’insécurité, certaines de nos organisations partenaires sont limitées dans leurs activités. Nous travaillons en étroite collaboration avec tous nos partenaires pour mener à bien les mesures essentielles au renforcement des soins de santé et systèmes communautaires, en plus de garantir aux patients un accès permanent à la prévention, au dépistage et au traitement du VIH et de la tuberculose. Des fonds sont alloués pour les besoins suivants :

  • Générateurs pour les laboratoires régionaux où l’alimentation électrique est limitée ou menacée.
  • Conversion des fourgonnettes pour la livraison de médicaments et fournitures essentiels.
  • Organismes communautaires pour le soutien aux membres touchés et déplacés hors de leur collectivité et la mise en relation avec des services de lutte contre le VIH et la tuberculose.
  • Soutien aux patients déplacés en Ukraine et dans les pays voisins pour l’accès aux soins de santé et aux médicaments nécessaires.
  • Aide alimentaire et sanitaire aux patients atteints de la tuberculose ou du VIH.
  • Financement de l’aide juridique pour les communautés et personnes déplacées.
  • Hébergement adéquat pour les patients atteints de maladies infectieuses comme la tuberculose multirésistante.
  • Financement de services de santé mentale supplémentaires, en particulier pour les femmes ayant subi de la violence sexuelle à cause de la guerre.

Aide aux réfugiés ukrainiens et aux populations d’accueil des pays voisins

Depuis le début du conflit, plus de 6 millions d’Ukrainiens ont fui vers d’autres pays, la plupart s’étant réfugiés en Moldavie. Malgré sa faible population, en chiffres absolus, la Moldavie figure parmi les 30 pays ayant le plus grand nombre d’habitants atteints de tuberculose pharmacorésistante. On estime qu’en 2019, 33 % de la population ayant reçu un diagnostic récent de tuberculose souffrait d’une forme pharmacorésistante de la maladie.

Le Fonds mondial a accepté de bonifier jusqu’à 1,2 million d’euros la subvention existante de lutte contre la tuberculose et le VIH en Moldavie. Cette aide, qui provient de son fonds d’urgence, servira à répondre au besoin pressant d’assurer la continuité du traitement du VIH et de la tuberculose pour les réfugiés ukrainiens et la population d’accueil.

Situation ukrainienne en matière de VIH et de tuberculose

La lutte contre les inégalités pour mettre fin au sida : témoignages des premières lignes en Ukraine

Au cours des deux dernières décennies, la lutte contre le VIH a progressé considérablement à travers le monde. Dans les pays où le Fonds mondial investit, les décès imputables au sida ont diminué de 65 % depuis la création du Fonds mondial il y a 20 ans. Cependant, les résultats sont contrastés, et les inégalités continuent de nourrir l’épidémie de VIH.

En savoir plus

Avant le conflit, l’Ukraine avait réalisé des avancées remarquables dans la lutte contre le VIH et la tuberculose.

Depuis que le Fonds mondial a commencé à investir dans ce pays il y a 20 ans, des progrès notables ont été accomplis dans la lutte contre le VIH : l’efficacité de la mise en relation des patients avec les services de traitement a été améliorée, la suppression virale a été renforcée, et le nombre d’infections et de décès a été considérablement réduit. En 2020, 69 % des personnes vivant avec le VIH connaissaient leur statut sérologique, 83 % des personnes diagnostiquées étaient sous traitement antirétroviral et 94 % avaient une charge virale indétectable. Le financement national des services de prévention du VIH pour les populations les plus vulnérables a également augmenté, tout comme la capacité des organismes communautaires.

Selon les données de l’OMS, l’incidence de la tuberculose a chuté progressivement entre 2015 et 2020, passant de 91 à 73 cas par 100 000 habitants. La couverture du traitement antirétroviral chez les personnes vivant avec la tuberculose et le VIH est passée de 65 % en 2015 à 91 % en 2020. Toutefois, la prévalence de la tuberculose et le taux de mortalité lié à cette maladie demeurent élevés au pays, et la tuberculose pharmacorésistante constitue toujours une menace pour la santé publique.

Depuis 2003, le Fonds mondial a investi plus de 770 millions de dollars US en Ukraine en soutien à des programmes de lutte contre le VIH et la tuberculose, en plus des investissements pour adapter la prestation des services de santé en contexte de pandémie de COVID-19. Cette adaptation et cette résilience accrue des services de santé et des systèmes communautaires se sont avérées inestimables, étant donné que des hôpitaux ont été endommagés ou détruits et que des personnes continuent d’être déplacées, ce qui leur fait perdre l’accès aux soins de santé, y compris au traitement du VIH et de la tuberculose.